Départs de Griveaux et Mahjoubi : ils quittent « le radeau de la Méduse »
Mercredi soir, les départs du gouvernement de Nathalie Loiseau de Benjamin Griveaux, et de Mounir Mahjoubi ont été actés. Pour les deux derniers, ils sont liés à la bataille des municipales. Un timing plus que discutable pour l’opposition alors que la campagne des Européennes n’a pas commencé et que la crise des gilets jaunes n’est pas terminée.  

Départs de Griveaux et Mahjoubi : ils quittent « le radeau de la Méduse »

Mercredi soir, les départs du gouvernement de Nathalie Loiseau de Benjamin Griveaux, et de Mounir Mahjoubi ont été actés. Pour les deux derniers, ils sont liés à la bataille des municipales. Un timing plus que discutable pour l’opposition alors que la campagne des Européennes n’a pas commencé et que la crise des gilets jaunes n’est pas terminée.  
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Et de trois qui font dix. Avec les départs de Benjamin Griveaux, de Mounir Mahjoubi et de Nathalie Loiseau, ils sont désormais 10 à avoir quitté le gouvernement depuis le début du quinquennat. Si Nicolas Hulot et dans une moindre mesure, Gérard Collomb, avaient claqué la porte avec fracas, faisant part de leurs divergences de vues avec le Président de la République, ces trois départs sont plutôt dus à des raisons d’agenda personnel et renforcent l’impression de « solitude » du chef de l’État.

« Peut-être que ça traduit un mode de gouvernance fait de verticalité - j’espère que le 'grand débat' va nous permettre d’en sortir – et, peut-être, [que ça traduit] la solitude du chef de l’État » a d’ailleurs considéré le président du Sénat, Gérard Larcher sur Europe 1, ce matin.

Rivalités internes pour l’investiture LREM

Peu avant 20 heures, mercredi soir, un communiqué de l’Élysée, long de 4 phrases, confirme les départs de la ministre en charge des Affaires européennes et des deux secrétaires d’État, déjà dans les tuyaux depuis quelques jours.

Investie mardi tête de liste LREM pour les Européennes, Nathalie Loiseau applique à la lettre la doctrine imposée par Emmanuel Macron qui veut qu’on ne puisse pas être ministre tout en menant campagne. Les départs de l’ancien porte-parole du gouvernement et de l’ancien secrétaire d’État au Numérique mettent en lumière une rivalité interne pour l’investiture LREM à la mairie de Paris. Les élections municipales sont dans plus d’un an et à première vue rien ne pressait.

Sauf que Benjamin Griveaux ne tenait plus. Depuis moins d’un an déjà, un compte Twitter, « Avec Benjamin » relayait les actions très parisiennes de l’ancien porte-parole. La récente embellie d’Anne Hidalgo dans les sondages aura eu raison de la volonté du chef de l’État qui lui aurait accordé son bon de départ, mercredi, après le conseil des ministres.

« L’intérêt personnel passe avant l’intérêt général »

« Cette génération soi-disant nouveau monde a un étrange rapport à la politique où l’intérêt personnel passe avant l’intérêt général. Ils commencent déjà à préparer la campagne des municipales avant celle des Européennes et en enjambant la crise des gilets jaunes » tacle la sénatrice de Paris, membre du groupe CRCE, Marie-Noëlle Lienemann.

Un point de vue que Mounir Mahjoubi semblait partager vendredi dernier, affirmant au journal La Tribune que « partir maintenant serait lâche ». « Il ne faut pas perturber ni les élections européennes ni le grand débat en provoquant un remaniement ». Le secrétaire d’État au Numérique n’a pas été écouté par l’Élysée et Matignon.

« Le timing du départ de Mounir Mahjoubi est plutôt surprenant. Il avait un portefeuille assez important. Il donne l’impression d’avoir subi cette décision » observe le sénateur LR de Seine-Saint-Denis, Philippe Dallier. « Le dernier mot est toujours entre les mains du président de la République » a confirmé Mounir Mahjoubi au micro de franceinfo, mercredi.

« Les masquent tombent. La France connaît une crise sociale sans précédent et au gouvernement, vous avez des gens qui pensent à autre chose. Ces derniers mois, Griveaux a plus pensé à Paris qu’à son ministère. Il a fait des pieds et des mains pour partir alors que rien ne pressait. Il quitte le radeau de la Méduse » attaque le sénateur PS du Val d’Oise, Rachid Temal.

« Un choix de sagesse et de clarté » pour François Patriat

« C’est un choix de sagesse et de clarté. Ce n’est pas du tout une désertion. Le Président n’a aucun problème avec Benjamin » assure de François Patriat le patron des sénateurs LREM qui laisse entendre que le choix d’Emmanuel Macron pour le candidat LREM à Paris se porterait sur l’ancien porte-parole. Le sénateur LREM de Paris, Julien Bargeton candidat à l’investiture s’est d’ailleurs retiré hier soir pour soutenir le député de la 5ème circonscription de Paris.

« On ne pouvait pas laisser deux ministres en place commencer à ferrailler médiatiquement »

Au sujet du contexte dans lequel se sont déroulés ces deux départs, pour François Patriat, il s’explique par l’âpreté de la campagne interne à l’investiture. « On ne pouvait pas laisser deux ministres en place commencer à ferrailler médiatiquement ». D’autant que d’autres candidats sont sur les rangs, parmi lesquels Cédric Villani et Hugues Renson ou encore l’élue du IVème arrondissement, Anne Lebreton.

Qui pour les remplacer ?

« Ils ont un problème de profondeur de banc » observe Rachid Temal dans une métaphore footballistique. « Clément Beaune (le conseiller Europe d’Emmanuel Macron) serait un parfait remplaçant à Nathalie Loiseau et Gabriel Attal ferait un très bon porte-parole » pronostique François Patriat. Les députées Aurore Bergé et Olivia Grégoire sont également citées pour ce poste. Et pour le portefeuille du secrétariat au Numérique, c’est la députée des Français de l’étranger, Paula Forteza qui figure parmi les favoris.

Cet automne, le chef de l’État avait attendu 15 jours pour remplacer Gérard Collomb. En cette période pré-électorale et de restitution du grand débat, il sera difficile de laisser traîner une nouvelle fois le remaniement.

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