Zizanie à l'Assemblée nationale: les pistes de nouvelles économies pour l'institution, lancées par le premier questeur LREM, hérissent plusieurs...
Des étincelles à l’Assemblée nationale autour de nouvelles pistes d’économies
Zizanie à l'Assemblée nationale: les pistes de nouvelles économies pour l'institution, lancées par le premier questeur LREM, hérissent plusieurs...
Par Anne Pascale REBOUL
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Zizanie à l'Assemblée nationale: les pistes de nouvelles économies pour l'institution, lancées par le premier questeur LREM, hérissent plusieurs groupes politiques et jusque dans la majorité.
C'est l'entretien de Florian Bachelier au Journal du Dimanche qui a fait des vagues. Ce député d'Ille-et-Vilaine, qui tient les cordons de la bourse de l'institution avec deux autres questeurs, a affirmé que "l’Assemblée nationale doit commencer par devenir exemplaire" et qu'il faut "en finir avec des dépenses injustifiables aux yeux des Français".
Cet ex-patron de cabinet d'avocats de 38 ans, élu pour la première fois, a suggéré 1 million d'euros d'économies cette année, 10 millions en 2018, 15 millions par an jusqu'en 2022.
Le budget de l'institution est gelé à 500 millions d'euros depuis la précédente législature sous la présidence de Claude Bartolone (PS).
Florian Bachelier a préconisé notamment de remettre en cause le rachat par l'Assemblée et l'aménagement programmé d'un bâtiment dans le VIIe arrondissement, l'Hôtel de Broglie, pour faire 100 millions d'euros d'économies, afin d'anticiper la réduction du nombre de députés. Relayant des demandes de parlementaires, il a suggéré aussi que les députés puissent être logés via "Airbnb ou la colocation" plutôt qu'à l'hôtel ou dans leurs bureaux pour les nuits.
Plusieurs députés n'ont pas caché leur irritation.
Allié de la majorité, le président des députés MoDem Marc Fesneau a alerté contre une forme de "démagogie", appelant à regarder "les moyens de l'Assemblée mais aussi d'exercice du mandat". Pas question de "s'autoflageller en permanence en s'excusant des moyens de la démocratie", selon lui.
"On n’a pas attendu l’arrivée d’Emmanuel Macron (...), des collègues députés En Marche, pour avoir une conception vertueuse de la dépense de l'argent public", a clamé sur LCP Annie Genevard, vice-présidente (LR) de l'Assemblée.
"Attention à ne pas faire croire que l'exercice du travail parlementaire n'aurait aucun coût", a prévenu une porte-parole des socialistes, Ericka Bareigts.
- "Poujado" -
Le député Thierry Solere à Paris le 17 octobre 2017
AFP/Archives
Défendant mardi les mêmes économies que Florian Bachelier, le Constructif Thierry Solère (ex-LR), autre questeur avec Lauriane Rossi (LREM), s'est attiré des critiques jusque dans son groupe. Pourquoi ne pas supprimer les "appartements luxueux des questeurs"? a grincé Yannick Favennec (UDI) sur Twitter.
A qui le tour de "contredire ou affaiblir le President sur le fonctionnement" de l'Assemblée, s'est demandé Luc Carvounas (PS) sur Twitter.
La communication de Florian Bachelier est en effet venue heurter la méthode des sept groupes de travail transpartisans installés depuis la rentrée par François de Rugy, en vue de réformes de fond. L'un porte sur les "moyens", un autre sur "les conditions de travail", et une consultation citoyenne est lancée.
Le titulaire du "perchoir" (ex-écologiste devenu LREM) juge aussi le Parlement pas "surdoté" comparé aux autres démocraties, et que "la démocratie a un coût".
Florian Bachelier, qui affirme avoir mené une "concertation" large, a présenté mardi matin ses objectifs d'économies en réunion des députés LREM, en présence de François de Rugy... et sans escarmouche. Une récente proposition du questeur avait cependant pu apparaître provocatrice: supprimer les avantages des ex-présidents de l'Assemblée pendant dix ans (voiture avec chauffeur, bureau, secrétariat).
François de Rugy a eu l'occasion ces derniers jours de rappeler à M. Bachelier les règles et rôles de chacun, selon des sources concordantes.
S'il "n'y a pas de sujet tabou", il n'y a "pas de plan d'économies à l'ordre du jour", notamment mercredi en bureau de l'Assemblée, plus haute instance collégiale, selon la présidence. Et pour 2018, la dotation demandée à l’Etat est au niveau de 2017 - décision actée dès juillet.
La présidence insiste aussi sur le caractère collectif des décisions, "pas le président de l'Assemblée seul ni les seuls questeurs".
Avec François de Rugy, "on partage le même chantier, la transformation profonde de l'Assemblée" et "on va dans le même sens", a tempéré Florian Bachelier devant la presse. En soutien, son président de groupe Richard Ferrand, un proche, n'a pas senti de "divergence particulière" entre les deux hommes.
En coulisses, quelques voix dans la majorité épinglent un questeur "Poujado" ou qui "cherche la lumière".
La commission des lois du Sénat pourrait prochainement se doter des prérogatives d’une commission d’enquête afin de faire la lumière sur les dysfonctionnements révélés par l’affaire Lyhanna. Selon les informations recueillies par Public Sénat, la présidente de la commission, Muriel Jourda, devrait proposer dès mercredi 10 juin à ses collègues d’engager cette démarche
Auditionné par la commission des lois du Sénat, sur les défaillances qui ont conduit à l’affaire Lyhanna, Gérald Darmanin a évoqué l’idée de revenir sur l’interdiction pour le garde des Sceaux de donner des instructions dans les affaires individuelles. Une possibilité qui existait jusqu’en 2013, avant la réforme sur l’indépendance du parquet.
Après avoir réuni plusieurs ministres ce mardi matin dans le sillage de l’affaire Lyhanna, Sébastien Lecornu veut renforcer les peines pour les violeurs en série et imposer un délai d’enquête de trois mois lorsque l’auteur d’un crime sur enfant est identifié. Deux mesures, parmi d’autres, qui seront intégrées dans le projet de loi sur la protection des enfants.
Après l’audition du ministre de la Justice et du ministre de l’Intérieur sur les défaillances qui ont conduit à l’affaire Lyhanna, la présidente de la commission des lois du Sénat, Muriel Jourda (LR) évoque la possibilité « d’un problème structurel » dans le fonctionnement du service public de la justice. Elle préconise d’attendre le passage en revue des 70 000 plaintes pour crime et délit concernant des enfants d’ici la fin du mois de juillet, pour se prononcer.