Départementales : Stanislas Guerini assume une stratégie d’alliance à « géométrie variable » pour LREM
Le parti présidentiel, qui ne détient que deux départements, se lance dans le scrutin avec des ambitions modérées. « Il faut jouer ces élections intermédiaires, sans se planquer », mais « humblement » explique Stanislas Guerini, numéro 1 de LREM. « Ce sont forcément des élections difficiles » qui favorisent l’implantation des « sortants », ajoute le sénateur François Patriat.

Départementales : Stanislas Guerini assume une stratégie d’alliance à « géométrie variable » pour LREM

Le parti présidentiel, qui ne détient que deux départements, se lance dans le scrutin avec des ambitions modérées. « Il faut jouer ces élections intermédiaires, sans se planquer », mais « humblement » explique Stanislas Guerini, numéro 1 de LREM. « Ce sont forcément des élections difficiles » qui favorisent l’implantation des « sortants », ajoute le sénateur François Patriat.
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Si les régionales attirent les projecteurs, un autre scrutin se déroule aussi les 20 et 27 juin : les élections départementales. Pour La République En Marche, cette élection locale ne s’annonce pas évidente.

En Marche pourra s’allier avec des « majorités sortantes »

La stratégie mise en place au siège de LREM pour ce scrutin, où seront élus pour six ans les conseillers départementaux, diffère de celle des régionales. Contrairement à cette dernière élection, scrutin local aux résonances nationales, le parti n’entend pas être formellement et automatiquement présent partout sous ses couleurs ou celles de ses alliés.

« Nous avons fait le choix de la visibilité forte de la majorité présidentielle sur les régionales. Les départementales sont davantage une élection du "en même temps" », confie Stanislas Guerini, délégué général d’En Marche. Concrètement, « on fait plus d’alliances en fonction des possibilités pour nous de travailler dans l’intérêt général avec la majorité sortante. Nous assumons plus de géométries variables, selon les affinités », explique le numéro 1 de LREM. Autrement dit, le parti pourra se retrouver aussi bien partenaire de la majorité sortante qu’adversaire, selon les départements. Des élus pourront « intégrer les majorités parfois, faire des groupes permettant la bascule aussi », explique le responsable d’En Marche. Stanislas Guerini ajoute :

On fait de la dentelle, canton par canton.

D’autant que « l’élection départementale est une élection où l’ancrage personnel compte davantage », souligne le député de Paris. Une stratégie qui n’est pas sans rappeler celle des municipales, où les alliances à la carte variaient d’une ville à l’autre, selon le degré de macroncomptabilité du maire sortant. Si bien que LREM a pu se rapprocher d’élus issus de la droite comme de la gauche. Le parti entend profiter de ces premiers acquis, qu’ils soient visibles ou pas. « Nous aurons parfois l’occasion de récolter les fruits d’accords aux municipales », espère Stanislas Guerini.

« Il est difficile de déloger les candidats sortants qui ont fait leur boulot »

Les objectifs du parti sont très limités. Manière aussi d’anticiper des résultats qui s’annoncent difficiles. La majorité présidentielle n’a aujourd’hui que deux départements sur 101. C’est très peu. Le département de Seine-Maritime, présidé par Bertrand Bellanger, membre de LREM. Et celui du Puy-de-Dôme, présidé par Jean-Yves Gouttebel, à l’origine membre du PRG, qui a rejoint LREM. Ce dernier fait partie de la « task force » du parti pour les départementales, avec l’ancienne secrétaire d’Etat, Christelle Dubos, candidate en Gironde, le député Bruno Questel et le sénateur Didier Rambaud, sous la direction de Marie Guévenoux, chargée des élections.

« Ce ne sera pas évident, effectivement, de concrétiser un département de plus » reconnaît le président du conseil départemental du Puy-de-Dôme, « encore que. On cherche à trouver des alliances avec les Macron compatibles. Il y en a dans le centre droit et également à gauche ». A ses yeux, « l’ambition principale, c’est d’essayer d’implanter un peu plus le mouvement. Il faut poursuivre cette implantation. C’est un travail qui nécessite du temps. D’autant que pour les départementales, ce qui compte le plus pour être élu, c’est l’ancrage local. La couleur politique intervient de façon marginale, un peu comme pour les municipales », ajoute Jean-Yves Gouttebel, membre de Territoires de progrès, l’aile gauche de la majorité. Il continue :

L’objectif est d’avoir des élus et aussi de mettre le pied à l’étrier à des jeunes qui vont se présenter pour la première fois. Il y a un travail de terrain énorme à faire, qui ne va pas s’arrêter au mois de juin.

« Les cantonales, ce sont les élections de la proximité, de la solidarité et de la stabilité. Il est difficile de déloger les candidats sortants qui ont fait leur boulot pendant 6, 12 ou 18 ans. Dire qu’on va gagner les départementales, ce serait euphorique… Ce sont forcément des élections difficiles, car il y a cette proximité », confirme François Patriat, président du groupe RDPI (LREM) du Sénat. Le sénateur de la Côte-d’Or ajoute :

Gagner des départements, ce sera difficile. Entrer dans les départements, on pourra le faire. On pourra faire émerger des binômes qui pourront créer des groupes charnières qui pourront jouer sur les majorités.

Dans ces conditions compliquées, pas question de mettre la barre trop haut. « On n’a pas d’objectif chiffré sur les départementales. L’objectif est d’avoir des élus, faire des groupes. On a fait tomber la pression sur cette élection », dit avec prudence un parlementaire LREM.

« C’est plus difficile de trouver des candidats pour les départementales que pour les régionales »

LREM est en train de terminer le travail de sélection des candidats. Tout devrait être bouclé d’ici la fin de la semaine prochaine, si tout va bien. Mais pas toujours évident. « C’est plus difficile de trouver des candidats pour les départementales que pour les régionales. Car c’est une élection de notables. Or les marcheurs ne sont pas des notables », du fait de la jeunesse du parti, explique François Patriat, qui lui-même en connaît un rayon. « J’ai été conseiller général pendant 36 ans. J’étais le notable du canton », lance l’ancien socialiste. Les titres de la presse régionale illustrent ces quelques difficultés. « Départementales à Saintes : LREM recrute binôme », titre Sud-Ouest. « Elections départementales en Mayenne : LREM recherche ses candidats », constate Le courrier de la Mayenne.

Jean-Yves Gouttebel, qui était « pour reporter les élections », craint aussi « d’avoir une faible participation. Et que cela soit la cristallisation des mécontents, qui viennent voter. Ça peut donner un RN plus présent, et c’est forcément une prime aux sortants, incontestablement ».

« Il faut jouer ces élections intermédiaires, sans se planquer »

Face à l’obstacle, certains, au sein du parti présidentiel, ont même plaidé pour enjamber ces élections locales, après l’échec des municipales. Mais pour Stanislas Guerini, « il faut jouer ces élections intermédiaires, sans se planquer. On joue ces élections humblement ». Si LREM ne va pas briller dans ce scrutin, reste un point de satisfaction pour le numéro 1 de LREM : « Notre maison commune est rassemblée », avec les différents partis de la majorité, ce qui n’était pas forcément le cas aux municipales.

Reste que La République En Marche ne pourra pas faire de miracle. Pas idéal pour créer une dynamique pour Emmanuel Macron, à moins d’un an de la présidentielle. De mauvais scores aux départementales, comme aux régionales, rappellera la faiblesse de LREM dans les territoires. Mais ce scrutin permettra, justement, au parti de continuer son implantation locale. Elle est indispensable pour disposer des relais nécessaires à l’action gouvernementale, ou pour assurer, petit à petit, l’arrivée de plus de grands électeurs et donc de sénateurs. Mais c’est une autre élection.

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