Dernière ligne droite à Marseille pour Mélenchon et sa rivale REM

Dernière ligne droite à Marseille pour Mélenchon et sa rivale REM

"Parti unique" contre "personnes engagées": Jean-Luc Mélenchon (LFI) et sa concurrente Corinne Versini (REM) ont jeté jeudi leurs dernières...
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Par Ambre TOSUNOGLU, Beatrix BACONNIER MARTIN

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"Parti unique" contre "personnes engagées": Jean-Luc Mélenchon (LFI) et sa concurrente Corinne Versini (REM) ont jeté jeudi leurs dernières forces dans les législatives à Marseille, marquées par le refus du député PS sortant Patrick Mennucci de donner une consigne de vote.

Le député socialiste, éliminé dimanche, avait appelé dès mardi son rival Jean-Luc Mélenchon à apporter son soutien aux candidats socialistes "fidèles à leur parti, fidèles à leur candidat (à la présidentielle, Benoît Hamon, ndlr), et qui n'ont pas fait d'arrangement avec la République en Marche (REM)". Parmi eux, entre autres, l'ex-ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, en difficulté dans la 6e circonscription du Rhône.

"Jean-Luc Mélenchon a décidé de refuser de soutenir" ces candidats, a déploré Patrick Mennucci dans un communiqué diffusé jeudi. Dans ces conditions, le socialiste a refusé de donner une "consigne de vote" pour le second tour de l'élection législative dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, laissant ses électeurs "se déterminer en (leur) âme et conscience".

Le leader de la France insoumise, en meeting jeudi soir dans la cité phocéenne, n'a pas répondu. Devant plusieurs centaines de personnes réunies près du Vieux-Port, il a taclé Emmanuel Macron, "ce type (qui) est arrivé à entortiller tout le monde", dénonçant "un système de parti unique et un chef tout-puissant", et a appelé ses électeurs à voter dimanche.

"C'est une situation dangereuse, c'est très grave", a-t-il martelé. A la présidentielle, "on était 7 millions, on s'est retrouvé 2,5 millions au 1er tour (des législatives, ndlr). On pourrait faire un effort, non?". "Ce qui se prépare, derrière les visages souriants, est une chose terrible, c'est le coup d'Etat social qui se prépare", a-t-il dit, en dénonçant la reforme du code du travail comme celle de l'état d'urgence.

- 'Combat emblématique' -

La candidate de la République en Marche, Corinne Versini, pour l'élection législative dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, le 12 juin 2017 à Marseille.
La candidate de la République en Marche, Corinne Versini, pour l'élection législative dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, le 12 juin 2017 à Marseille.
AFP

L'annonce de la candidature de M. Mélenchon dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône avait suscité l'ire du député sortant Patrick Mennucci, qui avait promis un "affrontement complet" à son ancien camarade socialiste, critiquant le choix de Jean-Luc Mélenchon d'une circonscription où il n'y avait "absolument aucune possibilité que le Front national soit au 2e tour".

Le leader de la France insoumise avait de son côté mis en avant son objectif: non pas "affaiblir" le PS, mais le "remplacer". Avec 34,3% des suffrages exprimés enregistrés dimanche, il est au moins parvenu à le faire pour le 2d tour des législatives, en devançant très largement le député sortant (12,4%). Face à lui, la candidate de la République en Marche, Corinne Versini, une cheffe d'entreprise d'Aix-en-Provence (22,7%).

En ballottage défavorable, celle-ci a reçu jeudi le soutien de la ministre des Sports Laura Flessel: "Je représente un gouvernement (...) mais à cette minute je suis l'amie qui vient soutenir" une candidate, a assuré à la presse l'ancienne championne d'escrime.

"On veut que Corinne gagne" car "on a besoin de personnes engagées, qui connaissent vraiment le territoire", a-t-elle déclaré aux côtés de Mme Versini. "Je m'implique aussi parce que j'ai pris conscience, après aussi le second tour, qu'il fallait lutter contre toute forme d'extrémisme", a-t-elle ajouté.

Dans un communiqué transmis jeudi, le Medef de Paca a dit "regretter le score élevé de Jean-Luc Mélenchon" au 1er tour et appelé les électeurs à élire "des députés réformistes et pro-entreprises".

"Nous sommes des humanistes, nous voulons défendre la protection de l'individu et (son) épanouissement", mais "d'une façon ouverte et qui embrasse le monde", a de son côté déclaré la candidate de la République en marche.

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