Destructions des radars : un manque à gagner pour le budget des transports
Au-delà de l’impact réel ou supposé de la destruction des radars sur la mortalité routière, la baisse des recettes des amendes déporte le problème sur le financement des infrastructures routières. Mais pour les sénateurs, l’argent des radars ne devrait pas servir à ça.

Destructions des radars : un manque à gagner pour le budget des transports

Au-delà de l’impact réel ou supposé de la destruction des radars sur la mortalité routière, la baisse des recettes des amendes déporte le problème sur le financement des infrastructures routières. Mais pour les sénateurs, l’argent des radars ne devrait pas servir à ça.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Christophe Castaner a évoqué, jeudi, « un lien direct » entre la hausse de la mortalité routière de ces deux derniers mois et la dégradation de 75% des radars routiers. Ces dégradations pourraient également avoir un autre impact sur les infrastructures de transports. En effet une partie des recettes des amendes est dirigée vers l’Afitf (l’agence de financement des infrastructures de transports).

En 2018, le manque à gagner lié à la destruction des radars s’élevait déjà à 209 millions. En 2019, il devrait atteindre 455 millions d’euros, soit 660 millions sur deux ans. Ce qui a fait dire à Gérald Darmanin le 20 février dernier devant les députés : « Il y a un problème très important pour le budget des transports ».

Pour les sénateurs qui viennent de terminer l’examen du projet de loi Mobilités (LOM), c’est un faux problème. « Les amendes ne sont pas faites pour remplir les caisses de l’État mais pour inciter les gens à avoir un comportement vertueux » rappelle le président centriste de la commission de l’aménagement des territoires du Sénat, Hervé Maurey.

Ce n’est que le 27 février, l’Afitf a voté son budget pour 2019. Une somme de 2,48 milliards, moins que les 2,68 milliards inscrits dans le projet de loi LOM voté par les sénateurs cette semaine. Toutefois le rapport de la Haute assemblée préconise une « sanctuarisation des ressources affectées à l’AFITF, dont le budget ne doit pas dépendre de ressources fluctuantes et imprévisibles comme le produit des amendes radars ».

Le Sénat demande l’affectation à l’Afitf « du produit de l’augmentation de 2 centimes d’euro par litre » de la taxe carbone (TICPE) pour les véhicules légers et de 4 centimes pour les poids lourds, comme prévu par la loi de finances 2014. Pour 2019, c’est 1,2 milliard en provenance de la TICPE dans les caisses de l’Afitf.

Les recettes des radars ne vont pas uniquement dans le budget des infrastructures de transports. Une partie est destinée aux collectivités locales, une autre au désendettement de l’État, et enfin à la sécurité routière. Comme l’explique, le journal Les Échos, l’État a déjà fait une croix sur 65 millions destinés au désendettement, quant à la sécurité routière et les collectivités locales les recettes ont été réduites respectivement de 57 et 60 millions.

Pour autant, la loi LOM fixe le budget alloué à l’Afitf à 2,98 milliards pour 2020. Le gouvernement va donc devoir trouver les 500 millions d’euros manquants. Comme nous l’expliquions, jeudi, le Sénat a déposé, cette semaine, plusieurs amendements instaurant de nouvelles redevances sur le transport routier. Aucun n’a été adopté, au grand dam d’Hervé Maurey. « Je voudrais juste dire que je regrette, Madame la ministre, que vous n’ayez pas été plus transparente sur les intentions du gouvernement. Dire qu’on attend la fin du grand débat pour dire comment on va trouver les 500 millions [manquants], je trouve que c’est un peu court. Ce n’est même pas très crédible. Je n’imagine pas un seul instant que vous n’ayez pas quelques idées. » a-t-il fait part à Élisabeth Borne.

Partager cet article

Dans la même thématique

Destructions des radars : un manque à gagner pour le budget des transports
3min

Politique

Crise pétrolière : « Avec le transport maritime à la voile on est à 1g de CO2 par tonne de matériel transporté au km » se réjouit cet entrepreneur

Alors que le détroit d’Ormuz est toujours bloqué, et que les prix des hydrocarbures sont toujours au plus haut, certaines solutions de transports maritimes, hier décriées, montrent tout leur intérêt. Avec un taux d’émission de gaz à effet de serre faible et une ressource inépuisable, le transport maritime à la voile développé par une jeune entreprise bretonne a tous les avantages, comme l’explique ce chef d’entreprise dans l’émission « dialogue citoyen » présentée par Quentin Calmet.

Le

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le