Didier Guillaume : « Il y aura forcément des morts économiques »
Auditionné par le Sénat, Didier Guillaume, le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, a souligné la réactivité du gouvernement face à une crise « exceptionnelle » « qui laissera des traces ». Il a également expliqué qu’il était trop tôt pour travailler sur l’après crise.

Didier Guillaume : « Il y aura forcément des morts économiques »

Auditionné par le Sénat, Didier Guillaume, le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, a souligné la réactivité du gouvernement face à une crise « exceptionnelle » « qui laissera des traces ». Il a également expliqué qu’il était trop tôt pour travailler sur l’après crise.
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Par Laure-Anne Elkabbach

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La commission des Affaires économiques s’est dotée d’une cellule de crise spécifique à l’agriculture. Composée de quatre co-rapporteurs, celle-ci a exposé un plan d’action au ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation Didier Guillaume, lors de son audition par visioconférence, jeudi 9 avril. L’objectif de cette cellule étant de suivre les mesures déjà mises en place par le gouvernement, d’apporter de nouvelles propositions et de travailler à l’après crise.

15 mesures sur cinq axes revenant entre autres, sur la nécessité du rôle de l’Union européenne pour apporter de l’aide au secteur, sur l’importance de l’approvisionnement des citoyens et sur l’ouverture d’un maximum de débouchés à certaines filières agro-alimentaires.

Le ministre a répondu point par point dans une atmosphère calme et dépourvue de tension, malgré l’importance des questions abordées.

 

Une crise qui « laissera des traces »

 

Didier Guillaume a rappelé que la crise du coronavirus était « exceptionnelle » et qu’elle « laissera des traces ». « Il y aura forcément des morts économiques » a-t-il ajouté gravement. Pour le ministre, l’urgence est de répondre à la crise « ensuite, on pensera au monde de demain ».

Il a insisté sur la réactivité de l’exécutif : « Le gouvernement a été au rendez-vous. Il a pris des mesures très fortes. » Didier Guillaume s’est aussi voulu rassurant en redisant qu’il n’y aurait pas de pénuries alimentaires et que, contrairement au ressenti d’un certain nombre de Français, les prix en grande distribution n’avaient pratiquement pas augmenté. Le ministre a évoqué une augmentation de seulement 0,01%.

 

Une commission européenne « encore un peu endormie »

 

Interrogé par le sénateur (LR) de Haute-Loire Laurent Duplomb, s’inquiétant du manque de réactivité de la Commission européenne, Didier Guillaume a acquiescé : « La Commission européenne est encore un peu endormie et n’a pas pris la juste mesure de cette situation ».

 

Des filières en grande difficulté

 

Les sénateurs de la commission des Affaires économiques se sont particulièrement inquiétés des difficultés des secteurs viticoles et horticoles. De son côté, la sénatrice (PS) de la Martinique, Catherine Conconne, s’est émue de la baisse des liaisons aériennes entre la métropole et son département. Une situation qui plonge les producteurs de melon de la Martinique dans l’impossibilité d’écouler leurs produits.

Didier Guillaume a renchéri en soulignant les difficultés d’approvisionnement de l’Outre-mer en volailles et en œufs. Il a indiqué que des poussins et des œufs seraient bientôt envoyés par avion. Le ministre a également annoncé que, face à la chute des ventes de viande d’agneau pour les fêtes de Pâques, il y aurait un abattage massif des bêtes qui sera effectué, puis leur congélation. Les coûts seront pris en charge par l’Union européenne.

 

Une nouvelle audition du ministre se déroulera d’ici trois semaines pour faire un deuxième point d’étape.

 

 

 

 

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