Paris : Coalition of the Willing Summit at Elysee Palace
JEANNE ACCORSINI/SIPA

Sébastien Lecornu, nommé Premier ministre : « Nous sommes au travail, avec humilité, et nous allons tout faire pour y arriver »

Le Président de la République, qui nomme l’un de ses plus proches ministres, est convaincu qu’« une entente entre les forces politiques est possible dans le respect des convictions de chacun », afin notamment « d’adopter un budget ». Retrouvez ici toutes les dernières informations.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

7 min

Publié le

Mis à jour le

Ce sera un macroniste pour remplacer un fidèle soutien du Président. Au lendemain de la chute du gouvernement Bayrou, n’a cette fois pas tardé pour arrêter sa décision. Emmanuel Macron a nommé premier ministre Sébastien Lecornu. Le nom du ministre des Armées, par ailleurs élu sénateur en 2020 mais qui n’a quasiment pas siégé, circulait avec insistance depuis quelques jours.

C’est par communiqué que l’Elysée a annoncé la nouvelle. Un communiqué à la tonalité particulière. « Le Président de la République a nommé Monsieur Sébastien Lecornu Premier ministre. Il l’a chargé de consulter les forces politiques représentées au Parlement en vue d’adopter un budget pour la Nation et bâtir les accords indispensables aux décisions des prochains mois », écrit la présidence de la République. Et c’est seulement « à la suite de ces discussions », qu’« il appartiendra au nouveau Premier ministre de proposer un Gouvernement au Président de la République ».

Autrement dit, la méthode serait différente. Le premier ministre doit discuter avec les partis avant d’espérer une non-censure, pour faire adopter le budget. On pense évidemment au PS, qui espérait un premier ministre de gauche, mais aussi au RN, avec qui Sébastien Lecornu entretien de bonnes relations. Il a déjà rencontré discrètement, dans le passé, Marine Le Pen.

« L’action du Premier ministre sera guidée par la défense de notre indépendance et de notre puissance, le service des Français et la stabilité politique et institutionnelle pour l’unité du pays », ajoute le communiqué. « Le Président de la République est convaincu que sur ces bases, une entente entre les forces politiques est possible dans le respect des convictions de chacun », conclut l’Elysée. Mais en nommant l’un de ses plus proches, dont le nom était cité à chaque fois lors des précédents remaniements, pas sûr qu’Emmanuel Macron rende les discussions faciles.

22h15

Sébastien Lecornu mesure « les attentes des Français »

Un peu plus tard dans la soirée, le nouveau Premier ministre a rédigé un second message sur X en s’adressant cette fois-ci aux Français. « Je veux dire sincèrement à nos compatriotes que je mesure leurs attentes et que je connais les difficultés. Nous sommes au travail, avec humilité, et nous allons tout faire pour y arriver », a-t-il assuré.

22h05

Passation de pouvoir à Matignon à midi demain entre François Bayrou et Sébastien Lecornu

La passation de pouvoir entre François Bayrou et le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu aura lieu mercredi à midi à Matignon, ont annoncé les services du gouvernement mardi soir. L’évènement pourrait être parasité par la journée de mobilisation à haut risque « Bloquons tout », soutenu par les Insoumis.

21h30

« Les exigences de changement sont immenses », pour les communistes

Du côté des communistes, le ton n’est pas non plus propice à la main tendue. « Le Président de la République choisit de nommer encore quelqu’un de son camp alors que les exigences de changement sont immenses. La justice sociale, la justice fiscale, la Paix restent nos priorités. Les 10 et 18 septembre, faisons-les entendre jusqu’à Matignon ! », écrit Fabien Roussel sur X.

21h00

Première réaction de Sébastien Lecornu

Sur X, le nouveau Premier ministre a livré sa première réaction à sa nomination. Il fait part d’une direction claire » donnée par le Président de la République : « la défense de notre indépendance et de notre puissance, le service des Français et la stabilité politique et institutionnelle pour l’unité du pays ». Il a également un mot pour son prédécesseur et « salue François Bayrou pour le courage dont il a fait preuve en défendant ses convictions jusqu’au bout.

20h45

« Une voie à laquelle aucun socialiste ne participera », prévient Olivier Faure

Un Premier ministre de gauche pour succéder à François Bayrou, les socialistes n’y croyaient plus vraiment mais restent quand même déçus par le choix du chef de l’Etat. Avec la nomination de Sébastien Lecornu à Matignon, Emmanuel Macron « prend le risque de la colère sociale légitime et du blocage institutionnel du pays », a dénoncé dans un communiqué le PS, qui « prend acte » de ce choix.

A la lecture du communiqué du parti d’Olivier Faure, on comprend que la mission de Sébastien Lecornu consistant à former un accord de gouvernement prend du plomb dans l’aile. « Emmanuel Macron s’obstine donc dans une voie à laquelle aucun socialiste ne participera. Celle qui a conduit à l’échec et au désordre et qui aggrave la crise, la défiance et l’instabilité ». « Sans justice sociale, fiscale et écologique, sans mesures pour le pouvoir d’achat, les mêmes causes provoqueront les mêmes effets », prévient le parti à la rose.

Sébastien Lecornu a « les qualités » pour « trouver un accord, selon Edouard Philippe

Du côté de l’ex-majorité présidentielle, le président d’Horizons, Edouard Philippe a estimé que Sébastien Lecornu avait « les qualités » pour « discuter » et « trouver un accord » avec les autres partis politiques. « Sébastien Lecornu me paraît avoir les qualités pour essayer d’amener à la table des gens qui ne feront pas exactement ce qu’ils souhaitent, mais qui pourront s’entendre pour éviter que la France aille plus mal », a déclaré sur TF1 l’ancien Premier ministre, appelant les partis au « compromis » et se disant « prêt » à en faire, « avec quelques limites », jugeant notamment que « le budget des Armées doit être préservé, le budget de la Police, le budget de la Justice ».

Saint Georges d Orques : Edouard Philippe meeting legislative elections
Crédits photo : Credit:Alain ROBERT/SIPA/2406270629
20h18

Bruno Retailleau veut « trouver des accords »

Le président des Républicains Bruno Retailleau qui indiquait sa préférence ce matin pour voir la nomination d’un Premier ministre en provenance du block central peut être satisfait. Le ministre de l’Intérieur indique qu’il souhaite « trouver des accords » avec Sébastien Lecornu. « Je crois qu’il y a la possibilité de construire un projet qui satisfasse ce que j’appelle la majorité nationale », a-t-il dit à la sortie d’un bureau politique de LR

Bruno Retailleau, au banc des ministres dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, ce lundi 8 septembre 2025.
Crédits photo : Bruno Retailleau, au banc des ministres dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, ce lundi 8 septembre 2025.
20h05

« Pourquoi est-il premier ministre ? », demande Jean-Luc Mélenchon

Du côté de LFI, la côte de Sébastien Lecornu n’est pas non plus très élevée. « Lecornu, l’homme qui a cédé devant Trump et promis 5 % du PIB à l’Otan et aux USA, et cautionné le grand n’importe quoi en Ukraine. Pourquoi est-il premier ministre ? Quelle est sa réussite ? », interroge Jean-Luc Mélenchon sur X et qui appelle de nouveau à un « départ » du chef de l’Etat.

Villeneuve-Saint-Georges - Meeting de Louis Boyard avec Jean-Luc Melenchon
Crédits photo : Crédits : Chang Martin/Sipa Press.
20h03

« La dernière cartouche du macronisme », pour Marine Le Pen

Il y a un an, la presse révélait « les diners secrets » entre Sébastien Lecornu et le binôme du Rassemblement national, Marine Le Pen et Jordan Bardella. Pour autant, la patronne du groupe RN est loin de donner un blanc-seing au nouveau Premier ministre. « Le Président tire la dernière cartouche du macronisme, bunkerisé avec son petit carré de fidèles. Après les inéluctables futures élections législatives, le Premier ministre s’appellera Jordan Bardella », a-t-elle estimé sur X.

Marine Le Pen sera jugée en appel du 13 janvier au 12 février 2026, dans l’affaire des assistants parlementaires du FN
Crédits photo : Crédit : FRANCOIS GREUEZ / SIPA / 2509071456

Partager cet article

Dans la même thématique

Edouard Philippe a la Foire de Chalons
10min

Politique

Présidentielle 2027 : la main tendue d'Édouard Philippe, rejetée par Gabriel Attal et Bruno Retailleau, relance l'idée d'une primaire

Le candidat Horizons, favori du bloc central, Édouard Philippe a lancé un appel à ses concurrents du centre et de la droite, les invitant à se rassembler dans la perspective de la présidentielle et des législatives. Mais Bruno Retailleau et Gabriel Attal ne comptent pas, à ce stade, se retirer au profit d'une candidature unique du maire du Havre. De quoi relancer l'idée d'une primaire.

Le

Montants, modalités : comment est fixé la rémunération des ministres ?
6min

Politique

Montants, modalités : comment est fixée la rémunération des ministres ?

Sébastien Lecornu envisage de réduire l’indemnité mensuelle des membres du gouvernement, à titre d’exemplarité, dans une période où le budget 2027 va nécessiter des ajustements budgétaires forcément impopulaires. On fait le point sur les règles actuelles qui déterminent les montants perçus par les ministres.

Le

Paris: S. Lecornu protection debat democratique contre les ingerences
6min

Politique

Budget, fin de vie, crises, tests antidrogue et ambitions : retour sur une année de gouvernement Lecornu

Le premier ministre souffle en toute discrétion sa première bougie à Matignon. Après un faux-départ, il a réussi à faire adopter le budget 2026, ce qui était loin d’être acquis. Mais impossible de lancer de grandes réformes, à l’exception de l’adoption, malgré l’absence de majorité absolue, du texte sur la fin de vie. Quant à l’idée d’être le recours de son camp pour 2027, il l’écarte. S’il passe l’écueil du dernier budget, il pourrait aller au bout du quinquennat.

Le

Paris: Crisis meeting at Elysee Palace with Macron and leaders of the majority
10min

Politique

Sénatoriales : confiants, Les Indépendants, à majorité Horizons, sont prêts à se rapprocher de la majorité de Gérard Larcher

Avec 20 sénateurs, dont 11 Horizons, le groupe des Indépendants espère « gagner des sièges » lors des sénatoriales, avance son président, Claude Malhuret. Avant de faire partie intégrante de la majorité sénatoriale ? Les choses dépendront des rapports de force au Sénat et de la présidentielle. Mais en Seine-Maritime, département d’Edouard Philippe, comme en Vendée, où Bruno Retailleau est candidat, Horizons et LR font déjà l’union.

Le