Déserts médicaux : « Les mesures coercitives ne sont pas bénéfiques » selon Savary
Le sénateur (LR) de la Marne René-Paul Savary a réagi dans Sénat 360 aux recommandations de la Cour des comptes sur l’encadrement de la médecine libérale. Pour ce médecin de profession, « il faut une envie d’installation ».

Déserts médicaux : « Les mesures coercitives ne sont pas bénéfiques » selon Savary

Le sénateur (LR) de la Marne René-Paul Savary a réagi dans Sénat 360 aux recommandations de la Cour des comptes sur l’encadrement de la médecine libérale. Pour ce médecin de profession, « il faut une envie d’installation ».
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Un rapport de la Cour des comptes sur l’avenir de l’Assurance maladie réclame plus de contraintes envers les médecins libéraux. Régulation des zones d’installation, plafonnement des dépassements d’honoraires, extension des horaires d’ouvertures : le texte de la rue de Cambon expose un certain nombre de pistes pour préserver les comptes de la Sécurité sociale.

Certaines de ces conclusions n’ont pas convaincu René-Paul Savary, sénateur (LR) et médecin de profession. « Je ne pense pas que les mesures coercitives soient bénéfiques à un moment où on manque de médecins. Ce sont des mesures que l’on peut éventuellement prendre quand il y a trop de médecins », a-t-il répondu à Public Sénat.

« Des bonnes idées qui se traduisent par des mauvaises solutions »

« Parfois des bonnes idées se traduisent par des mauvaises solutions », déclare-t-il à propos des mesures coercitives réclamées par certains de ses collègues au Sénat.

Lire aussi : Hervé Maurey veut réguler l’installation des médecins

Le cœur du problème tient avant tout à la démographie médicale, pour le sénateur, qui rappelle que les effets de la réforme du numerus clausus se feront sentir à partir de 2025. En attendant, ce sont des « solutions intermédiaires » qu’il faut trouver, selon lui, comme celle de médecins généralistes « nomades » (non-rattachés à un cabinet).

« Majoritairement, on est bien soigné en France »

René-Paul Savary fait également part de sa réserve sur l’encadrement des dépassements d’honoraires. « Il ne faut pas non plus que les meilleurs médecins partent à l’étranger parce qu’en France ils ne trouveraient pas la rémunération nécessaire », s’inquiète-t-il. Au contraire, il faut qu’il y ait une « envie d’installation », selon lui. « Majoritairement, on est bien soigné en France », et la rémunération « n’est pas non plus la préoccupation majeure de nos médecins », considère le sénateur de la Marne.

Quant au désengorgement des urgences dans les hôpitaux, le sénateur se dit favorable à « trouver une meilleure complémentarité » entre la médecine de ville et la médecine hospitalière. « Là, il y a de véritables choses à faire » pour que « la régulation marche mieux ».

Revoir : Débat de Sénat 360 – Déserts médicaux : un plan insuffisant ?

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le

Photo illustration d un titre de voyage pour refugie
6min

Politique

Droit d’asile : un rapport sénatorial alerte sur son coût et son utilisation détournée en « voie d’immigration comme les autres »

Dans un rapport présenté le 9 juillet, la sénatrice LR Marie-Carole Ciuntu chiffre à près de 2 milliards le coût annuel de la politique française de droit d’asile. Dénonçant un dispositif « dévoyé », détourné pour s’installer durablement sur le territoire, elle appelle à mieux suivre les déboutés de l’asile et à réduire de plus de moitié la durée de validité des titres des réfugiés.

Le