La démission mercredi du général de Villiers en désaccord budgétaire avec Emmanuel Macron est la première crise du quinquennat, estime jeudi la presse inquiète des suites que pourrait avoir cette affaire.
Pour Le Monde, c'est une "crise historique et inédite". "Une "crise inédite", titre également Le Figaro. "L’une des premières grosses crises du quinquennat", écrit les Echos. "Une crise politico-militaire", titre en pages intérieures Le Parisien.
"Les premières crises sont souvent celles qui marquent le mandat et les esprits", rappelle Johan Hufnagel, dans Libération. Et l'éditorialiste de se demander "si ce +silence dans les rangs+ disproportionné" ne serait pas "le signe d’un président incapable d’accepter la moindre critique".
Pour Arnaud de La Grange, du Figaro : "le président a commis une double faute sur le fond et sur la forme". Et pour lui, le Président a "choqué l'opinion. Les Français savent à qui ils doivent leur liberté et la protection de leurs enfants".
"Les choses sont claires : on n’est pas en face d’un conflit d’ego, mais bien en face d’une crise profonde. La première vraie crise du mandat en cours. La méthode aura des suites politiques", assure Michel Urvoy, dans Ouest-France.
"La crise des armées est majeure et loin d’être terminée! Pis elle affaiblit le début de ce quinquennat", affirme pour sa part Hervé Chabaud, du Journal de la Haute-Marne. "Une crise institutionnelle majeure", renchérit Dominique Garraud, de la Charente Libre pour qui le Chef de l'Etat "aurait pu en faire l’économie".
- 'Le malaise est grand' -
"Le malaise est grand et ne se dissipera pas si facilement. Parce que cette démission est un événement historique et qu’elle touche à un corps d’État redevenu très populaire depuis les attentats", explique Pascal Coquis, des Dernières Nouvelles d'Alsace.
"Sa méthode de résolution des conflits, sans retenue, en imposant le rapport de force, se fait jour" et inquiète Olivier Pirot, de La Nouvelle République du Centre-Ouest. "Ce n’est pas de nature à apporter de la sérénité à nos troupes", déplore Bruno Dive, dans Sud-Ouest.
Le général Pierre de Villiers le 17 janvier 2014 dans son bureau à Paris
AFP/Archives
Emmanuel Macron "a politiquement tort lorsqu’il brise le lien de confiance entre lui et +ses+ soldats en humiliant leur chef", estime Hervé Favre, de La Voix du Nord.
Pour Hubert Coudurier, du Télégramme : "C’est le premier gros bug du quinquennat parce qu’il met en scène un chef de l’État face au chef d’une institution, aujourd’hui, très populaire". "Une erreur de débutant", juge-t-il.
"C’est bien d’avoir un statut aux yeux des dirigeants de la planète, mais c’est mieux un matériel en état. Et ce n'est pas le cas", s'emporte Yann Marec, du Midi Libre.
"Le président Macron a commis un important faux pas. L’armée française est bien au bord de la rupture", insiste Laurent Bodin, dans l'Alsace, avant de mettre en garde le chef de l'Etat : "en cas de nouvelle attaque, le président Macron aura du mal à justifier sa décision de ne pas avoir épargné le budget des armées."
A la sortie du Conseil des ministres, Sébastien Lecornu a officiellement annoncé le recours au 49.3 pour faire passer le budget. Dès demain à l’Assemblée, le Premier ministre engagera la responsabilité de son gouvernement sur la partie recettes du projet de loi de finances.
Après un week-end de réflexion, le Premier ministre va annoncer en Conseil des ministres le recours au 49.3 pour faire passer le budget 2026. Après avoir concédé de nombreux gestes en direction des socialistes, Sébastien Lecornu a obtenu de leur part un accord de non-censure. Le chef du gouvernement revient donc sur son engagement de ne pas avoir recours à cet article, mais évite la voie plus brutale des ordonnances.
Dans la dernière ligne droite du marathon budgétaire 2026, le gouvernement ne souhaite pas prolonger plus que nécessaire la navette parlementaire en cas de recours à l’article 49.3. Pour que les sénateurs ne reviennent pas sur la copie qui serait validée par l’Assemblée, le gouvernement a limité l’effort demandé aux collectivités « un marqueur du Sénat ».
À quelques semaines des élections municipales 2026, les rangs macronistes avancent en ordre dispersé à Paris. Aurore Bergé, ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, soutient Rachida Dati. « C’est elle qui peut gagner », estime la responsable sur Public Sénat ce lundi. Une position contraire à celle de son parti, Renaissance, qui s’est allié au candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel.