Déroute confirmée pour le PS
Au moins trente députés PS ont été élus dimanche, une "déroute sans appel" qui a conduit le premier secrétaire Jean-Christophe...

Déroute confirmée pour le PS

Au moins trente députés PS ont été élus dimanche, une "déroute sans appel" qui a conduit le premier secrétaire Jean-Christophe...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE

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Au moins trente députés PS ont été élus dimanche, une "déroute sans appel" qui a conduit le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis à annoncer son départ de la direction du parti.

Ce résultat historiquement bas, en-deçà du score obtenu en 1993 par le PS (57), lui permettra cependant de former un groupe à l'Assemblée (au moins quinze députés), contrairement aux craintes exprimées par certains responsables ces derniers jours.

Sans surprise, après un premier tour qui n'avait permis la qualification que de 65 socialistes, les législatives se soldent par un fiasco pour l'ancien parti majoritaire, victime de ses divisions et du rejet du bilan de François Hollande par les Français.

"Ce soir, malgré une abstention alarmante, le triomphe d'Emmanuel Macron est incontestable; la défaite de la gauche est incontournable; la déroute du Parti socialiste, sans appel", a constaté à l'issue du second tour M. Cambadélis depuis le siège du parti, rue de Solférino.

Le numéro un du PS, qui avait accédé à la tête du parti en 2014, et qui avait été sèchement battu au premier tour des législatives dimanche dernier, a annoncé son départ de la direction du parti: "La gauche doit tout changer, la forme comme le fond, ses idées comme ses organisations (...). J'accompagnerai ce combat décisif avec volonté mais je ne le ferai pas en tant que Premier secrétaire du Parti socialiste", a-t-il dit.

Une direction collégiale sera mise en place "dans les plus brefs délais", a-t-il précisé.

Selon une des porte-parole du PS, Corinne Narassiguin, le Bureau national du PS devrait discuter mardi du calendrier de ces changements.

- Au travail pour "s'opposer" -

Dans la foulée du BN, un conseil national du parti doit se tenir samedi. A charge pour lui de se pencher sur la réorganisation du parti, et de fixer sa ligne politique vis-à-vis de la majorité d'Emmanuel Macron, quelques jours avant le discours de politique générale d'Edouard Philippe.

"A priori on va avoir un groupe, il va falloir discuter du positionnement sur le vote de la confiance au gouvernement. L'idée est plutôt que l'on ne la vote pas. C'est la ligne de la campagne, où nous avons dit que nous souhaitions être constructifs et vigilants. Pour avoir la liberté de s'opposer il ne faut pas voter la confiance", a souligné Mme Narassiguin.

Des positions divergentes sur le sujet s'étaient exprimées au sein du PS ces derniers jours, certains affirmant ne pouvoir se déterminer sans connaître exactement ce que proposera M. Philippe.

Sévèrement défait à la présidentielle (6,3%) puis éliminé au premier tour des législatives dans les Yvelines (22,59%), Benoît Hamon a salué dimanche la victoire de "tous les députés de gauche élus". Il les a appelés à se mettre "au travail pour résister, s'opposer, proposer, reconstruire et rassembler".

Après Matthias Fekl, Pascale Boistard ou Juliette Méadel la semaine dernière, d'autres ex-ministres de François Hollande ont été battus: Najat Vallaud-Belkacem, Jean-Jacques Urvoas, Marisol Touraine ou Myriam El Khomri -ces deux dernières, pourtant, n'avaient pas de candidat de la République en marche face à elle.

Le chef de file des frondeurs Christian Paul n'a pas réussi à sauver sa tête, pas davantage que Yann Galut et Barbara Romagnan, eux aussi membres de l'aile gauche du parti.

L'ancien Premier ministre Manuel Valls a revendiqué la victoire dans son fief d'Evry, aussitôt contredit par son adversaire de La France insoumise, Farida Amrani. Quasiment tous ses proches ont été battus au premier ou au second tour.

L'ancien ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll est en revanche réélu, tout comme l'ancien président du groupe PS à l'Assemblée, Olivier Faure, Olivier Dussopt, porte-parole de M. Valls pendant la primaire PS ou Régis Juanico, proche de l'ancien candidat à la présidentielle Benoît Hamon.

Selon un responsable du PS, M. Faure pourrait faire partie des "prétendants naturels à reprendre les choses en main" après sa victoire.

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