Des marcheurs entament une procédure de médiation avec la direction du parti
Un collectif revendiquant plusieurs milliers de marcheurs a initié une procédure de médiation à l'amiable avec la direction de la...

Des marcheurs entament une procédure de médiation avec la direction du parti

Un collectif revendiquant plusieurs milliers de marcheurs a initié une procédure de médiation à l'amiable avec la direction de la...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Un collectif revendiquant plusieurs milliers de marcheurs a initié une procédure de médiation à l'amiable avec la direction de la République en marche pour régler un "problème de fond" d'absence de démocratie interne que les nouveaux statuts en cours de validation risquent selon eux d'aggraver.

"C'est un parti qui a annoncé clairement qu'il serait différent, avec de la démocratie participative, des idées nées de la base et là, c'est une pyramide coupée de sa base, il n'y a plus qu'une tête", s'est indignée mercredi Tiphaine Beaulieu, présidente de la Confédération des marcheurs de la République, association issue du collectif des "Marcheurs en colère" créé mi-mai.

Lors d'une conférence de presse, elle a regretté que la direction du parti n'ait pour l'instant proposé qu'"une médiation par mail". "A En Marche, vous avez un problème technique, il y a un mail tech@en-marche.fr, besoin d'aide, un mail aide@en-marche.fr, un problème avec un voisin, voisin@en-marche.fr", a-t-elle ironisé.

Concrètement, l'association a pris contact avec un organisme externe et professionnel de médiation à l'amiable. "Une lettre doit être envoyée à En Marche dans la semaine. Après, ils ont quinze jours pour répondre, sinon, on part au contentieux", a-t-elle détaillé.

Au total, a-t-elle précisé, la confédération dispose de "534 témoignages" de "dérives" émanant du terrain. Elle cite des "conflits d'intérêt", des "jeux corporatistes", le cas d'"un candidat à la députation qu'on n'a jamais vu, qui ne connaît pas les enjeux territoriaux et dont la suppléante est une amie de sa femme".

Dans ce contexte, l'association souhaite rediscuter les statuts qui sont actuellement en cours de validation par les adhérents et en vertu desquels ces derniers confèrent le pouvoir de décision à un conseil composé pour un quart de militants tirés au sort et aux trois quarts d'élus et députés.

Assurant attendre de "recevoir le courrier" pour réagir sur la demande de médiation externe, le mouvement d'Emmanuel Macron a protesté au contraire de la réalité de la démocratie interne dans le parti. "Nous avons toujours défendu la liberté de chacun de pouvoir s'exprimer, nous avons effectué de nombreuses consultations, comme celle en cours sur les statuts, et nous avons reçu les différents collectifs qui se sont formés", a assuré une porte-parole de la REM à l'AFP

Elle a rappelé que le parti disposait d'une "cellule de médiation", l'adresse mail médiation@en-marche.fr, à laquelle le collectif des Marcheurs en colère a refusé d'adresser les cas litigieux en sa possession.

"Il ne faut pas confondre ce que certains appellent un manque de démocratie et des désaccords politiques qui sont inhérents à la vie d'un mouvement politique", a-t-elle poursuivi.

Le collectif a en effet été reçu le 11 juillet par des représentants du parti mais, a expliqué Mme Beaulieu, "il faut qu'ils se rendent compte qu'un parti politique ne peut pas être incarné qu'avec des mails".

"En Marche n'est pas seulement le bébé de Macron, les marcheurs se sont appropriés la démarche" or, quelques mois plus tard, elle constate "une sorte de confiscation, de mépris". "Que deviendra un mouvement politique sans militants?" s'inquiète-t-elle.

Partager cet article

Dans la même thématique

Clashes During Paris Austerity Protests
6min

Politique

Après les pillages du 17 octobre, faut-il couper les réseaux sociaux ?

Gabriel Attal relance l’idée d’un blocage temporaire des plateformes dans les zones touchées par les violences, après le chao du week-end. Elles facilitent les rassemblements et démultiplient les images de casse, mais leur rôle dépasse la seule organisation des émeutes.

Le

Paris France Protests
9min

Politique

Violences du 17 octobre : pourquoi l’état d’urgence est écarté par le gouvernement ?

Après un week-end marqué par des scènes de chaos et de pillages dans plusieurs villes, l’exécutif exclut pour le moment le recours à l’état d’urgence, préférant la mise en place de « couvre-feux localisés ». De quels moyens dispose l’exécutif pour rétablir l’ordre ? Inventaire de la boîte à outils sécuritaire dont dispose le gouvernement pour rétablir l’ordre.

Le

NORD – RASSEMBLEMENT MAIRIE
3min

Politique

Après les violences du 17 octobre, les maires font front devant leurs mairies

Au lendemain d’une mobilisation contre la vie chère qui a dégénéré en pillages et en assauts contre des hôtels de ville, l’Association des maires de France (AMF) appelle à un rassemblement ce lundi 19 octobre, à partir de midi. Les maires de Paris, Lyon et Marseille seront reçus par Sébastien Lecornu, à leur demande.

Le

France: Emmanuel MACRON Addresses The French People After Violent Protests
6min

Politique

Violences du 17 octobre : Macron exprime sa « colère » et sa « honte » et promet « toute la transparence »

Au lendemain des pillages et des dégradations qui ont frappé plusieurs villes françaises, le chef de l’État a promis de tirer « toutes les leçons » de la journée du 17 octobre. Face aux appels de la droite à décréter l’état d’urgence, il a privilégié le renforcement des mesures de protection et tenté de dissocier les violences des revendications contre la vie chère.

Le