Des élus des Outre-mer appellent à voter pour Emmanuel Macron
Le président de l’intergroupe parlementaire des Outre-mer, Georges Patient, a appelé à voter pour Emmanuel Macron, dans des départements où la candidate du Front national est arrivée en tête.

Des élus des Outre-mer appellent à voter pour Emmanuel Macron

Le président de l’intergroupe parlementaire des Outre-mer, Georges Patient, a appelé à voter pour Emmanuel Macron, dans des départements où la candidate du Front national est arrivée en tête.
Public Sénat

Par Pierre de Boissieu

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« En face, nous risquons d’avoir, comme présidente, une candidate qui prône l’isolationnisme (..), alors que tous nos territoires parlent de plus en plus d'émancipation dans leur environnement régional » a expliqué, lors d’un point presse, le président de l’intergroupe parlementaire des Outre-mer et sénateur socialiste de la Guyane, Georges Patient.

Au premier tour de l’élection présidentielle, Marine Le Pen a obtenu 177 627 voix dans l’ensemble de l’Outre-mer, arrivant ainsi en tête avec 21,9 % des suffrages, contre 7,38 % en 2012. L’abstention reste cependant la grande gagnante du premier tour, puisqu’elle atteint 53 % dans les Outre-mer, soit 31,7 points de plus que la moyenne nationale de 21,3 %.

L’intergroupe parlementaire des Outre-mer regroupe les représentants nationaux et européens des Outre-mer, sans distinction de parti politique. Face à ce qu’il perçoit comme un danger, en leur nom, Georges Patient a appelé à voter pour Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle : « je lance un appel solennel à toute la population des Outre-mer pour un vote massif pour Emmanuel Macron » a-t-il déclaré à la presse.

Il a précisé que « c’est d’abord à titre personnel que je fais cette déclaration », assurant que « les autres parlementaires m’ont donné un blanc seing. » « Je n’ai pas pu contacter chacun des cinquante-trois parlementaires d’Outre-mer, mais beaucoup d’entre eux », s’est-il justifié.

Georges Patient : « Une très grande majorité de parlementaires ultramarins va appeler à voter Emmanuel Macron. »
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Par ailleurs, pour le député Thierry Robert, soutien d’Emmanuel Macron, présent à la conférence de presse, « il ne faut pas s’enfermer dans un vote contestataire », voyant dans le projet de « moralisation de la vie politique et publique porté par le candidat d’En Marche ! un thème qui va convaincre. »

« Il y a quelque temps, Marine Le Pen n’aurait pas osé venir en Guyane »

« Nous avons pu être surpris par l’accueil reçu par la présidente du Front national lors de son déplacement en Guyane en décembre 2016 : en dépit de quelques manifestations lors de son arrivée, son séjour s’est passé sans problème » raconte Georges Patient, attirant l’attention sur le fait que la candidate du Front national « a même été bien reçue sur les marchés. » « Il y a quelques temps encore, Marine Le Pen n’aurait pas osé venir en Guyane » a rappelé Georges Patient.

La candidate du Front national est arrivée deuxième dans cinq départements, avec 24,30 % en Guyane, 18,16 % à Saint-Pierre-et-Miquelon, 23,46 % à la Réunion et 27,19 % à Mayotte. C’est en Nouvelle Calédonie que Marine Le Pen a obtenu son meilleur score, en recueillant près de 30 % des suffrages (29,09 % des voix).

Gilbert Collard, proche de Marine Le Pen, s’est ainsi félicité de ce score : « de tous les résultats, c’est celui qui nous fait le plus plaisir », soulignant que les ultramarins « vivent dans leur chair les problèmes que nous évoquons au Front national. »

Gilbert Collard : « de tous les résultats, celui des Outre-mers nous fait le plus plaisir. »
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Une insécurité qui a explosé dans les Outre-mer

« Si l’on prend le cas de la Guyane, 40 % de la population sont des étrangers » a expliqué Georges Patient, ce qui est dû principalement à une immigration illégale clandestine importante. « La majorité des prisonniers en Guyane sont des étrangers. L’insécurité est très présente dans le territoire, ce qui explique la naissance du groupe des “500 frères” dans le département » a-t-il déploré.

Le député de La Réunion, Thierry Robert, soutien d’Emmanuel Macron, a rappelé que « 40 % de la population à la Réunion vivent en dessous du seuil de pauvreté », concluant que « ces gens sont des cibles de choix pour le Front national. »

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