Paris: Stefanini presents the campaign staff of Francois Fillon
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Démission du gouvernement : la méthode de Sébastien Lecornu et de son « vice Premier ministre », Thierry Solère pointée du doigt

27 jours à Matignon et puis s’en va. Sébastien Lecornu a dû se résoudre à démissionner ce matin quelques heures à peine après la nomination de son gouvernement resserré. La composition de cette équipe gouvernementale a profondément fracturé le socle commun. La méthode de Sébastien Lecornu et de son conseiller de l’ombre Thierry Solère n’y est pas pour rien.
Simon Barbarit

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Il aura fallu trois semaines pour nommer un gouvernement mais seulement quelques heures pour le voir imploser. Un bilan insauvable pour Sébastien Lecornu le plus éphémère Premier ministre de la Ve République. Et pourtant, dès sa nomination le 9 septembre, la méthode du sénateur de l’Eure était validée par les forces politiques et syndicales. Au brouhaha médiatique de son prédécesseur François Bayrou, l’ancien ministre des Armées privilégiait les échanges loin des micros et caméras pour trouver en amont de la composition d’un gouvernement, les bases d’un accord politique. La ligne du locataire de Matignon était fixée : D’abord consolider le socle commun avant d’ouvrir la voie à un accord de non-censure avec le PS.

« Pas de son, pas d’image »

Mais au fil de semaines, le Premier ministre a fini par user les patiences dans son propre camp. « La Première semaine, il a recensé les lignes rouges de tout le monde. On se dit. Tiens, il a une méthode et il avance avec tout le monde. Mais, le problème c’est qu’au fil des jours, il ne dit pas grand-chose. Et au bout de la troisième semaine, on n’avait toujours rien, pas de papier, pas d’engagement », rapporte un cadre du socle commun.

Tant et si bien que ce cadre du socle commun finit pas décrocher son téléphone samedi à 11h30 pour appeler « le vice Premier ministre », Thierry Solère pour lui dire « je te préviens. Je n’ai pas de son, pas d’image. Comment ça marche ? Je ne comprends pas ». Ancien député UMP et organisateur de la primaire de la droite et du centre en 2016, Thierry Solère, conseiller de l’ombre de la Macronie et proche de Sébastien Lecornu a donc joué un rôle majeur dans la composition de ce gouvernement éphémère. Interrogé par Mediapart le 11 septembre, l’intéressé affirmait pourtant n’avoir « strictement aucun rôle dans le dispositif Matignon ».

« Traitement humain lamentable »

Thierry Solère, qui selon nous informations, a passé ses dernières vacances sur le même voilier que Sébastien Lecornu en Corse, a pourtant été à la manœuvre ces dernières semaines. Il lui est même reproché ainsi qu’à Sébastien Lecornu « le traitement humain lamentable » réservé aux ministres démissionnaires « qui n’avaient pas le droit de parler pendant trois semaines et qui ne recevaient même pas un coup de fil de Matignon ». « Humainement, il y a des choses qui ne se font pas. Vous ne pouvez pas ajouter l’humiliation personnelle à l’humiliation politique », peste notre source.

« Thierry Solère le mal nommé. Thierry Lunaire serait plus approprié », grince-t-on dans l’entourage du chef de l’Etat. L’année dernière, c’est au domicile de Thierry Solère que Sébastien Lecornu avait commis, déjà, l’une de ses rares fautes politiques, en dînant avec Marine Le Pen et Jordan Bardella.

« Il y a eu le système Fabius, il y aura un système Lecornu », a un jour prédit Thierry Solère, selon une anecdote rapportée par le journal Le Monde. Pour l’instant, « le système Solère » reste, lui, en orbite du pouvoir.

 

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