Des députés de plusieurs groupes veulent interdire la chasse à courre
Des députés de plusieurs groupes, y compris de la majorité, ont plaidé mardi pour une proposition de loi commune, déposée à l...

Des députés de plusieurs groupes veulent interdire la chasse à courre

Des députés de plusieurs groupes, y compris de la majorité, ont plaidé mardi pour une proposition de loi commune, déposée à l...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Des députés de plusieurs groupes, y compris de la majorité, ont plaidé mardi pour une proposition de loi commune, déposée à l'initiative de l'Insoumis Bastien Lachaud, afin d'interdire la chasse à courre, pratique qu'ils jugent "minoritaire" et "barbare".

Le texte, déposé par le député LFI de Seine-Saint-Denis, a été co-signé par 19 députés des groupes LR, PCF, LFI, LREM et MoDem.

Les signataires "ne protestent pas contre tous les modes de chasse" mais veulent mettre fin à une pratique "minoritaire", "barbare", "sans aucune utilité sociale", a argumenté M. Lachaud en présentant la proposition de loi à la presse.

Pour cette proposition de loi "présentée dans un esprit transpartisan, à l'image des cosignataires, car il semble important que les différents groupes relaient une aspiration profonde de la société", il a aussi, dans un communiqué, "tout particulièrement salu(é) le courage des député.e.s du groupe majoritaire LREM" l'ayant cosignée.

Les signataires ont rappelé un épisode survenu en octobre 2017 dans l'Oise, lorsque des veneurs ont abattu un cerf qui avait trouvé refuge dans le jardin de particuliers. Cela avait créé de l'émoi, et une pétition lancée par la Fondation 30 millions d'Amis "pour l'abolition de la chasse à courre" avait alors recueilli près de 143.000 signatures.

Erwan Balanant (MoDem) a notamment regretté le "retard" français dans cette interdiction, alors que la pratique est déjà abolie en Angleterre depuis 2015 et en Allemagne.

Sébastien Jumel (PCF) a, lui, dénoncé une "pratique de l'Ancien Régime", qui révèle "un mode de distinction de classe". Abandonnée pendant la Révolution Française, la vènerie avait été rétablie sous Napoléon.

La proposition de loi reprend les articles d'une proposition de loi déposée par la sénatrice et ancienne ministre Laurence Rossignol (PS) le 22 novembre 2017 visant à interdire "la chasse à courre, à cor et à cri", mais jamais inscrite à l'ordre du jour parlementaire. Elle suggère que cette pratique soit punie d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros d'amende.

Plusieurs associations de défense des animaux, dont la Fondation Bardot, L214 ou encore la Fondation 30 Millions d’Amis, ont réclamé début décembre l'abolition de la chasse à courre à Nicolas Hulot.

Le ministre de la Transition écologique avait indiqué fin novembre souhaiter "conduire bientôt une grande réflexion sur la condition animale avec le ministre de l'Agriculture". "Certaines pratiques, comme la chasse à courre, prolongent l’agonie et le stress de l’animal. Cela me heurte profondément", avait-il dit dans une interview à L'Obs.

Dans un communiqué, la société de Vénerie a défendu de son côté une pratique "100% naturelle et sans arme consistant à poursuivre un animal sauvage à l’aide de chiens courants", estimant que la chasse à courre, "ni cruelle, ni anachronique ou surannée", "souffre des approximations et contre-vérités brandies par des opposants qui oeuvrent avec acharnement à sa disparition".

Partager cet article

Dans la même thématique

Des députés de plusieurs groupes veulent interdire la chasse à courre
3min

Politique

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.

Le

Des députés de plusieurs groupes veulent interdire la chasse à courre
3min

Politique

Industrie musicale : « il n’y a plus de coup de cœur, on regarde le nombre de followers », La Grande Sophie

Trente ans de carrière, artiste inclassable, la Grande Sophie se tourne aujourd’hui vers la comédie musicale avec un nouveau spectacle inspiré de son premier livre « Tous les jours Suzanne ». Une nouvelle aventure qui caractérise à merveille son envie insatiable de créer. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle se livre sur son passé, son rapport à l’industrie musicale et sa relation particulière avec Françoise Hardy.

Le

Des députés de plusieurs groupes veulent interdire la chasse à courre
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le