Des fraudes pendant le Congrès LR qui a désigné Valérie Pécresse ? « C’est absolument marginal », balaye Aurélien Pradié
Invité de Public Sénat, le numéro 2 des Républicains, Aurélien Pradié, a tenu à minimiser les accusations de fraudes qui pèsent sur le congrès organisé par le parti en décembre dernier, et qui a vu Valérie Pécresse décrocher l’investiture pour la présidentielle. Le député confirme l’intention de LR de porter plainte contre le journal Libération, à l’origine de ces révélations.

Des fraudes pendant le Congrès LR qui a désigné Valérie Pécresse ? « C’est absolument marginal », balaye Aurélien Pradié

Invité de Public Sénat, le numéro 2 des Républicains, Aurélien Pradié, a tenu à minimiser les accusations de fraudes qui pèsent sur le congrès organisé par le parti en décembre dernier, et qui a vu Valérie Pécresse décrocher l’investiture pour la présidentielle. Le député confirme l’intention de LR de porter plainte contre le journal Libération, à l’origine de ces révélations.
Romain David

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C’est une polémique qui tombe au pire moment pour Valérie Pécresse. Alors que la candidate s’affaisse dans les sondages et peine à trouver un second souffle pour relancer sa campagne, une enquête du journal Libération fait état de « manœuvres frauduleuses » autour du congrès LR de décembre, qui a vu la présidente de l’Île-de-France décrocher l’investiture du parti. Selon le quotidien, qui a pu avoir accès au fichier des encartés, des « adhérents fictifs, décédés ou ayant suivi des consignes, et même un chien » ont été inscrits pour voter.

« Ça commence à bien faire et à me fatiguer ! Ce vote du Congrès, cette organisation ont été exemplaires ! », a vivement réagi Aurélien Pradié, le secrétaire général des Républicains, jeudi sur le plateau de « Bonjour chez Vous », la matinale de Public Sénat. « Le chien dont on parle n’a pas voté. On a nettoyé les listes électorales avant même qu’il y ait une opération de vote. Je le dis parce que j’étais dans la machine avec Christian Jacob, le président des Républicains, qui a été d’une attention extrêmement forte sur le processus électoral », poursuit notre invité.

« On a supprimé près de 9 000 personnes » des listes

« On a mis en place des processus de sécurité », assure Aurélien Pradié. « Nous avions des doublons, des personnes qui avaient donné plus de dix fois le même numéro de téléphone, d’autres qui n’avaient pas donné d’adresse, de mail, de numéro de portable… On a supprimé près de 9 000 personnes », explique-t-il. Le député LR accuse Libération d’opérer une confusion entre deux documents. « Entre ceux qui avaient adhéré - c’est la liste qu’a eue Libération -, et ceux qui ont voté, ils font une erreur fondamentale. Ils confondent la liste avant nettoyage et la liste après nettoyage », plaide Aurélien Pradié.

« Vous trouverez peut-être un ou deux types qui se sont amusés. Mais sur le volume global de votants, cela ne change rien », estime encore l’élu. Il y a donc pu avoir des fraudes ? « C’est absolument marginal », répond-il.

De son côté, Libération estime à « plusieurs centaines de votants » le nombre d’inscriptions problématiques sur un corps électoral de 148 862 membres, selon le chiffre donné par LR mi-novembre. Le rapport de force peut sembler dérisoire, mais rappelons qu’au premier tour, les quatre candidats en tête sur les cinq participants à la primaire se trouvaient dans un mouchoir de poche. Ainsi, seulement 656 voix séparaient Éric Ciotti, arrivé premier, de Valérie Pécresse. « Entre le lauréat du premier tour, Éric Ciotti, et le quatrième, Bertrand, le nombre de voix ne représente que 2,5 % des inscrits », souligne Libération. Deux jours plus tard, l’ancienne ministre de l’Enseignement supérieur l’emportait toutefois avec plus de 24 500 voix d’avance sur le Niçois (61 % contre 39 %). « Tous les candidats ont accepté le résultat », insiste Aurélien Pradié.

» Lire notre article - Soupçons de fraudes au Congrès LR : « C’est faux ! Il y a eu des contrôles extrêmement minutieux », conteste Philippe Bas

Une plainte contre Libération

Ce qui me stupéfait depuis plusieurs semaines, c’est le déversement de boue sur Valérie Pécresse, tout cela pour l’affaiblir, de manière minutieuse et indigne », poursuit celui qui est également le porte-parole de la candidate. Il annonce également une action en justice contre Libération « qui a volé des listes auxquels ils ne devaient pas avoir accès. Il y a des règles dans ce pays, la liste des adhérents est une liste protégée », s’agace l’élu. « Le parti va porter plainte pour diffamation, et parce que l’on veut savoir comment des journalistes ont pu se procurer des listes confidentielles. »

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