Discours sur l’état de L’Union, la campagne des européennes a commencé 

Mercredi sonnait la rentrée européenne avec le discours sur l’état de l’Union de la présidente de la commission devant le parlement réuni à Strasbourg. Un grand oral aux airs de bilan, et de programme pour d’Ursula Von der Leyen, à 9 mois des élections européennes de juin 2024. La conservatrice allemande a défendu une vision libérale de l’Europe.
Marie Bremeau

Temps de lecture :

3 min

Publié le

A 9 mois des élections européennes, le rituel discours sur l’état de l’Union a pris cette année une dimension encore plus politique que les années précédentes. A commencer par une défense de l’action de la commission depuis quatre ans.

Ursula Von der Leyen, a surtout profité de son dernier discours comme cheffe de l’exécutif européen pour tracer ce qui pourrait être la base d’un futur programme.

Un discours « tiède » ?

Pour Nicola Beer, députée allemande (Renew Europe) le grand oral a manqué d’ambition. « Elle ne m’a pas convaincu, j’étais déçue, sur le contenu, sur la structure, également sur la température. J’ai trouvé que c’était plutôt tiède. Pour moi, ce n’était pas la réponse qu’attendent les Européens face aux grands défis. » qui les attendent.

Un ton inhabituel dans les prises de paroles du groupe Renaissance, habitué à une opposition moins frontale avec la droite européenne. « Je suis déçue car elle [Ursula Von der Leyen] a tellement d’outils à disposition et de possibilité et elle n’a pas vraiment œuvré pour les citoyens comme il le fallait. Moi j’ai vraiment peur que le résultat, c’est que cela profite aux populistes de droite ou de gauche.  »

« Une forme de désincarnation »

Pour la socialiste française Sylvie Guillaume, « il y a des choses sur lesquelles on peut être d’accord, comme l’idée de l’élargissement, l’idée de faire du numérique, l’idée de mieux contrôler l’intelligence artificielle. » Mais les bons points distribués s’arrêtent là. « Globalement, j’ai trouvé ce discours très désincarné, on ne savait pas très bien à qui s’adressait ce discours, mais en tout cas pas aux citoyens! Il y avait une forme de désincarnation par rapport aux enjeux réels des gens. »

Un exercice d’équilibriste pour Ursula Von der Leyen.  Si elle a défendu le projet phare de sa mandature, le Pacte vert -qui doit emmener le vieux continent à la neutralité carbone en 2050- la tonalité de son discours avait cette année une tournure résolument libérale. Au moment où l’inflation plonge des millions d’Européens dans la précarité, la faiblesse de son discours social a été remarqué.

Avancer plus vite sur la lutte contre le réchauffement

« Pour lutter contre le changement climatique, il ne faut pas avoir le pied sur le frein maintenant, il ne faut pas se contenter des mesures existantes, il faut avancer, il faut aller beaucoup plus loin, c’est un changement de modèle qu’il faut maintenant mettre dans les tuyaux, et ça on ne l’a pas du tout senti dans son message et dans son discours. Il y a eu beaucoup de choses vraiment très très pro-business, on sentait qu’elle s’adressait vraiment aux entreprises»,  regrette Sylvie Guillaume.

Des signaux clairement à destination de sa famille politique, le parti populaire européen, qu’elle cherche à rassurer en vue des élections et de sa probable entrée en campagne pour un deuxième mandat à la tête de la Commission.

Revoir l’intégralité de l’émission en replay

Partager cet article

Dans la même thématique

EU Summit, Europa-Gebäude, Br%FCssel, Belgium – 15 Oct 2026
7min

Politique

Union européenne : comment est abondé le budget et que finance-t-il ?

Les dirigeants européens ont entamé jeudi à Bruxelles les négociations autour du prochain budget de l’UE sur la période 2028-2034. La Commission aimerait trouver un accord d’ici la fin de l’année, avant la tenue des élections dans plusieurs États membres, dont la France. La favorite des sondages, Marine Le Pen, plaide pour une baisse de la contribution française au budget de l’Union. Comment fonctionne le budget de l’Union européenne ? Explications.

Le

Discours sur l’état de L’Union, la campagne des européennes a commencé 
5min

Politique

Désindexation des retraites au-delà de 1260 euros : « Il faut que tout le monde contribue », insiste le ministre Jean-Pierre Farandou

Comme ses collègues de Bercy, le ministre du Travail et des Solidarités a défendu la proposition initiale du budget de la Sécurité sociale de n’indexer sur l’inflation que les petites pensions allant jusqu’à 1260 euros. Il s’agit d’une dérogation à la règle habituelle. Il suggère à l’avenir d’aborder cette question de l’évolution annuelle des retraites, sur le modèle des complémentaires de l’Agirc-Arrco.

Le

Illustrations – SUPERMARCHE – CARREFOUR EXPRESS
7min

Politique

Des produits sains vendus sans marge en grande surface : Que contient la proposition de loi de la sénatrice écologiste Antoinette Guhl ?

Face à la hausse du carburant et de l’inflation, les Français font des économies. Mais « la seule variable d’ajustement est aujourd’hui l’alimentation », alerte la directrice de Famille Rurale, Nadia Ziane. Pour lutter contre la précarité alimentaire, la sénatrice écologiste Antoinette Guhl propose une loi visant à garantir l’accès de denrées alimentaires saines à prix coutant, soit sans marge des distributeurs.

Le

Paris : French far-right Rassemblement National (RN) parliamentary session
3min

Politique

Sondage : Marine Le Pen creuse l'écart et s'installe en grande favorite à quelques mois de la présidentielle

Selon le dernier baromètre Odoxa-Backbone et Public Sénat, la candidate du Rassemblement national recueille 37 % des intentions de vote au premier tour, soit près de deux fois plus que ses deux poursuivants, Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe. Au second tour, elle l’emporterait largement face au leader insoumis (68 %) et plus modestement face à Édouard Philippe (53 %).

Le