Dissolution de Salto : le Sénat regrette un « investissement absurde » de France Télévisions

Dissolution de Salto : le Sénat regrette un « investissement absurde » de France Télévisions

L’avenir de Salto pourrait être scellé vendredi 20 janvier, à l’issue d’une réunion organisée au siège de France Télévisions. Face à la dissolution potentielle de la plateforme de streaming, le Sénat s’interroge sur cet investissement de France Télévisions et renouvelle ses appels au gouvernement pour une réforme de l’audiovisuel public.
Public Sénat

Par Philippine Ramognino

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En est-ce bientôt fini de Salto, la plateforme made in France qui aspirait à concurrencer les géants américains du streaming ? Un Comité social économique extraordinaire se tiendra vendredi 20 janvier au siège de France Télévisions, pour se pencher sur la question et analyser le projet de dissolution de la plateforme de vidéo à la demande.

L’annonce de cette réunion de crise est l’occasion pour le sénateur Roger Karoutchi, rapporteur spécial des crédits dédiés à l’audiovisuel public au sein de la commission des finances du Sénat, de revenir sur les critiques préalablement émises par le Sénat concernant la participation financière de France Télévisions au développement de Salto.

Des alertes non prises en compte

Dans un communiqué publié ce mardi 17 janvier, le sénateur rappelle avoir déjà pointé du doigt la stratégie d’investissement de France Télévisions et alerté sur la difficulté pour Salto de faire face à la concurrence internationale. Le scepticisme du Sénat quant à la gestion du budget alloué à l’audiovisuel public n’est en effet pas nouveau. Dans le cadre de l’examen en commission des crédits accordés à l’audiovisuel public, un rapport sénatorial, publié en novembre 2022, appelait déjà le gouvernement à revoir sa copie.

Alors que le développement des plateformes a bouleversé le paysage audiovisuel, les sénateurs regrettaient que le gouvernement ne se mette pas en ordre de bataille. « Non seulement aucun projet n’a émergé au cours des derniers mois, mais rarement la situation du secteur aura paru aussi confuse », dénonçait le sénateur LR Jean-Raymond Hugonet en introduction du rapport.

Un manque de transparence

Des problématiques qu’illustrerait l’échec de la plateforme de vidéo à la demande lancée par M6 et TF1. France Télévisions n’étant pas l’éditeur des programmes de la plateforme, le groupe n’a pas accès au détail des investissements et des dépenses de fonctionnement, rappelle le Sénat. Avant d’arguer que « France Télévisions n’était finalement là que pour combler les pertes, soit 42 millions d’euros fin 2021. » L’institution qualifie le projet d’« investissement absurde » et souhaite que son coût soit « actualisé et transmis au Parlement dans les plus brefs délais ».

Construire une nouvelle stratégie efficace

Face à l’échec de Salto, qui n’aura pas résisté à celui de la fusion de M6 et TF1, le sénateur Roger Karoutchi renouvelle les inquiétudes du Sénat et appelle le gouvernement à élaborer « les grands axes d’une réforme de l’audiovisuel public », intégrant « le développement d’une stratégie numérique innovante respectant la spécificité du service public ». A l’image de projets qui ont fait leur preuve, comme les podcasts de Radio France et la plateforme Arte.tv.

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