L'opposition continuait lundi de réclamer la démission du haut-commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye, accusé de conflits d'intérêts, tandis que le gouvernement persiste dans la mise en avant de son "honnêteté" et de la correction de ses "erreurs".
Le "Monsieur retraites" du gouvernement a reconnu avoir omis de déclarer sa fonction d'administrateur bénévole dans un institut de formation de l'assurance, l'Ifpass, et a rectifié ce week-end sa déclaration d'intérêts en déclarant 13 mandats, dont 11 bénévoles, soit dix de plus que dans la version initiale.
M. Delevoye a aussi cumulé sa fonction gouvernementale avec celle, rémunérée, de président de Parallaxe, un institut de réflexion sur l'éducation, cumul déclaré mais pas autorisé, ce qu'il dit avoir appris ensuite.
"Disqualifié, discrédité, il doit partir avec sa reforme", a tranché lundi le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, s'offusquant sur franceinfo que M. Delevoye ait pu cumuler "20.000 euros au bas mot par mois" alors qu'aujourd'hui il "explique aux Français qu'il va falloir faire des efforts pour équilibrer un système de retraites".
"Qu'il s'en aille avec sa réforme", a abondé dans un tweet la députée européenne LFI Manon Aubry.
Des manifestants portant des masques représentant Jean-Paul Delevoye pour l'un et Emmanuel Macron pour l'autre, le 10 décembre 2019, lors d'une manifestation contre la réforme des retraites
AFP
Au Rassemblement national, le vice-président Jordan Bardella a jugé que "la confiance que s’entête à lui accorder Edouard Philippe est incompréhensible" alors qu'il "n'a pas d’autre choix que de démissionner".
Chez Les Républicains, le député et ancien ministre Eric Woerth s'est refusé sur LCI à l'"accabler", tout en notant qu'"il n'est plus présent pour défendre la réforme" et que "c'est le Premier ministre qui mène la danse".
Aurore Bergé, porte-parole de LREM, a assuré sur Sud Radio n'avoir pourtant "pas l'impression" qu'une démission "soit à l'ordre du jour": "c'est le gouvernement qui en décidera; moi ce que je sais c'est qu'il a reconnu une erreur, qu'il l'a corrigée, et qu'il l'a corrigée vite".
Même argument porté sur France 2 par Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique, qui dénonce aussi "la ficelle un peu grosse de certains qui voudraient le fragiliser".
Son "honnêteté n'est pas en cause dans cette affaire-là", a insisté Marc Fesneau (Relations avec le parlement) sur Radio Classique, tandis qu'Edouard Philippe avait jugé samedi sa "bonne foi totale".
Côté syndicats, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, s'est dit sur franceinfo "abasourdi" par les révélations qui "évidemment nui(sen)t en partie à cette crédibilité" alors même que "la concertation avec lui a été loyale".
Mais au-delà du fait que M. Delevoye ait "oublié" de déclarer certaines activités, c'est le fait que ces "rémunérations se conjuguent et se cumulent" que Laurent Berger a trouvé "choquant".
Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.
Alors que le gouvernement a prévu de ponctionner 1,8 milliard d’euros du budget des départements dans le projet de loi de finances pour 2027, l’absence de Sébastien Lecornu aux Assises des départements de France a fortement déplu. Le Premier ministre a néanmoins invité les départements à le rencontrer le 16 novembre à Matignon, un report qui va « exacerber les tensions », a prévenu le président (centriste) des Départements de France, François Sauvadet. Une grande partie des élus ont quitté la salle quand la ministre des Collectivités s’est exprimée.
Le Premier ministre a annulé hier soir sa venue aux Assises des départements de France et a convié à Matignon le 16 novembre les présidents des exécutifs locaux pour tenter de répondre à leurs inquiétudes sur le budget. En guise de protestation, les présidents de départements ont quitté la salle au moment du discours de la ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, Françoise Gatel.
Xavier Bertrand est le nouvel invité de l'émission « À l’EHPAD ! ». Alors qu'il est lui-même candidat à l'élection présidentielle de 2027, il est d'emblée interrogé sur la multiplication des candidatures à droite par les habitants de la résidence. Une émission à voir dès maintenant sur publicsenat.fr et les chaînes YouTube de « À l’EHPAD ! » et Ouest-France.