« Désaccord total » : Simeoni, reçu par Philippe et Larcher, appelle les Corses à se « mobiliser »
Le président du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, ressort très mécontent de ses entretiens avec le Premier ministre Édouard Philippe et le président du Sénat Gérard Larcher. « Cette discussion n’en est pas une, il n’y a pas lieu de la continuer », a-t-il déclaré à la sortie.

« Désaccord total » : Simeoni, reçu par Philippe et Larcher, appelle les Corses à se « mobiliser »

Le président du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, ressort très mécontent de ses entretiens avec le Premier ministre Édouard Philippe et le président du Sénat Gérard Larcher. « Cette discussion n’en est pas une, il n’y a pas lieu de la continuer », a-t-il déclaré à la sortie.
Public Sénat

Par Guillaume Jacquot (Images : Clément Perrouault et Oriane Mancini)

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Les deux hommes forts de la Collectivité de Corse ont terminé leur « prise de contact » à Paris avec le sentiment de ne pas avoir été entendus sur leurs revendications. Après avoir rencontré le Premier ministre Édouard Philippe lundi, Gilles Simeoni, le président du Conseil exécutif de Corse, et Jean-Guy Talamoni, le président de l'Assemblée de Corse, se sont entretenus ce mardi après-midi avec Gérard Larcher au Sénat, dans l’optique de la révision constitutionnelle. C’était la première fois qu’ils le rencontraient depuis leur victoire aux élections territoriales il y a trois semaines.

« Le compte n’y est pas. On est en train de nous demander d’aller à l’abattoir et de renoncer à tout ce qui fait le fondement même de notre engagement », a déploré à l’issue de l’entrevue Gilles Simeoni.

« Nous sommes ici pour parler de l’existence d’un peuple, de son droit à la vie, de son combat, de la reconnaissance de ses droits. Et on nous parle de technique, d’alignement sur le droit commun. Donc je crois que manifestement il y a un désaccord qui est profond, qui est total. »

Alors qu’Emmanuel Macron est attendu sur l’île le 6 février, le président du Conseil exécutif appelle ce mardi à « une très large mobilisation pacifique mais déterminée » des Corses.

Selon Gilles Simeoni, il n’y a « pas eu un mot » au cours des discussions sur la reconnaissance de la « dimension fondamentalement politique de la question corse ». Le dossier du « rapprochement des prisonniers politiques » détenus sur le continent n’a pas fait l’objet d’une référence « claire » et « explicite ». Enfin, Gilles Simeoni regrette que le gouvernement et le président du Sénat se « refusent » à prononcer le mot d’autonomie. « Cette discussion n’en est pas une. En conséquence, il n’y a pas en l’état de raisons de la continuer », a-t-il conclu.

Corse : « Cette discussion n’en est pas une. Pas de raisons de la continuer », déclare Simeoni
02:30
Images : Clément Perrouault et Oriane Mancini

« Pas d’espace constitutionnel pour la co-officialité »

Le président du Sénat a déclaré à notre micro que le débat devait se tenir dans le cadre de l’article 72 de la Constitution. « C’est autour de l’article 72 et uniquement de l’article 72, qu’il peut y avoir un débat, un dialogue, comme avec d’autres collectivités à statut particulier, qu’elles soient ultramarines ou en métropole. »

Gérard Larcher précise que le « droit à la différenciation » n’est pas contraire à une « République une et indivisible ». « Je l’ai dit dans mon discours le 17 juillet, à la Conférence nationale des territoires. D’ailleurs, M. Simeoni et M. Talamoni se souvenaient parfaitement de mon discours. Je ne peux pas être pris en défaut de désir de différenciation dans le cadre d’une République une et indivisible. »

Corse : « Il n’y a pas d’espace constitutionnel pour la co-officialité et pour le statut de résident », déclare Gérard Larcher
02:19
Images : Clément Perrouault et Oriane Mancini

Le président du Sénat s’est en revanche montré inflexible sur deux demandes historiques des nationalistes : la co-officialité de la langue corse avec le français, mais aussi le statut de résident, permettant de protéger les Corse de la spéculation immobiliaire.

« Il n’y a pas d’espace constitutionnel pour la co-officialité, sujet qu’on a peine abordé, et pour le statut de résident », a rappelé Gérard Larcher.

Ce matin encore, sur notre antenne, Jacqueline Gourault nous confiait que les discussions avec l’exécutif corse étaient « apaisées ».

Partager cet article

Dans la même thématique

LIEVIN : fete champetre du RN – RN party event « La fete champetre » in Lievin
7min

Politique

Procès en appel de Marine le Pen : relaxe, peine d’inéligibilité raccourcie, pourvoi en cassation… Quels cas de figure lui permettraient d’être candidate à la présidentielle ?

Dans quelques heures, Marine Le Pen sera fixée sur sa capacité à être une quatrième fois candidate à l’élection présidentielle. Comme en première instance, le parquet a requis, en appel, une peine de 5 ans d’inéligibilité dans l’affaire de détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires européens du FN. Dans ces conditions, y a-t-il toujours du suspense sur l’orientation de ce second jugement ?

Le

Edouard Philippe Holds A Politic Meeting
10min

Politique

Présidentielle : pour son premier meeting, Edouard Philippe joue la carte du bon père de famille qui veut préparer « l’avenir » de nos enfants

Devant environ 5.000 personnes, Edouard Philippe a réussi son pari de mobiliser pour son premier grand meeting de campagne. Montrant un peu plus de sa personne, le candidat entend « baisser les dépenses » et promet « des efforts justes », tout en récusant l’idée du « sang et de larmes ». Il veut entièrement « repenser » l’école, en donnant plus de liberté aux établissements et en réduisant les grandes vacances.

Le

Réduction de nombre de fonctionnaires : le virage à 180 degrés de Gabriel Attal
6min

Politique

Réduction de nombre de fonctionnaires : le virage à 180 degrés de Gabriel Attal

Le candidat de Renaissance à l’élection présidentielle joue cartes sur tables en dévoilant de premières propositions pour mettre fin à la dérive des comptes publics, citant par exemple la suppression de 100 000 postes de fonctionnaires, ce qu’il avait refusé trois ans et demi plus tôt au Sénat.

Le

CANIS LUPUS
10min

Politique

Gestion de l’eau, pesticides, prédation du loup… Ce que contient le projet de loi d’urgence agricole adopté par le Sénat

Le Sénat a adopté le projet de loi d'urgence agricole, après l’avoir profondément durci sous l’impulsion de sa majorité de droite et du centre. Le texte multiplie les concessions au monde agricole, de la réintroduction dérogatoire de certains pesticides au doublement des capacités de stockage en eau, ce que la gauche n’a pas manqué de dénoncer. Tour d’horizon des principales dispositions du texte.

Le