Après le départ du dernier généraliste en 2024, un collectif d’habitants se crée pour venir en aide aux familles, car lorsqu’ils recensent médecins et spécialistes qui consultent à moins d’une demi-heure de transport en commun, le constat est sans appel : « Sur le nombre de praticiens répertoriés, seulement deux acceptaient de prendre de nouveaux patients », se souvient Jean-Luc. L’ancien médecin anesthésiste à la retraite accompagné du collectif décident alors de créer une permanence de soins à la maison de quartier pour venir en aide à ceux qui parfois maîtrisent mal le français. Dans un deuxième temps, ils se mobilisent auprès des élus pour obtenir la création d’un centre de santé dans le quartier.
Après deux années de lutte sans répit pour le collectif d’habitants du quartier, la municipalité décide de budgéter des sommes pour ouvrir à terme ce centre de santé dans le quartier du Clos-Toreau, au sud de Nantes. Un projet qui n’était pas prévu au début du mandat.
Il existe des différences d’espérance de vie entre des départements
Interpellée par Jean-Luc, la sénatrice socialiste de Loire-Atlantique, Karine Daniel reconnaît « qu’il existe des différences d’espérance de vie entre les départements du fait du développement de déserts médicaux. » Avant de rappeler qu’il n’existe pas qu’un modèle de maison de santé duplicable partout sur le territoire. Une adaptation aux profils de la population et aux besoins locaux qui nécessite du temps.
Des maires vont jusqu’en Roumanie recruter de jeunes médecins
Pour Ludovic Haye, sénateur du groupe Union centriste du Haut-Rhin, le paradoxe est que la question « médicale n’est pas une compétence communale et pourtant, quand un cabinet médical ferme, la première personne qu’on va voir, c’est le Maire. »
Il salue l’action des élus qui se démènent pour faire face à ce problème de pénurie de soignants en citant cet exemple : « des maires vont jusqu’en Roumanie recruter des jeunes en sortie d’université pour pouvoir pallier l’absence de médecin »
Il précise qu’en Alsace, les services de santé doivent lutter contre deux fractures. La première est géographique : « être à trois quarts d’heure d’un hôpital ou d’une maternité avec des risques d’accouchements dans la voiture », la seconde, numérique : avec des prises de rendez-vous ou l’envoi de résultats qui se font via internet. Une situation compliquée pour les personnes qui n’y sont pas habituées.
La santé est d’abord une compétence de l’État
Pour David Margueritte, sénateur Les Républicains de la Manche, aucun territoire n’est épargné par l’inégalité d’accès aux soins. C’est une réalité pour les généralistes et plus encore pour les spécialistes. Il rappelle lui aussi que la santé est d’abord une compétence de l’État, que, selon lui, « les Français payent aujourd’hui collectivement les mauvaises décisions prises il y a plusieurs années, notamment autour du numerus clausus » (système mis en place pour réguler le nombre d’étudiants qui peuvent intégrer la deuxième année de médecine, ndlr) Il précise aussi que dans son département, la Manche, la solution pour pallier l’absence de médecin a été inaugurée il y a quelques semaines : « un camion va dans les villes et les villages pour apporter une solution d’urgence dans des territoires, ce « médicobus » va là où il n’existe aucune autre solution après le départ à la retraite du dernier médecin. »
Pour finir, Jean-Luc Landas, l’ancien anesthésiste, rappelle que si la solution du centre de santé n’est pas idéale, elle a l’avantage d’offrir de la proximité et un accueil aux habitants du quartier.
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