Déroute historique pour Anne Hidalgo, qui appelle à voter Emmanuel Macron au second tour
Avec la candidature d’Anne Hidalgo, le Parti socialiste réalise ce 10 avril 2022 son pire score à une élection présidentielle (1,7 %). La maire de Paris a appelé sans détour à voter pour Emmanuel Macron au second tour et donne rendez-vous aux électeurs de gauche aux législatives.

Déroute historique pour Anne Hidalgo, qui appelle à voter Emmanuel Macron au second tour

Avec la candidature d’Anne Hidalgo, le Parti socialiste réalise ce 10 avril 2022 son pire score à une élection présidentielle (1,7 %). La maire de Paris a appelé sans détour à voter pour Emmanuel Macron au second tour et donne rendez-vous aux électeurs de gauche aux législatives.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Je sais combien vous êtes déçus ce soir. » La socialiste est la première des candidats à prendre la parole ce 10 avril. Le pari est totalement raté pour la maire de Paris, elle qui promettait de « faire mentir les sondages » dans ce premier tour de l’élection présidentielle de 2022. Avec 1,7 % des voix, selon l’estimation Ipsos & Sopra Steria (pour France Inter, France 2, Public Sénat et LCP-AN), la maire de Paris réalise le pire score du Parti socialiste sous la Ve République. Un niveau bien inférieur aux 6,36 % de Benoît Hamon de 2017, et même plus bas encore que les 5,01 % atteints par Gaston Defferre (SFIO) en 1969.

ps_v_2.jpg

Inquiète d’une « extrême droite aux portes du pouvoir », la socialiste a appelé à faire barrage à Marine Le Pen de façon nette. « Je vous appelle à voter contre l’extrême droite de Marine Le Pen en vous servant du bulletin de vote Emmanuel Macron. » Cet appel est, selon ses mots, un « vote républicain » et « un choix de responsabilité », qui « n’efface en rien » les préoccupations environnementales et sociales de ses électeurs.

Promesse du « rassemblement de la gauche »

Affirmant ne « jamais baisser les bras », elle a annoncé poursuivre son engagement politique et a promis une reconstruction de la « républicaine et européenne, sociale et écologiste », la « gauche du réel ». « Cela commencera dès le lendemain de l’élection présidentielle, avec les législatives », a-t-elle annoncé. Et d’ajouter : « Nous travaillerons ensuite au rassemblement de la gauche dispersée qui n’a pas su s’unir quand il le fallait, dès l’automne avec les forces sociales et associatives, pour retisser en profondeur ses liens vitaux de confiance avec les classes populaires et moyennes et lui redonner la force d’incarner un nouvel espoir et une alternative pour demain. » La semaine dernière, les manœuvres ont déjà débuté au Parti socialiste, pour préparer l’après.

Malgré une multitude de déplacements sur le terrain, la socialiste n’est pas parvenue à stopper la dynamique baissière qui a caractérisé sa campagne sans interruption. Lorsqu’elle s’est déclarée candidate le 12 septembre dernier à Rouen, les enquêtes d’opinion la créditaient de 7 à 9 % d’intentions de vote. Vendredi dernier encore, sous une pluie battante, dans le quartier de Belleville, celle qui avait été réélue confortablement à l’Hôtel de ville en 2020, appelait les électeurs à voter « en toute liberté » et « avec son cœur ».

Anne Hidalgo derrière Fabien Roussel et Jean Lassalle

Avec seulement 1,7 % des suffrages exprimés, Anne Hidalgo relègue le poids de son parti dans une élection présidentielle parmi les plus petits candidats. Loin derrière les 21,7 % de Jean-Luc Mélenchon, mais également derrière l’écologiste Yannick Jadot (4,7 %), et même le communiste Fabien Roussel (2,4 %). Jamais depuis 1969, les socialistes n’avaient fait moins bien que les communistes. Jean Lassalle (Résistons !) avec 3,0 % se paye même le luxe de faire mieux que la maire de Paris. Seuls Philippe Poutou et Nathalie Arthaud, sous la barre du 1 %, ont recueilli moins de voix.

Les difficultés risquent d’être financières pour le PS. Cinq ans après une déroute à la présidentielle et aux législatives, l’ancien parti de la rue de Solférino rate cette fois la barre des 5 %, synonyme d’un remboursement à hauteur de 8 millions d’euros des dépenses de campagne. Sous cette barre, le concours de l’État sera limité à 800 000 euros.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Déroute historique pour Anne Hidalgo, qui appelle à voter Emmanuel Macron au second tour
4min

Politique

« D’ici 2050, on aura peut-être des guerres de l’eau », alerte ce chercheur

L’eau est l’un des sujets de préoccupation majeurs des années à venir. Disponibilité de la ressource, partage des usages... Si la France bénéficie encore d’un régime de précipitations relativement abondant, le dérèglement climatique a largement perturbé les cycles de l’eau. Comment assurer un accès à la ressource pour tous ? La raréfaction de l’eau va-t-elle entraîner une baisse de sa qualité ? Dans la nouvelle émission de prospective de Public Sénat, Agenda 2050, Marie Drucker et ses invités esquissent des pistes pour éviter que l’eau ne vienne à manquer.

Le

photo eau
2min

Politique

Agenda 2050 : l’eau une ressource sous pression, d’où viennent nos chiffres ?

Vous avez regardé l’émission « Agenda 2050 : l’eau, une ressource sous pression », présentée par Marie Drucker ? Retrouvez l’ensemble des sources sur lesquelles nous nous sommes appuyés pour réaliser cette émission consacrée à la disponibilité de la ressource en eau en France, aujourd’hui et aux prévisions à l’horizon 2050.

Le

Saint Michael’s Day celebrations in Menton
7min

Politique

Propos antisémites attribués à Jordan Bardella : comment a procédé Médiapart pour apporter de nouvelles preuves ?

Mediapart a publié jeudi des éléments d'authentification qualifiés de « scientifiques » des messages antisémites datant de 2013, attribués à Jordan Bardella, grâce à une extraction d'archives Facebook, certifiée par un huissier. Le président du RN a de nouveau démenti être l'auteur, mais sa défense devient délicate, selon des experts.

Le