Déserts médicaux : la France a mal à sa santé
Le 4 juillet 2017, Édouard Philippe annonce devant l’Assemblée nationale les prochains objectifs du gouvernement en matière sanitaire. Le Premier Ministre a pointé du doigt l’urgence de combler les déserts médicaux en évoquant un plan de lutte contre la rigidité de certaines structures notamment par le recours à la télémédecine. La pénurie de médecins est l’un des enjeux du quinquennat car les généralistes ne cessent de se raréfier. Alors comment se traduisent les politiques publiques sur le terrain ? Où sont passés les médecins de l’hexagone ? Retour sur les disparités sanitaires sur le territoire.

Déserts médicaux : la France a mal à sa santé

Le 4 juillet 2017, Édouard Philippe annonce devant l’Assemblée nationale les prochains objectifs du gouvernement en matière sanitaire. Le Premier Ministre a pointé du doigt l’urgence de combler les déserts médicaux en évoquant un plan de lutte contre la rigidité de certaines structures notamment par le recours à la télémédecine. La pénurie de médecins est l’un des enjeux du quinquennat car les généralistes ne cessent de se raréfier. Alors comment se traduisent les politiques publiques sur le terrain ? Où sont passés les médecins de l’hexagone ? Retour sur les disparités sanitaires sur le territoire.
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Ces dernières années, près de 2,5 millions de Français vivaient dans un désert médical, soit un territoire où les médecins manquent cruellement. Cette carence en médecins généralistes entrave l’accès aux soins, droit pourtant fondamental dont doivent jouir les citoyens français. Le fait est qu’une fois partis à la retraite, les médecins de certains territoires ne sont pas remplacés. Mais comment inciter les jeunes générations de praticiens à s’installer dans ces zones « sous-médicalisées » comme en territoire rural où le coût de l’installation est pourtant moins élevé ? Nathalie Nieson, maire de Bourg-de-Péage dans la Drôme, propose de restreindre le nombre d’installations dans les endroits qui comptent déjà suffisamment de médecins. Faut-il alors revenir à l’idée soulevée par Hervé Maurey en 2013 dans un rapport sénatorial qui prévoyait de ne plus conventionner les médecins en zone « saturée » en personnels de santé pour que les jeunes générations aillent en zones déficitaires ? Faut-il augmenter le numerus clausus qui restreint le nombre d’étudiants en deuxième année ? Pour Claude Evin, ancien ministre de la Santé et ancien directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France, « ce n’est pas parce que nous formerons plus de médecins qu’ils s’installeront pour autant ». Ce dernier préconise la réorganisation de l’exercice aussi bien sur le plan personnel que professionnel. En effet, il faut que le médecin dispose d’un environnement de qualité avec l’accès à des services fondamentaux comme la scolarisation de ses enfants et qu’il soit suffisamment entouré par ses confrères pour appréhender des situations de plus en plus complexes.

Les jeunes médecins jettent la blouse ?

 Claude Evin précise qu’aujourd’hui « les patients sont plus lourds à domicile parce que les maladies sont davantage chroniques (diabète, cancer, maladie cardio-vasculaire etc.).

« Cela ne peut pas se traiter uniquement à l’hôpital. On a besoin de l’hôpital pour des épisodes très courts mais il faut une organisation en ville. Or, un médecin qui se trouve tout seul dans une situation complexe ne peut pas faire face ».

Marie-Laure Alby s’appuie sur son expérience personnelle pour souligner les difficultés rencontrées dans l’exercice de ses fonctions. Pour ce médecin généraliste à Paris, le téléphone est devenu un outil indispensable. Par ailleurs, cet instrument professionnel lui permet de rester en contact avec les infirmiers qui se déplacent à domicile et ainsi, de prendre davantage de patients en charge.

Finalement, selon Claude Evin, l’enjeu est de porter « un regard plus ciblé sur les territoires pour avoir des solutions adaptées à chacun d’entre eux ». À Paris, cet important désert médical, le premier obstacle à l’installation des praticiens est le coût foncier particulièrement élevé. En cela, Marie-Laure Alby engage le gouvernement à une réforme du modèle économique de la médecine. Mais si les propositions sont nombreuses, le problème des déserts médicaux reste complexe et paraît souvent insoluble.

Attendons désormais les solutions avancées récemment par le gouvernement pour que se soigner ne devienne jamais synonyme de se nier soi-même. À notre santé !

 

Retrouvez le débat sur les déserts médicaux dans l'émission Un monde en docs le samedi 8 juillet à 22h, le dimanche 9 juillet à 9h et le dimanche 16 juillet à 18h sur Public Sénat.

 

Pour aller plus loin :

 

  • La députée du coin de Nathalie NIESON, éd. du Seuil, 2016
  • Une ordonnance pour la France de Frédéric BIZARD, préface de Luc MONTAGNIER, éd. Thierry Souccar, 2012
  • Du désert mental au désert médical du Docteur André FOURNIER, éd. Les Sentiers du livre, 2016
  • Qui va nous soigner ? : La délicate relève des médecins généralistes de Paul GOUPIL, éd. Dialogues, 2016 
  • Numerus Clausus, pourquoi la France va manquer de médecins ? de Daniel WALLACH, éd. de Boeck, 2011

 

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