Des députés PS envisagent un « droit de retrait » en cas de victoire de Hamon
Des députés de l'aile droite du PS envisagent un "droit de retrait" en cas de victoire de Benoît Hamon à la primaire dimanche...

Des députés PS envisagent un « droit de retrait » en cas de victoire de Hamon

Des députés de l'aile droite du PS envisagent un "droit de retrait" en cas de victoire de Benoît Hamon à la primaire dimanche...
Public Sénat

Par Fabrice RANDOUX et Jérémy MAROT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Des députés de l'aile droite du PS envisagent un "droit de retrait" en cas de victoire de Benoît Hamon à la primaire dimanche même si l'hypothèse d'un ralliement massif et immédiat à Emmanuel Macron semble s'éloigner.

Au nom des députés "réformateurs", qui seraient une cinquantaine selon l'un d'eux, "j'ai préparé un projet de texte qui sera présenté à la réunion du groupe" de ces députés "à l'Assemblée mardi. C'est un droit de retrait de la campagne de (Benoît) Hamon, une sorte d'objection de conscience", a indiqué l'élu de Gironde Gilles Savary à l'AFP.

Ce n'est "pas un appel à voter (Emmanuel) Macron", le texte ne parlant pas d'un ralliement au leader du mouvement En marche!, "car nous ne sommes pas tous d'accord", a poursuivi le député. Il s'était dit mercredi lui-même prêt à soutenir Emmanuel Macron si celui-ci acceptait "des appareillements" (appartenance à deux mouvements). Les ralliements "se feront individuellement", le cas échéant, a-t-il estimé.

"On veut être clairs vis-à-vis de nos électeurs : on a défendu auprès d'eux le CICE, la politique de l'offre, la loi travail... on ne peut pas faire campagne pour le contraire ensuite", a expliqué M. Savary. "Les députés qui ont été légitimistes et loyalistes comme nous seraient piégés par une victoire de Hamon" qui les mettrait en difficulté face à leurs électeurs, a-t-il fait valoir.

"Comment voulez-vous que des gens qui se sont battus contre les frondeurs soutiennent un candidat représentant ceux qui n'ont fait que leur taper dessus".

- Chez Valls: "du sang-froid" -

La députée Bernadette Laclais a confirmé que "des discussions sont ouvertes au sein du pôle des réformateurs", auquel elle appartient, mais a rappelé qu'elle soutient Manuel Valls et se "bat pour qu'il soit vainqueur". "Moi j'attends dimanche", a-t-elle dit.

Manuel Valls et ses proches mettent eux en garde contre toute précipitation et semblent plutôt décidés à rester en retrait en cas de défaite dimanche.

"Non, je ne pourrai pas défendre son programme, mais je serai loyal parce qu'il y a des règles pour la primaire, je m'effacerai" devant Benoît Hamon, a dit vendredi l'ancien Premier ministre.

Interrogé par L'Opinion, le sénateur Luc Carvounas a invité ses collègues à garder leur "sang-froid".

"Ce sera au candidat élu, quel qu'il soit, de faire montre de rassemblement, il y a une campagne à mener, il y a des territoires à défendre, il y a les législatives derrière, il y a les socialistes et un peuple de gauche qui attend de nous cette responsabilité", a-t-il dit.

Si Benoit Hamon "était vainqueur je ne vais pas lui mettre des bâtons dans les roues. S'il était vainqueur, je ne ferai pas ce qu'il a fait comme député contre le gouvernement de Manuel Valls", a-t-il insisté.

"J'appelle tous les députés et sénateurs à attendre un peu, parce que nous avons une histoire commune. Il ne s'agit pas dès le lendemain de la primaire de partir vers une autre aventure", a renchéri le président du groupe PS au Sénat Didier Guillaume, directeur de campagne de Manuel Valls.

Son homologue chez Benoît Hamon Mathieu Hanotin a cependant prévenu qu'"un texte qui s’appelle droit de retrait, défendu en groupe et rendu public" sera "considéré comme une agression".

"En revanche, on est pour le respect des convictions de chacun. On comprendra que Manuel Valls qui a défendu des positions différentes ne vienne pas faire la campagne à nos côtés", a-t-il ajouté.

Un peu plus tôt, l'équipe de campagne de Benoît Hamon avait estimé que "la seule exigence si l'on gagne, c'est la loyauté", jugeant que "ne pas nuire à un candidat, cela peut suffire".

Partager cet article

Dans la même thématique

Photo illustration d un titre de voyage pour refugie
6min

Politique

Droit d’asile : un rapport sénatorial alerte sur son coût et son utilisation détournée en « voie d’immigration comme les autres »

Dans un rapport présenté le 9 juillet, la sénatrice LR Marie-Carole Ciuntu chiffre à près de 2 milliards le coût annuel de la politique française de droit d’asile. Dénonçant un dispositif « dévoyé », détourné pour s’installer durablement sur le territoire, elle appelle à mieux suivre les déboutés de l’asile et à réduire de plus de moitié la durée de validité des titres des réfugiés.

Le

French Prime Minister Sébastien Lecornu Chairs Crisis Cell in Marseille Over Heatwave
6min

Politique

« La chaleur monte encore d’un cran » : la canicule inquiète l’exécutif, entre feux de forêt record et passages aux urgences en hausse

Pour la première fois, le gouvernement a déployé ce vendredi le plan Orsec de lutte contre les catastrophes et accidents pour faire face aux chaleurs extrêmes dans les départements en vigilance rouge canicule. Les températures vont encore grimper ce week-end, renforçant les inquiétudes sur les fronts de l’hôpital et des feux de forêt.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
9min

Politique

Présidentielle 2027 : le PS enterre la primaire ouverte et fragilise Olivier Faure

Après avoir été mis en minorité par les députés socialistes sur la stratégie à adopter lors de la motion de censure déposée par les Écologistes en pleine canicule, Olivier Faure a essuyé un deuxième revers, cette fois devant les militants de son propre parti. En rejetant sa proposition de primaire ouverte, le PS fragilise son premier secrétaire et ouvre une nouvelle phase de la course à la présidentielle. Au centre de toutes les interrogations désormais, la place que choisira d’occuper Raphaël Glucksmann.

Le

Paris: Debat reforme des retraites au Senat
5min

Politique

Sénatoriales : Guillaume Gontard va quitter la présidence du groupe écologiste, après six années passées à sa tête

Après le prochain renouvellement sénatorial du 27 septembre prochain, Guillaume Gontard quittera la présidence du groupe écologiste qu'il occupe depuis 6 ans. L'élu de l'Isère n'est pas renouvelable, mais a décidé de passer la main à la rentrée prochaine. Il se dit fier du travail accompli et « d'avoir pu instaurer une parole écologiste qui compte » au sein de la Haute Assemblée.

Le