Dépenses publiques : Gérard Larcher veut mettre la France « au régime »
Gérard Larcher dénonce le « renoncement » d’Emmanuel Macron sur le déficit et la dette. « La réduction des dépenses publiques est un sujet qu’il va valoir traiter avec courage », selon le président LR du Sénat. « Nous devons dire la vérité sur l’état de notre pays ». Des propos qui rappellent un certain François Fillon.

Dépenses publiques : Gérard Larcher veut mettre la France « au régime »

Gérard Larcher dénonce le « renoncement » d’Emmanuel Macron sur le déficit et la dette. « La réduction des dépenses publiques est un sujet qu’il va valoir traiter avec courage », selon le président LR du Sénat. « Nous devons dire la vérité sur l’état de notre pays ». Des propos qui rappellent un certain François Fillon.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Quand Emmanuel Macron laboure le terrain politique de la droite depuis le début de son quinquennat – sécurité, séparatisme, politique pro entreprise, impôts – que reste-t-il à la droite ? La maîtrise des dépenses publiques. Ça n’a jamais été le thème le plus porteur au sein de l’électorat. Quoique. Une partie de la droite y est sensible. François Fillon, qui promettait du sang et des larmes lors de la campagne présidentielle de 2017 avec 100 milliards d’euros d’économies, finit la campagne avec 20 %, aux portes du second tour, malgré les affaires.

« Peu de choses ont été faites en cinq ans »

Pour sa conférence de presse de début d’année (voir les temps forts), Gérard Larcher a ainsi particulièrement insisté sur la maîtrise des dépenses publiques. A ses yeux, c’est visiblement un angle d’attaque à suivre à l’égard d’Emmanuel Macron. « Peu de choses ont été faites en cinq ans. […] Nous constations, avant la période du covid-19, un triple renoncement : la maîtrise de la dépense publique, la réduction du déficit et le redressement du pays. Sur 3 ans, on compte 80 milliards de dépenses publiques supplémentaires », énumère le président LR du Sénat.

Gérard Larcher dénonce le « renoncement » d’Emmanuel Macron sur la dette et le déficit
01:43

Puis la crise sanitaire est arrivée. « Dans cette crise, il fallait sauver l’économie française. Et l’essentiel a été fait, je le reconnais. Mais quel en est le prix ? La pandémie et ses conséquences économiques vont laisser une empreinte profonde et durable sur nos finances publiques. Et sans doute sur l’emploi », craint-il, évoquant la « chute » de la croissance de plus de 8 % en 2020, la dette qui atteint les 120 % du PIB. Il ajoute :

Le quoi qu’il en coûte, c’est un plan de sauvetage, que je partage. Mais ça ne peut pas être un mode de vie, pour la République.

« La réduction des dépenses publiques, qui sont aujourd’hui arrivées à près de 64 % du PIB, c’est un sujet qu’il va valoir traiter avec courage » continue-t-il. « Nous devons dire la vérité sur l’état de notre pays ». On dirait du François Fillon dans le texte, que Gérard Larcher soutenait en 2017. Le sénateur des Yvelines y va même de sa formule : « Pour ça, faut-il changer de régime ? Je dis non. Je dis, "on se met au régime !" »

Le président du Sénat insiste sur « la soutenabilité de la dette, qui sera l’un des enjeux de la décennie. Sur ce point, il ne faut pas céder à certains marchands d’illusions ou à des discours démagogiques. Il est naturellement exclu de ne pas rembourser cette dette ».

Une fonction publique « réorganisée et allégée »

Mais quelles solutions préconise Gérard Larcher ? Ne voulant pas d’augmentation d’impôts, « seule une maîtrise rigoureuse de nos dépenses publiques » est envisageable, à ses yeux. « Une politique ambitieuse de réformes structurelles nous permettra, une fois la pandémie passée, d’assurer la soutenabilité de notre dette et de réduire progressivement notre taux d’endettement », imagine Gérard Larcher, qui assure que cet « objectif n’est pas en contradiction avec le maintien de notre modèle social ». Il pense bien sûr à la réforme « indispensable » des retraites, « la réforme de l’assurance chômage, restée au milieu du gué » ou encore à « la réforme de notre système de santé ».

Autres pistes : « Travailler sur notre propension à multiplier les agences, les hautes autorités, les normes et naturellement des réformes structurelles de l’organisation du pays. Voilà pourquoi la décentralisation en fait partie » soutient-il, avec une « déconcentration » de l’Etat et l’idée de voir « comment la fonction publique » pourrait être « réorganisée et allégée ». Tout un programme.

Partager cet article

Dans la même thématique

Dépenses publiques : Gérard Larcher veut mettre la France « au régime »
3min

Politique

Crise énergétique : Sébastien Lecornu annonce l’interdiction des chaudières à gaz dans les logements neufs

Quelques jours après le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, Sébastien Lecornu a annoncé, ce vendredi, une série de mesures destinées à tirer les leçons » de la crise énergétique. Afin de dépendre moins des énergies fossiles, l’installation de chauffages au gaz serait interdite « dès la fin de cette année » dans les constructions neuves. Le gouvernement va aussi doubler son soutien à l’électrification des usages de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.

Le

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le