Didier Guillaume : « Il faut que Benoît Hamon joue le rassemblement »
« Benoît Hamon s’est tourné vers Mélenchon, vers Jadot. Je pense qu’il faut qu’il se tourne vers les 2 millions d’électeurs, qu’il joue le rassemblement » demande le directeur de campagne de Manuel Valls, Didier Guillaume, qui n’est « pas prêt à signer » la tribune des réformateurs du PS.

Didier Guillaume : « Il faut que Benoît Hamon joue le rassemblement »

« Benoît Hamon s’est tourné vers Mélenchon, vers Jadot. Je pense qu’il faut qu’il se tourne vers les 2 millions d’électeurs, qu’il joue le rassemblement » demande le directeur de campagne de Manuel Valls, Didier Guillaume, qui n’est « pas prêt à signer » la tribune des réformateurs du PS.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Il ne s’était pas exprimé depuis la défaite de Manuel Valls dimanche soir. Didier Guillaume, directeur de campagne de l’ex-premier ministre, avait simplement félicité Benoît Hamon sur Twitter. Deux jours après, le PS semble plus que jamais divisé. 17 parlementaires du pole des réformateurs du Parti socialiste, l’aile droite du parti, publie une tribune dans le Monde pour revendiquer leur « droit de retrait » de la campagne de Benoît Hamon. Initiée par les députés Christophe Caresche et Gilles Savary, on y trouve aussi le député du Cantal Alain Calmette, qui dès dimanche soir à annoncé son choix de rejoindre Emmanuel Macron, François Loncle, René Dosière ou le sénateur Jean-Pierre Caffet. Le secrétaire d’Etat Jean-Marie Le Guen, membre des réformateurs, n’a pas signé la tribune mais affirme dans Le Parisien qu’« on peut être socialiste et appeler à voter Macron ».

Regardez la liste complète des 17 signataires de la tribune :

Liste réformateurs ok

Didier Guillaume lui, ne fait pas ce choix. Il ne rejoint pas ces nouveaux frondeurs, négatifs des premiers. « Je n’ai pas vu cette tribune. Je ne suis pas prêt à la signer », « on connaissait cela, ce n’est pas une surprise. Je n’ai pas lu la tribune, mais moi je ne suis pas là-dedans » affirme à Public Sénat le président du groupe PS, interrogé avant la réunion de son groupe ce mardi matin (voir la vidéo : images de Cécile Sixou).

Face aux forces centrifuges, il préfère appeler à l’unité du parti et demande au candidat élu de faire les gestes nécessaires. « Benoît Hamon a été désigné par la primaire, il y a eu 2 millions de votants. J’attends maintenant qu’il s’exprime et qu’il dise qu’il cherche le rassemblement de ces 2 millions d’électeurs » souhaite le président du groupe socialiste de la Haute assemblée.

« Le PS restera uni »

Didier Guillaume ne croit pas à l’explosion de son parti. « Le PS restera uni. Le PS est une formation politique qui est très ancienne, il continuera à exister. Aujourd’hui, Benoît Hamon s’est tourné vers Mélenchon, vers Jadot. Je pense qu’il faut qu’il se tourne vers les 2 millions d’électeurs, qu’il joue le rassemblement. Mais il n’y a pas de problème, c’est le candidat qui a été désigné ».

Le sénateur de la Drôme ne veut pas rentrer dans les jeux de « politique politicienne ». « Vous parlez des équilibres internes du PS.  Il y a 50.000 adhérents du PS qui ont voté et il y a eu 2 millions de votants. Vous êtes dans la politique politicienne du parti, moi je suis pour la France. Je m’adresse aux 2 millions d’électeurs qui ont voté, que Benoît Hamon doit rassembler ».

Choisir entre le PS et le reste de la gauche

Les propos de Didier Guillaume sont dans la lignée de ceux tenus par Bernard Cazeneuve, la veille, après sa rencontre avec Benoît Hamon. « C'est à (Benoît Hamon) qu'il appartient de rassembler, de trouver les mots, les gestes, les thèmes pour se faire » a souligné le premier ministre. Le candidat s’est dit lui prêt à « enrichir » son projet, tout en maintenant « le cap ».

Reste que Benoît Hamon pourra difficilement rassemblement tout le monde. Le socialiste a lancé dès dimanche soir un appel à Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot. Pas sûr que le rassemblement de l’appareil du PS rende possible sa main tendue à gauche. Les candidats de la France insoumise et d’EELV goûteraient peu une nouvelle synthèse à la sauce socialiste. Benoît Hamon risque de devoir choisir.

Partager cet article

Dans la même thématique

France : Edouard Philippe visits Zuydcoote to discuss immigration
10min

Politique

« La fébrilité est de leur côté, pas du sien » : sous pression du camp Attal et Retailleau, Edouard Philippe reste droit dans ses bottes et refuse la primaire

Après Gabriel Attal et David Lisnard, Bruno Retailleau s’est rangé à l’idée de primaire de la droite et du centre, au point de commencer à y travailler. Si le candidat Horizons ne change pas d’avis, « il portera seul la responsabilité de la division », prévient Laurence Garnier, porte-parole de Bruno Retailleau. « On attend du prochain chef de l’Etat qu’il sache résister à la pression de Trump ou Poutine, ce n’est pas celle des candidats mal partis qui fera fléchir Edouard Philippe », rétorque Nathalie Loiseau, porte-parole d’Edouard Philippe…

Le

Paris: JM Melenchon conference de presse comptes publics
8min

Politique

Présidentielle 2027 : avec la « Nouvelle France », Jean-Luc Mélenchon fait de l’écologie la clé de voûte de son programme

Avec 1 069 mesures, dont 238 nouvelles, La France insoumise dévoile vendredi 6 novembre une nouvelle édition de son programme présidentiel, L’Avenir en commun. Si les marqueurs historiques du mouvement sont largement reconduits, l’écologie en devient la porte d’entrée. Derrière ce changement de priorité, Jean-Luc Mélenchon cherche à imposer un nouveau récit, celui de la « Nouvelle France », qui succède à l’« union populaire » de 2022.

Le