Députés et sénateurs LR vont accorder leurs violons pour peser… et éviter les couacs

Députés et sénateurs LR vont accorder leurs violons pour peser… et éviter les couacs

Les présidents des groupes parlementaires, Olivier Marleix et Bruno Retailleau, se sont réunis mardi matin au siège du parti dans le cadre de la nouvelle cellule de coordination parlementaire. Le but : plus de coordination et de « fluidité » entre députés et sénateurs pour parler, dans la mesure du possible, d’une même voix au Parlement.
François Vignal

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Ensemble. Le nouveau nom de LREM pourrait convenir tout aussi bien à la cellule de coordination parlementaire que lancent les parlementaires LR. Députés LR et sénateurs LR vont chercher, dans les mois à venir, à mieux se coordonner, plus se parler, histoire d’aligner davantage leurs positions.

Les deux groupes se parlaient déjà. Mais rien de très régulier. Il s’agit d’institutionnaliser ces rencontres. La faute, ou plutôt grâce au nouveau contexte politique. La majorité relative à l’Assemblée, où les LR peuvent jouer le groupe pivot et faire une majorité de circonstance avec les macronistes, change la donne. La majorité sénatoriale, de droite et du centre, voit elle son rôle renforcer. Les LR ont tout intérêt à accorder leurs violons pour mieux peser, à l’Assemblée et lors des commissions mixtes paritaires, et exister dans ce paysage politique pour le moins instable où la Nupes et le RN se font plus entendre en tant qu’oppositions.

Pour passer aux travaux pratiques, ce mardi matin, au siège du parti, s’est réuni un aréopage de responsables LR : le nouveau président du groupe LR de l’Assemblée nationale, Olivier Marleix, accompagné de Michèle Tabarot, vice-présidente du groupe, Bruno Retailleau, patron des sénateurs LR, venu avec ses deux vice-présidents, Dominique Estrosi Sassone et Philippe Mouiller, ainsi que François-Xavier Bellamy, pour les eurodéputés LR. Gérard Larcher, président LR du Sénat, était présent, tout comme Annie Genevard, présidente par intérim des Républicains.

« Avoir une fluidité plus importante entre les deux groupes »

« L’idée, c’est de voir entre nous la définition d’une méthode de travail qui est forcément plus que nécessaire dans le paysage politique d’aujourd’hui, avec l’Assemblée particulièrement, mais aussi en lien avec le Sénat, qui est amené à jouer un rôle plus que central dans le débat parlementaire », explique Dominique Estrosi Sassone. Deux types d’instance sont prévus : « Une plus politique » – celle qui s’est réunie ce matin – et « une autre plus opérationnelle et technique », en « fonction des textes de loi », avec les rapporteurs et présidents de commission liés au sujet. Après une petite période de rodage, à partir de la rentrée, la réunion en format présidents de groupe devrait se tenir « tous les 15 jours », selon la sénatrice des Alpes-Maritimes.

L’objectif « est d’avoir une fluidité plus importante entre les deux groupes que ce qui s’est fait par le passé, car les circonstances ne le nécessitaient pas forcément ». Pour cela, députés et sénateurs veulent « essayer de travailler nos propositions le plus en amont possible des textes, afin de les rendre visibles et de les valoriser », espère Dominique Estrosi Sassone. Une volonté de coordination qui « n’obère pas le droit d’amendement de chacun », mais il s’agit « que les grandes positions et lignes fortes soient connues de tous et rendues public, et qu’en faisant connaître nos propositions, que le gouvernement puisse intégrer nos lignes rouges ». Avec la volonté et la nécessité pour le gouvernement de trouver des compromis, il vaut mieux en effet connaître les positions de chacun en amont.

Journées parlementaires communes

Députés et sénateurs poussent leur pas de deux au point d’organiser des journées parlementaires communes, à la rentrée. Les parlementaires LR ont pris rendez-vous les 15 et 16 septembre, à Biarritz. Les cours de surf commun ne sont pas encore au programme. Mais l’idée d’« une harmonisation », explique Dominique Estrosi Sassone, qui permettra « de formuler les choses, y compris sur les propositions de loi ».

Cette volonté de se parler un peu plus évitera peut-être quelques incongruités constatées, parfois, ces cinq dernières années, quand députés et sénateurs allaient jusqu’à voter de manière totalement opposée. C’était le cas sur l’application « Stop Covid », sur la loi Avia pour lutter contre la haine en ligne, sur des questions judiciaires ou encore sur la dose de proportionnelle, lors de la révision constitutionnelle (voir notre article pour plus de détails). Le dernier exemple en date est pour le moins récent. Sur le paquet pouvoir d’achat, qui va être examiné cet été au Parlement, les députés LR proposent un prix fixe du carburant à 1,50 euro. Propositions que ne défendent pas les sénateurs LR…

« Les rapports avec les députés sont à retravailler »

On comprend pourquoi l’idée d’une meilleure coordination n’est pas pour déplaire aujourd’hui aux sénateurs LR, comme le rapporteur général du budget, Jean-François Husson, en première ligne justement sur le texte pouvoir d’achat. « Les rapports avec les députés sont à retravailler, à renouveler et construire différemment. Il faut un alignement des positions », confirme ce mardi matin, avant la réunion de groupe, Jean-François Husson, qui défend « un travail collectif ». Il « servira » même, selon le sénateur de la Meurthe-et-Moselle, « pour la suite, les autres élections ».

« On aura un nouveau cycle. Et nous aurons un rôle particulier à jouer. Et nous avons besoin de nous caler davantage », pense aussi le sénateur LR Max Brisson, qui suit les questions d’éducation pour son groupe. Et pour accorder les violons des députés et sénateurs, il n’y aura pas un, mais deux chefs d’orchestre, avec Olivier Marleix et Bruno Retailleau. Pas de risque de fausse note ? « Je n’ai pas de doute, les deux présidents de groupe s’entendent bien », assure Max Brisson. Le sénateur LR des Pyrénées-Atlantiques résume comment il voit cet ajustement des rôles, entre sénateurs et députés :

Nous ferons peut-être plus de politique et moins de technique. Et les collègues de l’Assemblée nationale moins de politique et peut-être plus de technique.

Si chacun doit s’inspirer un peu de l’autre, « après, chaque assemblée a ses traditions », rappelle Max Brisson, « on ne s’attend pas à ce que les sénateurs claquent les pupitres. D’ailleurs il n’y en a pas ».

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