Des parlementaires accusent Macron de vouloir être un « président-Premier ministre »
Des parlementaires de droite comme de gauche ont critiqué mardi la proposition d'Emmanuel Macron d'amender la Constitution pour...

Des parlementaires accusent Macron de vouloir être un « président-Premier ministre »

Des parlementaires de droite comme de gauche ont critiqué mardi la proposition d'Emmanuel Macron d'amender la Constitution pour...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Des parlementaires de droite comme de gauche ont critiqué mardi la proposition d'Emmanuel Macron d'amender la Constitution pour lui permettre d'écouter et de répondre aux parlementaires lors des Congrès, l'accusant de vouloir être un "président-Premier ministre".

"C'est une proposition parfaitement fantaisiste, tout simplement parce qu'elle touche à l'ADN, au coeur de l'équilibre des institutions de la Ve République", a dénoncé le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau sur Europe 1.

"C'est une sortie de régime (...) , il ne se contente plus d'être un président monarque, il veut cumuler et être un président-Premier ministre", a renchéri le sénateur.

Devant le Congrès réuni à Versailles lundi, Emmanuel Macron a annoncé qu'un amendement serait déposé cette semaine au projet de loi constitutionnelle, pour lui permettre de rester écouter et de répondre aux parlementaires lors des Congrès.

"Victoire! Macron s'incline. La prochaine fois, il devra écouter et répondre. Victoirissime", s'est alors réjoui sur Twitter le chef de file des députés La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, dont le groupe avait boycotté le Congrès, invoquant notamment l'impossibilité de répondre au chef de l'Etat.

"Il y a un côté très amateur dans tout ça, on ne peut pas tout faire comme ça à la va-vite", a fustigé mardi sur LCP le député PS Stéphane Le Foll, jugeant que cette révision participait de la disparition du rôle du Premier ministre. "Il y a une affirmation d'un pouvoir plébiscitaire d'Emmanuel Macron, qu'il va chercher, qu'il veut, mais qui est un problème démocratique".

"Une Constitution ça n'est pas fait pour répondre du tac au tac à M. Mélenchon", a tancé Bruno Retailleau.

Interrogé sur France 2 mardi, le Premier ministre Édouard Philippe a lui assuré qu'il prenait "très bien" la proposition.

"Ce que je trouve amusant si j'ose dire, c'est que lorsque le président de la République respecte scrupuleusement la Constitution (...) on le critique", et "quand il propose de la modifier (...) on dit +oh la la+. On peut pas tout avoir", a-t-il dénoncé, assurant que cela ne modifierait pas "le fonctionnement institutionnel qui fait que le Premier ministre est là pour mettre en oeuvre la politique définie par le Président".

Quant à Richard Ferrand, chef de file des députés LREM, qui s'était opposé à un amendement similaire déposé par l'opposition, il a rappelé sur France Inter que "le gouvernement (...) est responsable devant le Parlement", pas "le président de la République".

"Il faut sans doute trouver une manière d'organiser la réponse de l’exécutif qui prenne acte de ce que les responsables parlementaires lui auront dit. Selon quelles modalités? Nous allons en discuter", a-t-il ajouté, alors que s'ouvrent à l'Assemblée les débats sur la réforme des institutions.

Partager cet article

Dans la même thématique

Des parlementaires accusent Macron de vouloir être un « président-Premier ministre »
8min

Politique

François-Xavier Bellamy : "Rétablir [des relations normales] avec le régime de Poutine serait une forme de trahison"

Au sortir d'un été marqué notamment par une intensification du conflit entre la Russie et l'Ukraine, et une crise migratoire dans l'enclave espagnole de Ceuta, François-Xavier Bellamy, vice-président des Républicains et du groupe du PPE au Parlement européen, est l'invité de Caroline de Camaret dans Ici l’Europe sur France24, LCP et Public Sénat.

Le

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027
7min

Politique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027

Les groupes engagés dans l’ancien socle commun attendent que le gouvernement sorte du bois, s’agissant des pistes pour les prochains textes budgétaires. Cette année, ils n’ont pas adressé de propositions précises au gouvernement mais des grandes orientations, laissant à Matignon le point de départ des discussions. Alors que l’équation budgétaire se complique avec le ralentissement de la croissance, les rapporteurs généraux craignent le pire dans les prochains mois.

Le

Illustration in India.
2min

Politique

Cabinet de conseils : le parquet national financier annonce une saisie de 65 millions d’euros dans l’enquête pour fraude fiscale autour de McKinsey

Le parquet national financier a annoncé vendredi la saisie, avec la justice belge, d’une somme de 65 millions d’euros dans le cadre de l’enquête pour blanchiment aggravé de fraude fiscale autour du cabinet de conseil McKinsey. L’enquête avait été ouverte en mars 2022 dans le prolongement de la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017.

Le

FRA – GARCHES – HOPITAL RAYMOND-POINCARRE – PMR
6min

Politique

Fauteuils roulants, prestations sociales, école inclusive, accessibilité : quel est le bilan d’Emmanuel Macron en matière de handicap ?

Après deux quinquennats, la situation pour les personnes handicapées est mitigée. Des progrès sont là, avec le remboursement des fauteuils roulants, une hausse des aides sociales ou une présence accrue des élèves en situation de handicap à l’école. Mais les difficultés d’emploi, le manque de places dans le secteur médico-social ou des problèmes d’accessibilité rendent encore la vie des personnes handicapées difficile.

Le