En pleine crise au sommet de l'Etat, Emmanuel Macron a qualifié de "péripétie" mercredi la démission de Gérard Collomb au moment même où l'ex...
Démission de Collomb: l’exécutif en crise, Macron minimise
En pleine crise au sommet de l'Etat, Emmanuel Macron a qualifié de "péripétie" mercredi la démission de Gérard Collomb au moment même où l'ex...
Par Jacques KLOPP
Temps de lecture :
3 min
Publié le
Mis à jour le
En pleine crise au sommet de l'Etat, Emmanuel Macron a qualifié de "péripétie" mercredi la démission de Gérard Collomb au moment même où l'ex-ministre de l'Intérieur est arrivé à Lyon pour reconquérir la mairie.
"Je vous rassure. Il y a un cap, des institutions, un gouvernement au travail, au service du pays et du peuple français. C'est ce qui compte. Le reste, ce sont des péripéties", a assuré le chef de l'Etat lors de sa visite au Mondial de l'Auto.
"Je ne suis jamais dans le commentaire, je suis dans l'action", a-t-il ajouté, coupant court aux autres questions sur la crise qui agite l'exécutif avec ce nouveau départ d'un poids lourd, remplacé provisoirement par le Premier ministre Édouard Philippe.
"Rien de ce qui se passe depuis 48 heures ne s'apparente à une crise politique. L'État fonctionne (...), le gouvernement est parfaitement à sa tâche", avait déjà déclaré le président lors du Conseil des ministres.
Pas de crise ? Ce n'est pas l'avis de l'opposition qui, à droite comme à gauche, a partagé sa "consternation" devant ce départ précipité de Gérard Collomb.
Marine Le Pen a ainsi cinglé sur CNews en début de soirée: M. Macron "est en quelque sorte un funambule, il y a du vide en dessous de lui, pas de majorité ou une majorité absente, inexistante, personne n'a émergé à ses côtés".
Gérard Collomb, lui, est arrivé tout sourire au milieu d'une forêt de caméras mercredi à Lyon où il devrait rapidement retrouver son poste de maire, qu'il a déjà occupé pendant 16 ans: "Il n'y a pas crise politique, là où je suis je continuerai à aider le chef de l'Etat", "je veux qu'il réussisse", a-t-il déclaré.
Son remplacement à Beauvau "est l'affaire de quelques jours", a informé le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux qui a refusé d'indiquer si ce remaniement allait être plus large qu'un simple remplacement poste pour poste.
En attendant, c'est Edouard Philippe qui joue au pompier de service, assurant à l'Assemblée, dans une ambiance électrique, que la sécurité des Français était "assurée".
Pour illustrer son propos, le Premier ministre s'est rendu à la mi-journée à Nanterre pour féliciter les policiers qui ont interpellé dans la nuit le braqueur récidiviste Redoine Faïd.
Il devait diriger dans la soirée une réunion de sécurité avec les services de renseignement et de sécurité et est attendu jeudi à Rodez pour assister aux obsèques du responsable sécurité de la mairie assassiné jeudi.
La passation de pouvoir avec Gérard Collomb a été glaciale.
Le remplacement de M. Collomb, soutien de la première heure au chef de l'État, "est l'affaire de quelques jours", a ajouté Benjamin Griveaux.
AFP
Edouard Philippe, qui a dû annuler son voyage prévu en Afrique du Sud, a d'abord fait patienter l'ex-premier flic de France, 71 ans, pendant de longues minutes seul sur le perron du ministère, face aux caméras.
Visage grave, Edouard Philippe a ensuite évoqué "la culture, le caractère direct de l'expression" du ministre, avant de sceller son départ d'une poignée de main froide.
- Troisième ministre d'Etat -
Gérard Collomb a dit quitter "avec regret" le ministère. Une formule quelque peu étrange venant de quelqu'un qui a fait le forcing pour en partir après avoir remis sa démission au président à deux reprises en moins de 24 heures.
Le départ de M. Collomb, longtemps qualifié de "fidèle parmi les fidèles" de M. Macron avant que leurs relations ne se dégradent, a plongé le pouvoir, déjà fragilisé par une rentrée difficile, dans une nouvelle tourmente.
Emmanuel Macron perd son troisième ministre d'État depuis son arrivée, après la démission de François Bayrou en juin 2017 et celle de Nicolas Hulot en septembre.
Des six principaux membres du gouvernement dans l'ordre protocolaire en place au début de son mandat, il ne reste plus que Jean-Yves Le Drian, aux Affaires étrangères.
Emmanuel Macron "n'est plus le maître des horloges", en a déduit Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains (LR) au Sénat.
"C'est la chienlit au sommet de l'État", a commenté Boris Vallaud, le porte-parole du PS.
"Tout le monde s'est gaussé de François Hollande qui finalement, avec le recul, ne se débrouillait pas si mal que ça, malgré les frondeurs", a estimé Maurice Leroy, vice-président UDI-Agir de l'Assemblée.
La nomination provisoire d'Édouard Philippe à l'Intérieur souligne la difficulté pour l'exécutif de trouver un remplaçant à Gérard Collomb à ce poste stratégique.
Le ministre du Budget Gérald Darmanin, le secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement Christophe Castaner, Benjamin Griveaux ou encore l'ancien patron de la police nationale Frédéric Péchenard sont cités comme successeurs potentiels. Un temps évoqué, le maire LR de Nice Christian Estrosi a assuré mercredi n'être "absolument pas" candidat.
Selon Jean-Claude Delage, secrétaire général d'Alliance, "les policiers se posent la question de savoir pourquoi ils n'ont plus de ministre". "Dans le contexte actuel de menace terroriste, de pression migratoire, de conditions de travail dans la police, c'est ahurissant", a-t-il lancé.
Dans la nuit, le Sénat a adopté la proposition de loi relative à l’aide à mourir mais en supprimant les deux articles phares, le principe de l’assistance à mourir et ses modalités, rendant le texte inopérant. La majorité sénatoriale s’est divisée sur la version rédigée par la commission des affaires sociales qui préconisait une version de compromis. Le patron de LR, Bruno Retailleau avait indiqué qu’il rejetterait le texte quelle que soit sa rédaction.
Le Sénat a voté en faveur « d’un droit opposable au soulagement » lors de l’examen de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Après avoir rejeté l’article qui fixait les conditions, le Sénat est donc également revenu sur le principe de « l’assistance médicale à mourir », défendue par la commission des affaires sociales ».
Coup de théâtre, mercredi les sénateurs ont rejeté l’article 4, le cœur de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. La commission des affaires sociales avait considérablement réduit la portée du texte en remplaçant un « droit à l’aide à mourir » par « une assistance médicale à mourir », pour les malades dont le pronostic vital » est engagé à très court terme. La majorité sénatoriale divisée n’est pas parvenue à s’entendre sur cette version.
Suite aux recours au 49.3 par le premier ministre pour faire adopter le budget, Sébastien Lecornu a écrit aux parlementaires pour expliquer les principales mesures de ce budget de compromis. Une lettre envoyée aux seuls députés en réalité. Les sénateurs, eux, ne l’ont pas reçue. Ils devront attendre le retour du texte à la Haute assemblée pour que le premier ministre leur écrive.