Dans les couloirs de l'Assemblée, des députés de La République en marche (REM) récusaient mercredi toute crise politique après l'annonce par François Bayrou et Marielle de Sarnez de leur départ du gouvernement, une décision "honorable" qui permet "de laisser de l'oxygène" à l'exécutif.
Le ministre de la Justice et la ministre des Affaires européennes "ont choisi de se retirer, j'espère provisoirement", ce qui "donne plus de liberté au futur gouvernement pour appliquer sa politique", permet de lui "laisser de l'oxygène", a ainsi affirmé Fabien Gouttefarde, nouveau député de l'Eure.
Fabien Gouttefarde, nouveau député LREM de l'Eure, le 13 mai 2017 à Paris
AFP
Cet élu de 38 ans, pour qui "ni La République en marche ni le président de la République ne sont entachés", juge ces "démissions à la chaîne", après celles de Sylvie Goulard et de Richard Ferrand, "cohérent(es) avec l'exigence qu'Emmanuel Macron a fixée depuis le début".
Mais, a-t-il nuancé, la règle valant qu'on attende une mise en examen "aurait pu continuer à s'appliquer". "Il faut faire aussi attention à ce que ça ne fasse pas jurisprudence, c'est-à-dire qu'au moindre doute, un ministre ne puisse pas rester", a jugé ce conseiller juridique.
Une enquête est ouverte sur les conditions d'emploi des assistants parlementaires européens du MoDem, et une autre vise M. Ferrand pour une transaction immobilière impliquant sa compagne.
Ces départs, "cela ne jette pas une ombre", a aussi jugé Marie Lebec, 26 ans, élue des Yvelines et ex-collaboratrice parlementaire, pour laquelle "on avance de manière plus sereine, plus apaisée", elle aussi n'excluant pas un retour du MoDem au gouvernement plus tard.
Pour Didier Baichère, nouveau député des Yvelines et DRH de 46 ans, le départ des ministres MoDem ne marque "absolument pas" le début d'une crise politique. "Je ne les sens pas dans l'opposition, on a partagé beaucoup d'histoire", a-t-il affirmé.
Pressé de questions salle des Quatre Colonnes sur ces démissions, le mathématicien Cédric Villani, lavallière et broche araignée au revers de la veste de son costume trois pièces, paraissait un peu étourdi par le flot médiatique.
Sur François Bayrou, "ce que j'ai entendu dire, mais il faudra encore que je prenne le temps de regarder les nouvelles, c'est qu'il souhaitait se consacrer à répondre aux attaques dont il a été l'objet (…) et je trouve ça extrêmement honorable", a-t-il dit.
"Aujourd'hui, c'est ma rentrée, laissez moi me concentrer sur ma prise de fonctions (...) Cela viendra les communications, mais aujourd'hui je souhaite me concentrer sur mes premiers pas à l'Assemblée", a insisté cette figure de la société civile.
De son côté, l'élu chevronné Alain Tourret, ex-radical de gauche devenu REM et avocat, a jugé "très dangereux vis-à-vis de la présomption d'innocence" des démissions sans mise en examen préalable, considérant aussi "très grave pour l'avenir de la République" si, "dès qu'on est mis en examen, on est considéré comme coupable".
Quant à la désignation de Richard Ferrand à la tête du groupe, M. Gouttefarde a souligné qu'il n'était pas mis en examen et jugé qu"il n'y a pas de souci", y voyant "la personne idoine".
Plaidant qu'"il faut laisser la justice faire son travail", Mme Lebec a estimé que "la force de M. Ferrand, c'est qu'il connaît la vie parlementaire", "comme nous sommes beaucoup de nouveaux députés, ce sera très bien pour être encadrés, accompagnés".
Ce mardi, la commission nationale d'investiture des Républicains a investi la deuxième partie de ses candidats aux sénatoriales dans une vingtaine de départements, dont le département sensible des Alpes-Maritimes. Il faudra, toutefois, une dernière réunion du bureau de la CNI pour régler les cas des Bouches-du-Rhône et du Rhône.
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