Désinfection des rues : « Il y a beaucoup de questions », reconnaît Élisabeth Borne devant les sénateurs
La ministre de la Transition écologique et solidaire, auditionnée par les sénateurs de la commission de l’Aménagement du territoire et du Développement durable, a admis que ces pratiques instaurées dans plusieurs villes pouvaient susciter de « l’inquiétude » chez les Français. Le gouvernement attend deux avis scientifiques.

Désinfection des rues : « Il y a beaucoup de questions », reconnaît Élisabeth Borne devant les sénateurs

La ministre de la Transition écologique et solidaire, auditionnée par les sénateurs de la commission de l’Aménagement du territoire et du Développement durable, a admis que ces pratiques instaurées dans plusieurs villes pouvaient susciter de « l’inquiétude » chez les Français. Le gouvernement attend deux avis scientifiques.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Ce sont des scènes que le monde a d’abord découvertes en Chine ou en Corée du Sud. La désinfection de l’espace public et du mobilier urbain, pour combattre le coronavirus, est désormais une réalité dans plusieurs villes françaises de la région Sud (Menton ou encore métropole d’Aix-Marseille-Provence), d’Ile-de-France (Suresnes) ou encore d’Occitanie (Montauban).

Partout, le même phénomène : le recours à de l’eau de javel pour lutter contre la propagation du Covid-19. Des membres de la commission de l’Aménagement du territoire et du Développement durable s’en sont émus auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, au cours d’une audition inédite organisée grâce à une visioconférence, ce jeudi 2 avril.

Le gouvernement attend des recommandations de la part de l’Anses

« L’efficacité est-elle prouvée ? Il me semble que l’impact sur l’environnement est évident puisque cette désinfection se fait à partir d’eau de javel. Cela se retrouvera dans nos ressources en eau, c’est-à-dire les nappes phréatiques et les rivières », s’est inquiétée la sénatrice socialiste du Lot, Angèle Préville. Élisabeth Borne a reconnu qu’il y avait « effectivement beaucoup de questions et de sollicitations sur l’opportunité de désinfection, dans l’espace public ou les établissements recevant du public ».

À la recherche de réponses, le gouvernement a d’ailleurs saisi le Haut Conseil de la santé publique mais aussi l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement). « Nous souhaitons nous fonder sur l’avis des scientifiques », a insisté la ministre. L’exécutif veut notamment vérifier que ces opérations sanitaires respectent bien les autorisations de mise sur le marché des produits utilisés. « Si c’est le cas, cela veut dire que l’efficacité des produits a été prouvée, et que l’impact sur l’environnement a été analysé », a développé la ministre.

La ministre insiste sur la nécessité de ne pas affecter les réseaux d’eau

Les deux avis attendus par le ministère « permettront de rappeler les produits à utiliser, pour qu’on agisse si c’est nécessaire, et qu’on agisse en utilisant les bons produits, et évidemment en ne créant par des difficultés sur un système d’eau et d’assainissement », a tranché Élisabeth Borne.

La ministre n’a cependant pas répondu sur l’ampleur de ce phénomène en France, ni sur un éventuel recensement des communes concernées. Certaines agences ont déjà exprimé publiquement des critiques. Selon Le Parisien, l’Agence régionale de santé (ARS) en Île-de-France qualifie l’aspersion de javel dans les rues d’ « inutile et dangereux ». Idem à Bordeaux, où l’ARS juge que ce nettoyage apporte plus de toxicité que de bénéfices.

Partager cet article

Dans la même thématique

Désinfection des rues : « Il y a beaucoup de questions », reconnaît Élisabeth Borne devant les sénateurs
3min

Politique

« On est en droit de se poser des questions sur l’état mental de Donald Trump », pour Michel Cymes

Doit-on connaitre l’état de santé de ceux qui nous dirigent ? Doit-on évaluer leur santé mentale ? À l’affiche d’une pièce de théâtre, Michel Cymes interroge sur scène la question du secret médical des présidents élus et des candidats à la fonction suprême. Comment s’assurer de leurs capacités mentales et physiques sans trahir le secret médical ? À quelques mois de la prochaine élection présidentielle, il répond aux questions de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard.

Le

Désinfection des rues : « Il y a beaucoup de questions », reconnaît Élisabeth Borne devant les sénateurs
4min

Politique

Au Sénat, l’acteur Bruno Solo appelle à la mobilisation face à la montée des masculinismes

Face à la menace grandissante des discours masculinistes, l’acteur Bruno Solo appelle les hommes à s'engager « concrètement » pour inverser la tendance. Lors d’une table ronde organisée au Sénat, plusieurs intervenants ont lancé l’alerte sur une jeunesse livrée à la misogynie en ligne, et rappellent l'urgence d'appliquer enfin l’arsenal législatif contre les violences sexistes et sexuelles.

Le

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Municipales 2026 : comment les résultats dessinent déjà la carte des sénatoriales de septembre

Le Sénat sera renouvelé de moitié en septembre prochain, un scrutin intimement lié à celui des municipales en raison de son corps électoral. Les nouveaux équilibres communaux permettent ainsi d’anticiper sur la future composition de la Chambre haute, entre la résistance de la droite, le recul redouté des socialistes et des écologistes, et les ambitions inédites du RN et de LFI. Décryptage.

Le

EDF Reseau de Transport Electricite de Nice
6min

Politique

Marché européen de l’électricité : sortie ou réforme ? Les paradoxes de la normalisation du RN

Alors que les marchés de l’énergie s’affolent, Jordan Bardella a été attaqué par Bruno Retailleau sur sa proposition de sortie du marché européen de l’électricité. Le président du Rassemblement national estime défendre une simple « remise en cause des règles de fixation du prix » sans sortir du marché, illustrant ainsi la stratégie « attrape-tout » du RN, cherchant à la fois à contenter le grand patronat et son électorat populaire.

Le