Les candidats à la primaire des Républicains se sont succédé, ce jeudi, lors des journées parlementaires des députés LR. Xavier Bertrand passera lui son grand oral ce vendredi. Accusé de jouer bande à part, la pression est clairement sur les épaules du président des Hauts-de-France pour qu’il rejoigne le processus de sélection.
Devant les députés LR, Barnier prêt à « être le capitaine », Pécresse veut « envoyer du rêve »
Les candidats à la primaire des Républicains se sont succédé, ce jeudi, lors des journées parlementaires des députés LR. Xavier Bertrand passera lui son grand oral ce vendredi. Accusé de jouer bande à part, la pression est clairement sur les épaules du président des Hauts-de-France pour qu’il rejoigne le processus de sélection.
Grand Oral pour les candidats LR à la présidentielle. C’est à Nîmes, aux journées parlementaires du groupe LR de l’Assemblée, que Michel Barnier, suivi de Valérie Pécresse, de Philippe Juvin et d’Eric Ciotti, ont pris la parole devant les députés ce jeudi. Xavier Bertrand, déjà candidat pour 2022 et qui refuse toute participation à une primaire, fait aussi le déplacement. Mais il ne croisera pas ses anciens amis des LR. Il ne prendra la parole que vendredi matin.
« Tous ceux qui veulent le soutien de cette famille, doivent être dans la règle du jeu »
Michel Barnier, premier à monter sur scène, a défendu le principe des primaires, alors que le débat sur leur opportunité subsiste encore au parti. « Ce système est le moins mauvais », « on réduit le problème avec la primaire, plutôt que de l’augmenter », dit l’ancien négociateur du Brexit, qui appelle Xavier Bertrand à rejoindre le processus de sélection. « Tous ceux qui veulent le soutien de cette famille, doivent être dans la règle du jeu. C’est une question de loyauté et de confiance mutuelle », selon l’ancien commissaire européen. C’est aussi une question d’argent. Les LR ont la capacité financière pour financer une campagne présidentielle. « Le jour où la « machine » se mettra derrière un candidat, elle lui apportera une force financière, militante et territoriale », résume dans Le Figaro Jean Leonetti, chargé de plancher sur le mode de désignation.
Quant au président des Hauts-de-France, « c’est lui qui prend sa responsabilité. Nous sommes dans une famille politique, que je n’ai jamais quittée. […] Voilà pourquoi je respecte la règle du jeu qui a été fixée » dit le Savoyard. Plusieurs parlementaires apprécient le choix de Michel Barnier d’être resté membre des LR, contrairement à Xavier Bertrand et Valérie Pécresse. « Je suis un montagnard. Je suis habitué aux longues randonnées », lance-t-il, « cette démarche est assez longue et je vois de plus en plus d’élus la rejoindre ». Et de conclure : « On n’a pas encore trouvé comment désigner le capitaine. Moi je suis prêt à être ce capitaine ».
Sur le fond, l’ancien ministre propose « un référendum » organisé « en septembre » 2022, avec deux objectifs : un « contrôle parlementaire sur les quotas d’immigrés » et « un bouclier constitutionnel » pour « retrouver notre liberté de manœuvre ».
Et effet Barnier ?
Certains parlent même d’un petit effet Barnier. Selon un décompte réalisé par France Info, l’ancien négociateur du Brexit a en effet plutôt la cote chez les parlementaires. Il jouerait le rôle d’une forme de « valeur refuge » pour ceux qui n’arrivent pas à se décider.
Michel Barnier bénéficie, à ce stade, de 41 soutiens (dont 22 sénateurs), contre 40 pour Valérie Pécresse (dont 25 sénateurs). Xavier Bertrand a une longueur d’avance, avec 52 soutiens (dont 26 sénateurs). Eric Ciotti n’en a que 6 et Philippe Juvin… 1 seul sénateur. Mais attention, pas moins de 84 parlementaires ne se prononcent pas (dont 49 sénateurs).
« Il y aura une primaire, qu’elle soit ouverte aux militants et sympathisants ou limitée aux seuls militants »
Cette avance chez les parlementaires est un indicateur. Mais il ne faut pas en tirer de conclusions trop hâtives. Car le parti se dirige vers des primaires semi-ouvertes. Autrement dit, ce ne sont pas les parlementaires qui feront l’élection, même si leur soutien est un plus dans la bataille.
Jean Leonetti explique qu’« il y aura une primaire, qu’elle soit ouverte aux militants et sympathisants ou limitée aux seuls militants. […] Les militants auront le dernier mot le 25 septembre », lors d’un vote pour le congrès du parti. Mais le Monsieur primaire « plaide pour une primaire semi-ouverte aux militants et aux sympathisants », avec peut-être « une participation d’environ 2 euros pour tous les votants ». Les participants devront aussi « accepter d’apparaître dans un fichier sur lequel notre candidat pourra s’appuyer pendant la campagne ».
Pécresse : « Il faut qu’on vende de l’espoir »
Après le sérieux sans fioriture de Michel Barnier – et sans verve, diront certains – Valérie Pécresse s’est montrée plus dynamique et enjouée, lors de son passage à la tribune, se déplaçant, micro à la main. « Il y a un boulevard pour nous, une troisième voie à construire. Mais il faut qu’on vende de l’espoir, il faut qu’on envoie du rêve », lance la candidate, qui veut aussi « remettre de l’ordre, c’est une priorité. Il faut être très ferme sur ce plan de l’autorité ».
S’il faut faire « une campagne entraînante, que les Français sentent qu’on va gagner », Valérie Pécresse reconnaît que « ce qui nous empêche d’envoyer du positif, c’est qu’on n’a pas encore de chef d’équipe ». « Totalement libre – c’est la crise de la cinquantaine », sourit la présidente de la région Ile-de-France, elle « plaide pour une primaire largement ouverte ». Elle ajoute :
Une sélection démocratique, c’est mieux qu’une sélection par les sondages qui se sont toujours trompés, ou d’une division sauvage. Et évidemment, à la fin, il n’y en aura qu’un seul. Ou une seule… Voilà.
Si Xavier Bertrand ne participe pas à la primaire, « il apparaîtra comme une candidature dissidente »
Dans le camp Pécresse, on appelle aussi Xavier Bertrand à jouer le jeu de la primaire. « Cela me paraîtrait bizarre qu’il continue de s’enfermer dans une posture où il apparaît comme celui qui divise la droite, car il ne veut pas de ce processus de sélection à la loyale », soutient le député Robin Reda, vice-président de « Libres ! », le mouvement de Valérie Pécresse.
La pression est clairement sur les épaules de l’homme du Nord. « Soit Xavier Bertrand est prêt à participer à une primaire ouverte, et nous sommes toujours prêts à discuter avec lui des modalités ; soit il refuse, et la primaire aura lieu sans lui. Mais dans ce cas, le parti sera derrière celui qui aura été désigné par la procédure », prévient Jean Leonetti, qui insiste : « S’il refuse, il apparaîtra comme une candidature dissidente ».
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