Des scientifiques en danger accueillis en France
Vingt-cinq scientifiques de Syrie, de Turquie ou d'Irak vont pouvoir travailler en France, une nécessité pour que l'hexagone...

Des scientifiques en danger accueillis en France

Vingt-cinq scientifiques de Syrie, de Turquie ou d'Irak vont pouvoir travailler en France, une nécessité pour que l'hexagone...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Vingt-cinq scientifiques de Syrie, de Turquie ou d'Irak vont pouvoir travailler en France, une nécessité pour que l'hexagone demeure "une terre d'asile", a annoncé jeudi le Premier ministre Bernard Cazeneuve, s'en prenant aux positions des candidats François Fillon et Marine Le Pen en matière d'immigration.

"Nous sommes réunis ce matin par la conviction que la France ne saurait assister passivement à l’aggravation des menaces qui pèsent sur nombre de vos collègues étrangers", a indiqué le Premier ministre aux scientifiques réunis pour le lancement du Programme d'aide à l'Accueil en Urgence des Scientifiques en Exil (PAUSE).

"Le candidat de la droite (François Fillon) prétend établir des quotas d'immigration, en contradiction complète avec le principe du droit d’asile comme avec les obligations internationales que la France a contractées", a dénoncé Bernard Cazeneuve.

"Quant à la candidate du Front National (Marine Le Pen), elle soutient vouloir ramener les flux migratoires à un niveau si faible qu’il rendrait impossible non seulement le regroupement des familles et le respect du droit d’asile, mais aussi le recrutement des étudiants étrangers", a-t-il ajouté.

"En renonçant à attirer les cerveaux étrangers dans nos laboratoires, en se résignant à ce qu’ils aillent massivement alimenter la recherche aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne ou ailleurs, son projet consiste tout simplement à organiser le déclin scientifique de la France", a-t-il dénoncé.

Le programme PAUSE va permettre d’insérer au sein des établissements français des scientifiques en situation d'urgence, qui fuient les persécutions ou la guerre. Sur 55 dossiers déposés en 15 jours, 25 candidatures ont été retenues. Douze Syriens, 10 Turcs, un Irakien, un Algérien et un Yéménite vont être accueillis.

"Accueillir des étudiants et des chercheurs étrangers constitue une nécessité pour accroître le rayonnement scientifique, économique et technologique de notre pays" et pour "continuer à faire de la France un grand pays, une terre d'asile, un lieu de création, une puissance scientifique", a fait valoir M. Cazeneuve.

Un astrophysicien syrien de 45 ans, menacé dans son pays pour délit d'opinion, a rejoint un centre de recherche parisien. Une doctorante en sociologie irakienne va pouvoir achever sa thèse dans un laboratoire français et une Yéménite de 52 ans va être accueillie dans un laboratoire universitaire.

D'ici la fin de l'année, "on devrait être capable de soutenir 150/200 collègues", a précisé Alain Prochiantz, administrateur du Collège de France qui porte le programme.

Lancé par le secrétaire d’État à l'Enseignement supérieur et à la Recherche Thierry Mandon, le dispositif dispose d'une dotation gouvernementale d'un million d'euros mais recherche des partenariats avec les institutions publiques et privées.

Partager cet article

Dans la même thématique

Des scientifiques en danger accueillis en France
2min

Politique

Affaire Lyhanna : le groupe communiste demande une nouvelle fois la création d’une délégation des droits de l’enfant au Sénat

A la sortie des questions d’actualité au gouvernement, la présidente du groupe communiste du Sénat, Cécile Cukierman a indiqué qu’elle avait demandé au président du Sénat, Gérard Larcher, la création d’une délégation des droits de l’enfant au Sénat. Une demande rejetée à plusieurs reprises par la chambre haute ces dernières années.

Le

Des scientifiques en danger accueillis en France
3min

Politique

« Liste noire » dans l’Education nationale : « Aucun individu dangereux ne doit pouvoir mettre les pieds dans une école », défend le ministre

Le gouvernement souhaite lister dans un fichier les personnels licenciés par l’administration en raison de comportements inappropriés avec les mineurs, même sans décision de justice. « Ils ne pourront plus rentrer par la fenêtre quand on les a chassés par la porte », défend Édouard Geffray le ministre de l'Éducation nationale.

Le

Des scientifiques en danger accueillis en France
3min

Politique

Affaire Lyhanna : « Le viol est un problème d’hommes, le meurtre est un problème d’hommes », dénonce la sénatrice écologiste, Mélanie Vogel

Dans la foulée du meurtre de la jeune Lyhanna dans le Gers et de celle de Noahm à Metz sur fond d’homophobie, la sénatrice écologiste, Mélanie Vogel a livré un réquisitoire sévère contre « le système des violences masculines », lors des questions d’actualité au gouvernement du Sénat.

Le