Files d’attente à rallonge, rendez-vous tardifs… Se faire dépister à Paris est devenu difficile, malgré les mesures mises en place par la mairie. Anne Hidalgo demande à la préfecture davantage de moyens humains.
Dépistage du Covid-19 : Paris saturée
Files d’attente à rallonge, rendez-vous tardifs… Se faire dépister à Paris est devenu difficile, malgré les mesures mises en place par la mairie. Anne Hidalgo demande à la préfecture davantage de moyens humains.
Par Hugo Lemonier, avec Michael Pauron
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Le téléphone sonne dans le vide. Une minute, deux minutes… puis raccroche. C’est ce qui attend bon nombre de Parisiens, souhaitant prendre rendez-vous pour un test virologique (PCR) auprès d'un laboratoire d'analyse. Sur la plateforme Doctolib, où 1 médecins sur 3 serait inscrit depuis le confinement, aucun dépistage de la Covid-19 avant le 14 août.
Auprès de l’un des plus grands groupements français, Biogroup LCD («600 sites, 650 biologistes, 7500 collaborateurs », peut-on lire sur leur page web), il faut attendre 24 heures avant de se voir proposer une date à Paris.
A flux tendu
Autre tentative : depuis quelques semaines, certains laboratoires parisiens acceptent les patients sans rendez-vous, puisque les tests sont intégralement remboursés même sans ordonnance. «Nous travaillons tous à flux tendu », confie un biologiste dans un laboratoire d’analyse du nord de Paris, visité par Public Sénat.
Il assure que la file d'attente sur le trottoir ne désemplit pas : «Entre les touristes qui se rendent dans des pays dont l'entrée est conditionnée à un test Covid négatif, et les agences de voyage, nous sommes devenus le passage obligé avant de partir en vacances. »
Un système qui sature
Selon les dernières données de Santé publique France, 509 711 tests virologiques ont été effectués dans la semaine du 20 au 26 juillet dans l'hexagone (réalisés par l'ensemble des laboratoires de ville et établissements hospitaliers). Encore loin des « 700 000 tests virologiques par semaine », promis pour le 11 mai par l'ancien Premier ministre Edouard Philippe. Mais la tendance est à la hausse. Dans la semaine du 18 au 24 mai, au lendemain du confinement, 247 000 prélèvements avaient été réalisés ; il y en avait eu 334000 dans la semaine du 29 juin au 5 juillet.
Evolution des tests Covid à Paris et en France, source ARS
ARS
Multiplication des clusters, inquiétudes face à une éventuelle deuxième vague, contraintes liées aux voyages, retours de vacances... Le système peine à faire face à la demande. La situation n'est pourtant pas nouvelle : dès le 16 juillet, l'Agence régionale de santé (ARS) affirmait au quotidien Le Monde que la tension était déjà forte. Et Bruno Lina, virologue et membre du conseil scientifique, estimait dans le même article que « les laboratoires sont sous pression aussi bien à Paris qu’en province ».
Le 2 août, le président du Syndicat national des biologistes, François Blanchecotte, rappelait dans les colonnes du Parisien : « Il y a deux mois, j'avais prévenu que si des milliers de personnes se faisaient dépister au même moment, ça poserait problème. Devant ma porte, il y a 160 patients par jour. » Selon plusieurs sources, en Mayenne, comme sur la Côte méditerranéenne, le constat est le même : les laboratoires sont engorgés.
Cinq jours pour un test virologique, c'est beaucoup trop long !
Dr Bernard Jomier, sénateur PS de Paris, membre de la commission sur la Covid-19
Or, chaque jour compte, rappelle le médecin généraliste et sénateur de Paris (PS), Bernard Jomier : « J’ai vu vendredi [24 juillet] une patiente qui avait des symptômes, elle n'a pu faire le test que le lundi [27 juillet] et a eu les résultats le mercredi [29 juillet]. Un test PCR ne prend pourtant que 8 à 12 heures… »
Membre de la commission d’enquête du Sénat, pour l’évaluation des politiques publiques face aux grandes pandémies à la lumière de la crise sanitaire de la Covid-19 (dont les travaux reprendront en septembre), Bernard Jomier estime que « cinq jours, c’est beaucoup trop long pour casser des chaînes de transmission. C’est cinq jours où vous ne pouvez pas identifier les cas contacts ».
25 755 tests effectués à Paris entre le 20 et le 26 juillet
Pour faire face à cette hausse constante de la demande, la mairie de Paris a mis en place une campagne de dépistage rapide. Deux villages santé ont été installés jusqu'au 30 août sur les berges de la Seine, dans le cadre de Paris-Plages.
Ces spots de dépistage proposent notamment des « tests rapides d'orientation de diagnostic sérologiques », les « TROD », capables de repérer les anticorps contre la Covid-19 en quelques minutes. Si ce test est positif, il faut encore qu’il soit confirmé par un prélèvement de type PCR… Ce que proposent aussi ces installations. Mais, comme le souligne la mairie elle-même, le « succès » de ces initiatives allonge les files d'attente.
Deux millions d'euros pour la campagne de dépistage
D'autant que les rigidités administratives ne cessent d'entraver les efforts de la municipalité, selon Anne Souyris, adjointe à la Santé de la mairie de Paris : « Le gouvernement a publié un arrêté qui permet de réaliser des tests PCR sans prescription et sans l'intervention d'un médecin. On pourrait donc, par exemple, faire appel à des secouristes, des étudiants en médecine, etc. Sauf que, à Paris, la préfecture n'a autorisé l'utilisation de ces personnels non-médicaux que dans les aéroports. Pourquoi ? Je n'en sais rien... »
La maire de Paris, Anne Hidalgo, s'est ainsi fendue d'une lettre à la préfecture pour que cette autorisation soit élargie à l'ensemble des actions organisées par la municipalité, qui a déboursé jusqu'ici plus de deux millions d'euros pour l'organisation de cette campagne de dépistage.
Toutes ces mesures ont cependant permis d'augmenter le nombre de prélèvements. Selon Santé publique France, 24 755 ont été effectués dans la semaine du 20 au 26 juillet, contre 15 549 entre le 29 juin et le 5 juillet. Reste une crainte : Paris et les autres grandes villes seront-elles équipées pour absorber une augmentation de la demande attendue d'ici la fin de l'été ?
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.
Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.