Des anti-G7 attendus pour un « contre-sommet » à la frontière franco-espagnole
Quelque 80 organisations et associations locales et internationales vont tenir un "contre-sommet" du G7, marqué par une grande manifestation et...

Des anti-G7 attendus pour un « contre-sommet » à la frontière franco-espagnole

Quelque 80 organisations et associations locales et internationales vont tenir un "contre-sommet" du G7, marqué par une grande manifestation et...
Public Sénat

Par Carole SUHAS

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Quelque 80 organisations et associations locales et internationales vont tenir un "contre-sommet" du G7, marqué par une grande manifestation et des actions "d'occupation des places publiques".

A quelques kilomètres au sud de Biarritz où se réuniront les leaders des pays les plus riches du monde du 24 au 26 août, le "sommet des alternatives" se tiendra à cheval sur la frontière franco-espagnole, à Hendaye (France) et Irun (Espagne).

Dès le 19 août, les anti-G7 prendront leurs quartiers à Urrugne, commune voisine d'Hendaye, puis conférences et ateliers, à Irun et Hendaye, se tiendront du 21 au 23 août. 12.000 personnes sont attendues.

Le 24, premier jour du sommet, les "anti-G7" prévoient une grande manifestation à Hendaye. Et le lendemain, ils entendent mener des actions d'"occupation des places publiques" autour de Biarritz, ville inaccessible car transformée en camp retranché avec une "mobilisation exceptionnelle" des forces de l'ordre, selon les autorités.

Ces anti-G7 regroupent deux plateformes : G7 Ez (Non au G7, en langue basque), implantée des deux côtés de la frontière, et Alternatives G7, qui réunit des organisations d'envergure nationale et internationale.

"Certaines de ces organisations ont un pied dans le sommet officiel, parce qu’il faut garder le contact avec ces gouvernements pour faire avancer des propositions, même si c'est à la virgule près, et un autre dans le contre-sommet car elles sont conscientes que les alternatives, aujourd'hui, vont venir des citoyens", explique Sébastien Bailleul, délégué général du Centre de recherche et d’information pour le développement (Crid).

- "Bataille idéologique" -

Parmi les organisations annoncées figureront :

Une bannière pour le contre-sommet du G7 est installée sur un rond-point le 13 août 2019 à Louhossoa, à 30 km de Biarritz
Une bannière pour le contre-sommet du G7 est installée sur un rond-point le 13 août 2019 à Louhossoa, à 30 km de Biarritz
AFP/Archives

- Des altermondialistes: on y retrouve notamment des organisations comme le CCFD-Terre Solidaire, le Crid ou encore Oxfam ou Attac, des structures qui ont "une culture collective des mobilisations citoyennes" selon M. Bailleul. "On est très impliqués sur les contre-sommets, les forums sociaux mondiaux, selon trois axes de réflexion : les migrations, la justice climatique et, c’est plus récent, la criminalisation des mouvements contestataires et la répression (policière)".

- Des écologistes: on les trouve parmi Les Amis de la Terre, Sortir du nucléaire ou encore Bizi!, un groupe local affilié à ANV-Cop21. "On va notamment faire des formations à l'action non violente et dénoncer l'inaction des gouvernements en matière de climat, et notamment celle d’Emmanuel Macron qui se prétend champion du climat mais qui est seulement le champion du discours sur le climat", assure Barthélémy Camedescasse, de Bizi! Ce groupe a fait parler de lui cette année en décrochant des portraits de M. Macron dans les mairies des Pyrénées-Atlantiques.

- Des partis politiques: La France insoumise, Europe Ecologie Les Verts, le NPA ou encore le Parti communiste seront du rendez-vous basque. On retrouve également des partis basques nationalistes de gauche comme Euskal Herria Bai et son pendant du côté espagnol, Sortu, ainsi que la branche basque du parti espagnol Podemos.

- Des syndicats: les branches locales de la CGT, la FSU ou Solidaires seront représentées, tout comme le monde paysan avec la Confédération paysanne (et son pendant au Pays basque, ELB), ainsi que des syndicats basques espagnols.

- Des organisations sociales et de gauche radicale: des groupes anarchistes et antifascistes, des associations militant pour les droits des femmes, des LGBT et des réfugiés et même un petit groupe de "gilets jaunes" ont rejoint la plateforme locale.

Les pays du G7
Les chiffres clés des pays membres du G7 qui se tient du 24 au 26 août 2019 à Biarritz
AFP

- L'inconnue "black bloc": la présence autour du "contre-sommet" d'agitateurs issus de mouvances libertaires et au mode d'action violent qui sont souvent au rendez-vous des grands sommets internationaux, est envisagée par les autorités. Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a prévenu que toute manifestation violente serait "neutralisée".

"Nous, on prévoit une bataille idéologique, la violence n'est pas inscrite dans notre programme, souligne Danielle Mesplé, du syndicat Solidaires. Mais si ça vient de groupes extérieurs, quel pouvoir avons-nous, qui peut la maîtriser ?". Elle regrette que "tout soit fait pour faire monter cette peur de la violence, seule manière de tenir le peuple".

Partager cet article

Dans la même thématique

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le