Des sénateurs réclament un plan économique d’urgence pour les Outre-mer
Alors que la première phase de déconfinement est entamée, la délégation sénatoriale à l’Outre-mer formule 20 propositions au gouvernement. Ils espèrent notamment une adaptation des aides économiques aux spécificités des Outre-mer.

Des sénateurs réclament un plan économique d’urgence pour les Outre-mer

Alors que la première phase de déconfinement est entamée, la délégation sénatoriale à l’Outre-mer formule 20 propositions au gouvernement. Ils espèrent notamment une adaptation des aides économiques aux spécificités des Outre-mer.
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Par Alizé Boissin

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À l’exception de Mayotte et de la Guyane, la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19 semble contenue dans les Outre-mer. Pourtant, les sénateurs s’inquiètent d’un « effondrement » économique de ces territoires. À la suite d’une série d’auditions – dont celle d’Annick Girardin, ministre des outre-mer, qui a détaillé un plan de mesure pour sauvegarder les économies locales - la délégation sénatoriale aux outre-mer a remis au gouvernement des propositions pour soutenir ces économies.

Des critères d’éligibilités adaptés à l’entreprenariat ultramarin

Pour Stéphane Artano, rapporteur et sénateur de Saint-Pierre-et-Miquelon, « les mesures nationales d’urgence économique s’appliquent en principe dans les Outre‑mer. Cependant, les spécificités du tissu économique induisent un effet d’éviction de ces dispositifs pour une large partie de leurs entreprises. »

D’après la sénatrice Vivianne Artigalas, également rapporteure, les territoires d’Outre-mer comptent davantage de « petites entreprises sans salarié », qui n’ont donc pas accès au deuxième Fonds de solidarité proposé par le gouvernement.

En effet, sans compter la Guadeloupe, les territoires d’Outre-mer compte 70 à 75% d’entreprises unipersonnelles. Pour éviter que ces entrepreneurs ne se retrouvent « face à un mur de trésorerie », la sénatrice demande à l’État « d’élargir certains volets comme l’accès au fonds de solidarité pour les entreprises sans salarié. »

Accompagner les collectivités ultramarines

Les élus s’inquiètent aussi de l’état des finances locales. « Les collectivités ultramarines sont menacées d’une crise financière majeure en 2020 » alerte Nassimah Dindar, sénatrice de la Réunion. En effet, les recettes des collectivités ultramarines se caractérisent par « le poids de la fiscalité indirecte. »

Avec le confinement, les territoires ont observé une baisse des recettes de la taxe dite « d’octroi de mer », ou encore celle des taxes sur le carburant et sur le transport aérien et maritime. Au total, les collectivités ultramarines pourraient perdre jusqu’à 240 millions d’euros de recettes fiscales. Les sénateurs demandent alors à l’État de réviser les contrats de convergence établis entre l’État et les Outre-mer, ainsi qu’un plan de soutien exceptionnel pour compenser les pertes de recettes de ces territoires.

L’inquiétude des vacances

Enfin, le tourisme est l’autre point qui alarme les sénateurs de la délégation des outre-mer. Jeudi 14 mai, le Premier ministre a annoncé « un plan Marshall » pour ce secteur en indiquant que les Français pourraient partir en vacances en France en juillet et en août. Mais quid des Outre-mer ? Viviane Artigalas estime que « le plan tourisme du gouvernement doit absolument tenir compte de la problématique cruciale des transports aériens et de la fermeture des frontières internationales. »

La sénatrice n’imagine pas rendre visite à ses collègues ultramarins si « cela passe par une mise en quatorzaine une fois sur le territoire. » Elle espère plus de visibilité de la part du gouvernement sur la reprise du tourisme et la possibilité de se rendre en vacances en Outre-mer. Des indications qui doivent s’accompagner pour les sénateurs d’un plan d’aide pour les compagnies aériennes.

La reprise du tourisme est un enjeu très important pour les territoires ultramarins car il entretient le reste de « l’écosystème » économique. En effet, le secteur de l’économie informelle est largement en place. À Mayotte par exemple, les entreprises informelles représentent les deux tiers des entreprises marchandes, des entreprises exclues de facto du fonds de solidarité et du prêt garanti par l’État.

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