Discours de Macron au Congrès : « Enfilage de perles », « pas de jambe gauche » dénonce l’opposition
Les oppositions de gauche et de droite n’ont rien trouvé de bon à retenir au discours d’Emmanuel Macron devant le Congrès. Beaucoup y voient un discours pour rien.

Discours de Macron au Congrès : « Enfilage de perles », « pas de jambe gauche » dénonce l’opposition

Les oppositions de gauche et de droite n’ont rien trouvé de bon à retenir au discours d’Emmanuel Macron devant le Congrès. Beaucoup y voient un discours pour rien.
Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

Après 1h30 de discours à Versailles, où l’hémicycle qui accueille le Parlement réuni en Congrès s’est échauffé, minute après minute, députés et sénateurs n’ont pas tardé à réagir au discours d’Emmanuel Macron (voir les temps forts en vidéo). Dans les couloirs en forme de labyrinthe du château de Versailles, les journalistes se ruent vers la salle des deux colonnes, pour tendre un micro.

« Un Président qui marche sur une seule jambe »

Certains parlementaires n’ont pas attendu l’après discours pour réagir. Quand Emmanuel Macron assure que « rien ne changera pour les retraités d’aujourd’hui » sur les pensions de réversion, la sénatrice PCF Cécile Cukierman demande « et demain ? », alors que l’hémicycle s’agite. Sur le même ton, cette fois devant les journalistes, le sénateur et numéro 1 du PCF, Pierre Laurent, n’a vu que des « belles paroles » sur la question sociale. « En réalité, sur les retraites, il renverse le système et met fin aux droits collectifs pour des droits individualisés avec des retraites qui seront plus faibles », estime le communiste.

Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a vu lui « un Président qui est dans le déni, qui ne comprend pas ce que les gens vivent. Il dit que les inégalités ne sont pas un problème de revenus, mais un problème de destin… » Debout devant un immense tableau représentant le général Augereau lors de la bataille du pont d’Arcole, le député ajoute : « Ce sera débrouillez-vous. Dans la politique d’Emmanuel Macron, il n’y a pas de jambe gauche. C’est un Président qui marche sur une seule jambe ».

Congrès: pour Olivier Faure, Macron" c'est un Président qui marche sur une seule jambe"
00:16

« Je ne participe pas au narcissisme du Président »

Toutes les oppositions attaquent en cœur le discours du chef de l’Etat. Le député LR Éric Ciotti reste sur sa faim sur la laïcité, « il n’y a rien sur le port des signes religieux ». Valérie Boyer fait partie des quelques députés LR qui ont boycotté le discours. Elle vient cependant y réagir salles des deux colonnes. « Je ne participe pas au narcissisme du Président, qui se met en scène. Mais j’ai regardé sur ma tablette » explique la députée LR des Bouches-du-Rhône. « Il n’y a rien qu’est sorti du discours » tranche-t-elle. Elle n’apprécie pas la possibilité que compte se donner Emmanuel Macron, grâce à la réforme constitutionnelle, de pouvoir rester et répondre, l’année prochaine. « C’est un semblant de dialogue pour qu’il puisse s’exprimer un peu plus ».

congrès 2

Le sénateur LR Gérard Longuet juge cette disposition « constitutionnellement absurde. Le Président peut dissoudre l’Assemblée. Mais l’Assemblée ne peut pas dissoudre le Président ».

Habitués des caméras

congrès 3

Dans le château, les journalistes sont tenus à distance. Ils ne peuvent se rendre dans la galerie des bustes, comme l’année dernière. Seuls les parlementaires les plus médiatiques et habitués des caméras – ou qui les cherchent – passent une tête salle des deux colonnes. Voilà Marine Le Pen. « Pour le Président, il n’y a pas de risque de sécurité, il y a des gens qui ont peur », raille la présidente du RN (ex-FN). Elle a cependant apprécié l’analyse d’Emmanuel Macron sur l’Europe : « Le rapport mondialistes/nationaux va structurer la prochaine élection européenne. Il y aura nous et lui ».

Congrès: Marine Le Pen: "en matière de brutalité sociale, les Français vont avoir leur compte"
00:27

Mais sinon, « c’était un enfilage de perles. Contre le chômage, il faut du travail ! C’était un exercice inutile » pour Marine Le Pen. « Il n’y avait rien. Je ne suis pas sûr de venir l’année prochaine » ajoute de son côté Nicolas Dupont-Aignan.

« L’émancipation, c’est un discours creux s’il n’y a pas d’égalité des chances »

Jean-Christophe Lagarde, président du groupe UDI-Agir de l’Assemblée, va-t-il exprimer quelques paroles aimables ? Pas vraiment. « Le gouvernement donne l’impression qu’il ne s’intéresse qu’aux gagnants. Mais pas aux banlieues, ni aux zones rurales » estime le président de l’UDI, « il ne suffit pas de bonnes intentions ». Il ajoute : « L’émancipation, c’est un discours creux s’il n’y a pas d’égalité des chances ».

Quelques parlementaires LREM font quand même le service après-vente. Richard Ferrand, patron des députés LREM : « Un Président qui s’est exprimé avec humilité ». Yaël Braun-Pivet, présidente de la commission des lois : « Il a fait le bilan de l’action et a dressé de vraies perspectives ». Stanislas Guérini, porte-parole du groupe LREM à l’Assemblée : « Il n’y a pas besoin d’avoir des surprises pour un bon discours. C’est un discours qui donne du sens ». Et qui a donné chaud.

Partager cet article

Dans la même thématique

Discours de Macron au Congrès : « Enfilage de perles », « pas de jambe gauche » dénonce l’opposition
3min

Politique

« À l'EHPAD ! » : Gabriel Attal face aux questions sans filtre de nos aînés

Pour le lancement de « À l'EHPAD ! », le nouveau programme d'Au Tableau Productions, des résidents de maisons de retraite interrogent les candidats à la présidentielle 2027. Premier sur le grill : Gabriel Attal, venu à Suresnes à la rencontre des aînés. Un échange spontané et sans détour, à découvrir dès maintenant la chaîne YouTube de l'émission et publicsenat.fr.

Le

Paris : Socialist Party Primary Debate Ahead of France’s 2027 Presidential Election
7min

Politique

« L’éléphant dans la pièce » : LFI s’invite encore dans le débat de la primaire socialiste 

Pour leur deuxième débat, les cinq candidats à la primaire sociale-démocrate ont une nouvelle fois buté sur les mêmes lignes de fracture. La France insoumise, pourtant absente du plateau, s'est imposée dans les échanges, de la mobilisation lycéenne aux alliances en vue des législatives. Sur Gaza, le mot « génocide » a fait voler en éclats la courtoisie de façade entre Olivier Faure, Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj.

Le

Senat : QAG
9min

Politique

Tentative de groupe Nouvelle Energie et de « putsch » contre Claude Malhuret, « psychodrame » : c’est la folle semaine du « mercato » au Sénat

La suite des sénatoriales réserve quelques surprises. Des sénateurs membres de Nouvelle énergie, le parti du candidat à la présidentielle, David Lisnard, ont tenté de créer un nouveau groupe, avec des frondeurs du groupe Les Indépendants, présidé par Claude Malhuret, proche d’Edouard Philippe. L’affaire semble jusqu’ici échouer, mais crée des tensions au Palais du Luxembourg, où la semaine du « mercato » bat son plein.

Le

Sénat 360
4min

Politique

Gérard Larcher réélu à la présidence du Sénat pour la sixième fois

Le président Les Républicains du Sénat, Gérard Larcher, a été réélu ce jeudi 1er octobre pour un nouveau mandat de trois ans à la tête de la Chambre haute. Sans surprise, il l’a très largement emporté dès le premier tour, selon les résultats proclamés dans l'hémicycle.

Le