Des sénateurs réclament un plan économique d’urgence pour les Outre-mer
Alors que la première phase de déconfinement est entamée, la délégation sénatoriale à l’Outre-mer formule 20 propositions au gouvernement. Ils espèrent notamment une adaptation des aides économiques aux spécificités des Outre-mer.

Des sénateurs réclament un plan économique d’urgence pour les Outre-mer

Alors que la première phase de déconfinement est entamée, la délégation sénatoriale à l’Outre-mer formule 20 propositions au gouvernement. Ils espèrent notamment une adaptation des aides économiques aux spécificités des Outre-mer.
Public Sénat

Par Alizé Boissin

Temps de lecture :

4 min

Publié le

À l’exception de Mayotte et de la Guyane, la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19 semble contenue dans les Outre-mer. Pourtant, les sénateurs s’inquiètent d’un « effondrement » économique de ces territoires. À la suite d’une série d’auditions – dont celle d’Annick Girardin, ministre des outre-mer, qui a détaillé un plan de mesure pour sauvegarder les économies locales - la délégation sénatoriale aux outre-mer a remis au gouvernement des propositions pour soutenir ces économies.

Des critères d’éligibilités adaptés à l’entreprenariat ultramarin

Pour Stéphane Artano, rapporteur et sénateur de Saint-Pierre-et-Miquelon, « les mesures nationales d’urgence économique s’appliquent en principe dans les Outremer. Cependant, les spécificités du tissu économique induisent un effet d’éviction de ces dispositifs pour une large partie de leurs entreprises. »

D’après la sénatrice Vivianne Artigalas, également rapporteure, les territoires d’Outre-mer comptent davantage de « petites entreprises sans salarié », qui n’ont donc pas accès au deuxième Fonds de solidarité proposé par le gouvernement.

En effet, sans compter la Guadeloupe, les territoires d’Outre-mer compte 70 à 75% d’entreprises unipersonnelles. Pour éviter que ces entrepreneurs ne se retrouvent « face à un mur de trésorerie », la sénatrice demande à l’État « d’élargir certains volets comme l’accès au fonds de solidarité pour les entreprises sans salarié. »

Accompagner les collectivités ultramarines

Les élus s’inquiètent aussi de l’état des finances locales. « Les collectivités ultramarines sont menacées d’une crise financière majeure en 2020 » alerte Nassimah Dindar, sénatrice de la Réunion. En effet, les recettes des collectivités ultramarines se caractérisent par « le poids de la fiscalité indirecte. »

Avec le confinement, les territoires ont observé une baisse des recettes de la taxe dite « d’octroi de mer », ou encore celle des taxes sur le carburant et sur le transport aérien et maritime. Au total, les collectivités ultramarines pourraient perdre jusqu’à 240 millions d’euros de recettes fiscales. Les sénateurs demandent alors à l’État de réviser les contrats de convergence établis entre l’État et les Outre-mer, ainsi qu’un plan de soutien exceptionnel pour compenser les pertes de recettes de ces territoires.

L’inquiétude des vacances

Enfin, le tourisme est l’autre point qui alarme les sénateurs de la délégation des outre-mer. Jeudi 14 mai, le Premier ministre a annoncé « un plan Marshall » pour ce secteur en indiquant que les Français pourraient partir en vacances en France en juillet et en août. Mais quid des Outre-mer ? Viviane Artigalas estime que « le plan tourisme du gouvernement doit absolument tenir compte de la problématique cruciale des transports aériens et de la fermeture des frontières internationales. »

La sénatrice n’imagine pas rendre visite à ses collègues ultramarins si « cela passe par une mise en quatorzaine une fois sur le territoire. » Elle espère plus de visibilité de la part du gouvernement sur la reprise du tourisme et la possibilité de se rendre en vacances en Outre-mer. Des indications qui doivent s’accompagner pour les sénateurs d’un plan d’aide pour les compagnies aériennes.

La reprise du tourisme est un enjeu très important pour les territoires ultramarins car il entretient le reste de « l’écosystème » économique. En effet, le secteur de l’économie informelle est largement en place. À Mayotte par exemple, les entreprises informelles représentent les deux tiers des entreprises marchandes, des entreprises exclues de facto du fonds de solidarité et du prêt garanti par l’État.

Partager cet article

Dans la même thématique

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le

L’Assemblée nationale valide la suspension de la réforme des retraites
4min

Politique

Travail le 1er mai : après son rejet à l’Assemblée, le texte file en commission mixte paritaire où députés et sénateurs devront s’accorder

Les députes macronistes ont fait rejeter vendredi à l’Assemblée une proposition de loi sénatoriale qu’ils soutenaient visant à autoriser les salariés des boulangeries et fleuristes à travailler le 1er mai. Une manière de s’éviter des débats tendus face à une gauche vent debout contre la mesure. Les députés de la majorité espèrent s’accorder avec les sénateurs en commission mixte paritaire dans les prochains jours.

Le