Déficits : « La France qui se moque de ses engagements européens, qui ment, qui triche, c’est fini » répond Bruno Le Maire à la Commission

Déficits : « La France qui se moque de ses engagements européens, qui ment, qui triche, c’est fini » répond Bruno Le Maire à la Commission

En ouverture des débats sur le budget 2018 au Sénat, Bruno Le Maire a répondu aux critiques de la Commission européenne sur le « risque de non-conformité » des prévisions de la France sur ses objectifs de réduction du déficit.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Après les députés, les sénateurs attaquent l’examen du budget 2018. Ce projet de loi de finances 2018 est le premier budget du quinquennat Macron. Le chef de l’Etat a voulu en faire un marqueur fort.

L’actualité alimente le débat de l’examen du PLF. Hier, la Commission européenne a mis un carton jaune au gouvernement Français. Elle a exprimé ses doutes quant à la capacité de Paris d’atteindre ses objectifs en matière de réduction du déficit, malgré les économies décidées. Selon Bruxelles, la prévision de la France pour 2018 présente un « risque de non-conformité ». Un critique qui tombe mal pour l’exécutif, alors qu’Emmanuel Macron fait de l’Europe et du respect des règles du pacte de stabilité un marqueur de sa politique…

Devant les sénateurs, Bruno Le Maire a voulu rassurer la Commission. Il a répété la volonté sa « détermination totale, (et) celle du Président, de tenir nos engagements européens. Nous respecterons les règles du déficit en 2017 et nous serons en dessous de la règle des 3% ». Le ministre ajoute, péremptoire :

« La France qui se moque de ses engagements européens, c’est fini. (…) La France qui ment, la France qui trompe, la France qui triche, c’est fini ».

Alors que la majorité sénatoriale LR-UDI compte modifier le texte – suppression totale de l’ISF, abandon de la suppression de la taxe d’habitation, relèvement du plafond du quotient familial, économies supplémentaires – Bruno Le Maire a défendu l’équilibre du texte. « Le projet de loi finances s’inscrit dans une stratégie  globale, clairement annoncée par le Président pendant la campagne et soutenue par les Français : transformer le modèle économique de notre pays » a défendu le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, qui prévient : « Nous irons jusqu’au bout dans cette transformation nécessaire ». Le budget prévoit d’alléger la fiscalité du capital avec la mise en place d’un prélèvement forfaitaire unique, ou « flat tax », de 30%. Le gouvernement réforme et allège aussi l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

Des décisions qui ont amené la gauche à qualifier Emmanuel Macron de « Président des riches ». Le président PS de la commission des finances du Sénat, Vincent Eblé, a pu appuyer la démonstration en obtenant de Bercy, comme il en a le droit, les chiffres de Bercy sur l’ISF et la « flat tax ». Bilan : les 100 contribuables les plus riches tireront un gain de 1,5 million d’euros chacun de la réforme. Soit un « cadeau fiscal » de 150 millions d’euros, au total.

« Je refuse cette caricature du budget que nous portons, que le budget du Président serait un budget pour les riches »

Bruno Le Maire s’inscrit en faux contre cette vision : « Je refuse cette caricature du budget que nous portons, (…) que le budget du Président, du premier ministre, serait un budget pour les riches. C’est un budget pour les Français, le travail, l’emploi. Car les décisions fiscales que nous prenons permettront aux entrepreneurs de créer l’emploi dont les Français ont besoin » a soutenu le ministre de l’Economie. « Nous allons alléger la fiscalité sur le capital pour récompenser le risque, récompenser l’investissement » explique-t-il. Pour le gouvernement, c’est un pari. Mais dont la réussite n’est pas assurée. Tout dépend de la volonté d’investir… ou pas.

Bruno Le Maire : « Je refuse cette caricature du budget que nous portons, que le budget du Président serait un budget pour les riches »
00:54

Avant de conclure sa présentation, Bruno Le Maire a posé la question : « Comment éviter que les riches soient toujours plus riches et les pauvres toujours plus faibles ? » Ce qui a fait sauter de leur siège les sénateurs communistes. « Mais Madame et Monsieur les sénateurs, ce n’est certainement pas en redistribuant l’argent que nous n’avons pas, que nous arriverons à lutter contre la pauvreté et les inégalités dans notre pays ». Les sénateurs et le ministre pourront en débattre pendant plus de deux semaines.

Bruno Le Maire : « Comment éviter que les riches soient toujours plus riches et les pauvres toujours plus faibles ?
00:27

Dans la même thématique

SIPA_01204541_000003
6min

Politique

Expulsion des détenus étrangers : Gérald Darmanin peut-il aller plus loin ?

Dans une circulaire adressée au parquet et chefs d’établissement pénitentiaire, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin demande une mobilisation accrue pour faciliter les mesures d’éloignement des étrangers incarcérés en France. Quels sont les différents dispositifs prévus par la loi et les conventions internationales ?

Le

250324-DOCU-POUJADE-SITE-169-V2
2min

Politique

Documentaire - Poujade, à l'assaut de la République

AVANT-PREMIÈRE. Sous la IVe République, un mouvement antifiscal a ébranlé le pouvoir central. Pierre Poujade, simple papetier du Lot, a su fédérer une vague de colère contre l’État, transformant une fronde locale en une force politique nationale. Retour sur une révolte qui a secoué la République avec le documentaire « Poujade, à l'assaut de la République », en avant-première sur la plateforme de Public Sénat.

Le

Déficits : « La France qui se moque de ses engagements européens, qui ment, qui triche, c’est fini » répond Bruno Le Maire à la Commission
3min

Politique

Agression du rabbin d'Orléans : « On sait très bien où monte l’antisémitisme, il monte dans nos banlieues », estime Florence Portelli (LR)

Invitée de notre matinale, Florence Portelli est revenue sur la « responsabilité » de la France Insoumise dans la résurgence de l’antisémitisme en France, en particulier dans l’agression d’un rabbin à Orléans, dans laquelle l’élue LR identifie une « part de complicité » du parti de Jean-Luc Mélenchon.

Le

Déficits : « La France qui se moque de ses engagements européens, qui ment, qui triche, c’est fini » répond Bruno Le Maire à la Commission
3min

Politique

Dissuasion nucléaire française élargie : « Impossible d’imaginer qu’il y ait 27 doigts sur un bouton »  pour Bernard Guetta

L’heure est à l’urgence pour les Européens. Dans un climat mondial tendu, avec les décisions américaines de ne plus participer massivement à la protection des Européens, les dirigeants des États membres de l’Union convergent vers l’idée d’une défense européenne commune, et surtout, d’un réarmement massif. À quoi correspondent les 800 milliards promis par la Commission européenne ? Pour quels achats ? Quid de l'élargissement de dissuasion nucléaire française aux autres pays européens ? Caroline de Camaret et Alexandre Poussart ouvrent le débat dans Ici l’Europe avec l’eurodéputé français Bernard Guetta, et l’Allemande Hannah Neumann du parti des Verts.

Le