Dissolution, assemblée constituante: les conseils de Le Pen et Mélenchon à Macron
Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ont été successivement reçus par Emmanuel Macron à l'Élysée, mercredi, la première lui...

Dissolution, assemblée constituante: les conseils de Le Pen et Mélenchon à Macron

Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ont été successivement reçus par Emmanuel Macron à l'Élysée, mercredi, la première lui...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ont été successivement reçus par Emmanuel Macron à l'Élysée, mercredi, la première lui conseillant de dissoudre l'Assemblée nationale, le second affirmant que le président ne lui était "pas apparu totalement déterminé à organiser" un référendum.

"Je lui ai indiqué que la dissolution (de l'Assemblée) apparaissait comme le meilleur moyen pour que chacun puisse (...) débattre à nouveau, dans les conditions respectueuses de nos institutions, de la politique fiscale, de la politique sociale mais aussi de l'immigration, la souveraineté, la désertification de nos territoires...", a déclaré la présidente du Rassemblement national à l'issue d'un entretien de plus d'une heure à l'Élysée.

Pour cela, elle a indiqué avoir "conseillé" au président que les législatives se tiennent à "la proportionnelle intégrale, quitte à l'assortir d'une prime à la liste arrivée en tête", une revendication de longue date du RN.

Marine Le Pen a demandé à plusieurs reprises ces dernières semaines la dissolution pour sortir "par le haut" de la "crise politique" des "gilets jaunes".

Elle a précisé que l'entretien, "assez long", avait porté sur "la situation du pays, la souffrance, la crise de la représentativité, la crise sociale".

Le président "a écouté" mais "la question, qui est toujours la même, est de savoir s'il a entendu", a ajouté la présidente du RN, qui l'avait affronté au second tour de la présidentielle en 2017.

Interrogée sur la possibilité d'un référendum organisé le jour des élections européennes le 26 mai, Marine Le Pen a indiqué qu'il "semblerait que ça fasse partie des hypothèses". "Mais, a-t-elle ajouté, je n'ai pas eu le sentiment que c'était chez lui une certitude".

- "Assemblée constituante" -

A l'issue de près de deux heures d'entretien avec le président de la République, le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a indiqué qu'Emmanuel Macron ne lui était "pas apparu totalement déterminé à organiser" un référendum.

"J'ai attiré son attention sur le fait qu'on ne met pas au référendum des questions à choix multiples, ça n'existe pas dans le droit constitutionnel français", "mieux vaudrait faire un référendum pour convoquer une assemblée constituante", a suggéré le député des Bouches-du-Rhône, en confiant ne pas penser "avoir convaincu" le président.

A propos d'une dissolution, "(cela) paraît plutôt comme une solution d'apaisement et de règlement des problèmes", a-t-il admis, en précisant que "c'est pas là-dessus qu'(il a) été consulté".

M. Mélenchon a en outre indiqué avoir "parlé d'Europe" avec le chef de l'État, dans le cadre "d'une discussion comme on peut en avoir sur la place de la France dans le monde sur plusieurs dossiers": "J'ai abordé celui du Venezuela et celui de quelques autres, de la Syrie", a-t-il encore souligné.

A propos du Venezuela, après la reconnaissance par la France de l'opposant Juan Guaido comme président par intérim, M. Mélenchon a estimé que "c'est pas une bonne chose de reconnaître un aventurier qui se proclame président de la République, comme l'a fait ce monsieur-là".

Il a ensuite fait une référence inattendue au mouvement des "gilets jaunes", qu'il soutient pourtant ardemment: "Si on fait ça, M. Drouet sera président de la République! Si on utilise des méthodes pareilles: une manif, et derrière, on change le pouvoir...", en visant Éric Drouet, une figure des "gilets jaunes", dont il avait pourtant fait l'éloge il y a quelques semaines.

"C'est pas la guerre civile dans ce pays, quoi! On parle!", a encore fait valoir le leader de La France Insoumise. "Il faut qu'on parle!"

Partager cet article

Dans la même thématique

Dissolution, assemblée constituante: les conseils de Le Pen et Mélenchon à Macron
3min

Politique

Crise pétrolière : « Avec le transport maritime à la voile on est à 1g de CO2 par tonne de matériel transporté au km » se réjouit cet entrepreneur

Alors que le détroit d’Ormuz est toujours bloqué, et que les prix des hydrocarbures sont toujours au plus haut, certaines solutions de transports maritimes, hier décriées, montrent tout leur intérêt. Avec un taux d’émission de gaz à effet de serre faible et une ressource inépuisable, le transport maritime à la voile développé par une jeune entreprise bretonne a tous les avantages, comme l’explique ce chef d’entreprise dans l’émission « dialogue citoyen » présentée par Quentin Calmet.

Le

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le