Des sénateurs veulent réformer une chronologie des médias « obsolète »
La commission Culture du Sénat a proposé jeudi d'adapter la chronologie des médias, système qui encadre en France la diffusion...

Des sénateurs veulent réformer une chronologie des médias « obsolète »

La commission Culture du Sénat a proposé jeudi d'adapter la chronologie des médias, système qui encadre en France la diffusion...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La commission Culture du Sénat a proposé jeudi d'adapter la chronologie des médias, système qui encadre en France la diffusion des films en salle, à la télévision et sur internet, devenue selon elle "obsolète" face au piratage et aux plateformes numériques comme Netflix.

Des discussions ont lieu depuis plusieurs années entre les professionnels du secteur pour réformer ces règles, dont la dernière modification remonte à 2009, mais sans succès. La commission Culture propose donc, s'ils ne parviennent pas à conclure un accord d'ici à la fin de l'année, que la question soit tranchée en 2018 par une loi.

"Une réforme est devenue nécessaire" pour adapter aux nouveaux usages "une réglementation qui est devenue obsolète et inadaptée", a expliqué à la presse la présidente de la commission Catherine Morin-Desailly (Union centriste).

Il s'agit, plaide-t-elle, d'aider les acteurs français, comme Canal+, qui participent fortement au financement du cinéma, à mieux valoriser leurs contenus face aux plateformes numériques qui leur taillent des croupières.

Tout en maintenant le principe de segmenter la diffusion des oeuvres sur différents supports (au cinéma, en location, à la télévision, etc) durant des "fenêtres" (des durées) d'exclusivité successives bien déterminées, la commission propose une série d'"ajustements" dans l'idée de favoriser les offres légales et d'élargir l'accès du public aux oeuvres.

Ainsi, lorsqu'une oeuvre n'a pas trouvé de diffuseur dans une de ses fenêtres d'exploitation, les sénateurs proposent que la fenêtre suivante puisse s'ouvrir immédiatement.

Ce principe de "fenêtre glissante" permettrait par exemple aux films qui ne rencontrent pas le succès en salle, et sont très vites retirés des cinémas, d'être proposés sur internet sans attendre des mois.

Les sénateurs voudraient avancer à 3 mois après la sortie en salles la fenêtre d'exploitation des films en vidéo à la demande (en achat ou en location), contre 4 mois actuellement, et à six mois après leur sortie la diffusion sur la télévision payante, au lieu de 10 mois. Et une oeuvre pourrait être achetée ou louée à la demande pendant sa diffusion télé, ce qui n'est pas autorisé pour l'instant.

Quant aux plateformes de vidéo par abonnement, un secteur en pleine croissance et dominé par les géants américains (Netflix, Amazon...), elles doivent actuellement attendre 3 ans après la sortie en salle pour proposer un film à leurs abonnés.

C'est pour échapper à cette règle, très contraignante pour les opérateurs de vidéo par abonnement (puisqu'elle les prive de diffuser des films récents), que Netflix avait fait scandale à Cannes en refusant de diffuser en salles le film Okja qu'il avait lui-même produit et voulait fournir sans délai à ses abonnés.

Sur ce point, les sénateurs proposent un compromis, qui serait de raccourcir le délai pour les plateformes "vertueuses", c'est à dire les opérateurs qui participent au financement du cinéma et respectent les règles françaises et européennes.

Enfin, la commission Culture du Sénat préconise des mesures annexes pour aider les chaînes à valoriser leurs investissements dans la filière, comme l'introduction d'une troisième coupure publicitaire dans les films d'au moins 1H45 ou l'autorisation des publicités télévisées pour les films.

Autre idée, les chaînes pourraient diffuser des films toute la semaine, alors que cela leur est interdit certains jours.

Partager cet article

Dans la même thématique

Des sénateurs veulent réformer une chronologie des médias « obsolète »
2min

Politique

Municipales 2026 : « On ne peut pas critiquer la vie politique si on n’y participe pas », estime Albane Gély, primo-votante

Les élections municipales qui auront lieues le 15 et 22 mars prochains seront pour certains la première occasion de voter. Invitée dans l’émission Dialogue Citoyen, Albane, étudiante en droit et philosophie, témoigne de l’importance pour elle de voter, une exception chez les 18-25 ans qui n’étaient que 30% à s’être déplacés lors des dernières élections municipales. Une élection organisée juste avant la période de confinement.

Le

Des sénateurs veulent réformer une chronologie des médias « obsolète »
3min

Politique

Alain Duhamel : « Les Français sont dans un état de défiance que je trouve totalement disproportionné »

Il a connu Pompidou, interviewé Valéry Giscard d’Estaing, mis sur le grill François Mitterrand et, pour ainsi dire, vu naître politiquement tous les autres présidents de la Cinquième République. Voilà cinquante ans qu’Alain Duhamel ausculte la politique française avec une tempérance devenue sa marque de fabrique. La retraite ? Impensable pour l’éditorialiste qui publie Les Politiques, portraits et croquis (éditions de l’Observatoire) dans lequel sont scrutées 63 personnalités politiques avec beaucoup de franchise. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde un regard, il revient sur les souvenirs marquants de sa carrière et analyse le climat politique des dernières années.

Le

6min

Politique

Royaume-Uni : Keir Starmer face à « la défiance » de son propre camp, après de nouvelles révélations entre Jeffrey Epstein et l’ancien ambassadeur britannique à Washington

Le Premier ministre essuie les conséquences de sa décision de nommer Peter Mandelson en tant qu’ambassadeur à Washington en 2024, alors que ses liens avec Jeffrey Epstein étaient déjà connus. Après la publication de nouveaux fichiers sur le financier américain, la pression s’accentue contre Keir Starmer, déjà fragilisé depuis le début de son mandat.

Le

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?
8min

Politique

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?

Le ministère de l’Intérieur a déclenché les foudres des Insoumis en classant ce mouvement pour la première fois à l’extrême gauche, dans une circulaire adressée aux préfets en vue de la catégorisation des candidats et des listes. Ce n’est pas la première fois que la place Beauvau est critiquée pour ses choix.

Le