Dîner du CRIF : Elisabeth Borne appelle à combattre l’antisémitisme et évoque la déportation de sa famille à Auschwitz
Ce lundi 13 février, lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Elisabeth Borne a appelé à « combattre de toutes nos forces l’antisémitisme » et a évoqué la déportation de son père à Auschwitz. Une déclaration qui fait écho à son plan de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations présenté il y a 2 semaines à l’Institut du monde arabe.

Dîner du CRIF : Elisabeth Borne appelle à combattre l’antisémitisme et évoque la déportation de sa famille à Auschwitz

Ce lundi 13 février, lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Elisabeth Borne a appelé à « combattre de toutes nos forces l’antisémitisme » et a évoqué la déportation de son père à Auschwitz. Une déclaration qui fait écho à son plan de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations présenté il y a 2 semaines à l’Institut du monde arabe.
Public Sénat

Par Romain Ferrier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« Il y a des dates qui marquent un destin. Pour mon père, mais en réalité pour toute ma famille, c’est le 25 décembre 1943 ». Des premiers mots forts de la part d’Elisabeth Borne, en se remémorant les arrestations de son père, grand-père et oncles par la Gestapo, puis déportés à Auschwitz-Birkenau. De confession juive et miraculé de la déportation, Joseph Borne, père d’Elisabeth, s’est suicidé en 1972 alors qu’elle n’avait que 11 ans. « Ce qu’il s’est passé là-bas, mon père l’a écrit dans deux lettres. Elles sont le seul témoignage que je conserve de lui » a-t-elle raconté devant le CRIF. « Certains ont réussi à garder le goût de l’espérance et la foi dans la vie. D’autres non. Je ne le sais que trop bien » a-t-elle poursuivi devant le millier d’invités (politiques, ambassadeurs, religieux, syndicalistes, artistes, etc.) réunis au Carrousel du Louvre, à Paris.

Ce dîner n’est pas sans rappeler la présentation du plan de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations, présenté à l’Institut du monde arabe le 30 janvier. La première Ministre souhaite toujours « que chaque élève de France effectue au moins une visite d’un lieu de mémoire dans sa scolarité ». « Transmettre, réparer, faire vivre la mémoire : c’est d’abord pour notre jeunesse que nous le faisons » a-t-elle déclaré. Une jeunesse très évoquée par la cheffe du gouvernement, à travers le système scolaire et « la bataille des préjugés à l’école, au collège, au lycée ». « Dans certains établissements, tout ne peut pas être dit. Tout ne peut pas être enseigné et certaines insultes sont banalisées » a-t-elle renchéri. Des actes ne devant pas être « ignorés ou minimisés ». « Encore moins quand cela conduit trop de jeunes à préférer quitter l’école de la République ». Elisabeth Borne a d’ailleurs rappelé que des équipes avaient été mises en place afin d’aider les établissements en cas de problèmes, et ce, au niveau national. « Je suis très claire : nous ne devons rien laisser passer » a-t-elle dit avec détermination.

 

Dans son discours figurait aussi le décompte du CRIF concernant la baisse des faits antisémites en France, basé sur les données du Service de protection de la communauté juive (SPCJ). L’ancienne Ministre de la Transition écologique et solidaire a ainsi indiqué qu’ « au cours de l’année 2022, le nombre de faits antisémites a reculé de plus d’un quart par rapport à 2021 », un chiffre encourageant mais nuancé par Elisabeth Borne. « Aujourd’hui encore, il y a plus d’un acte antisémite par jour, recensé par les forces de l’ordre. Et les résultats obtenus [par les mesures prises] ne sont certainement pas le signe qu’il faut arrêter. Ils signifient, au contraire, que nous allons dans la bonne direction, et qu’il faut continuer ».

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris mouvement des avocats contre le projet de loi SURE
6min

Politique

Justice criminelle : devant le Sénat, les avocats, en colère, dénoncent « un problème démocratique » et demandent le « retrait du texte »

Plusieurs centaines d’avocats ont manifesté leur rejet du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes, qui démarre son examen au Sénat lundi. Au premier rang des griefs du texte soulevés par la profession, l’instauration d’un plaider-coupable, une nouvelle procédure judiciaire plus rapide quand l’accusé reconnaît les faits.

Le

Paris: Examens projets de loi Senat
6min

Politique

Justice criminelle : que contient le projet de loi controversé en examen au Sénat ?

Le Sénat entame l’examen du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes. Le texte prévoit notamment la mise en place d’un plaider-coupable, une nouvelle procédure judiciaire plus rapide quand l’accusé reconnaît les faits. Une réforme qui divise les magistrats et est surtout contestée par de nombreux barreaux qui manifestent, ce lundi, devant la haute assemblée. Que prévoit le texte ?

Le

Dîner du CRIF : Elisabeth Borne appelle à combattre l’antisémitisme et évoque la déportation de sa famille à Auschwitz
3min

Politique

Crise énergétique : Sébastien Lecornu annonce l’interdiction des chaudières à gaz dans les logements neufs

Quelques jours après le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, Sébastien Lecornu a annoncé, ce vendredi, une série de mesures destinées à tirer les leçons » de la crise énergétique. Afin de dépendre moins des énergies fossiles, l’installation de chauffages au gaz serait interdite « dès la fin de cette année » dans les constructions neuves. Le gouvernement va aussi doubler son soutien à l’électrification des usages de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.

Le

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le