Elysee Palace : Official government family picture
France s Prime Minister Francois Bayrou speaks with France s Minister of Overseas Manuel Valls and France s President Emmanuel Macron after posing for a familly picture with members of his government ahead of the weekly cabinet meeting at the Elysee palace in Paris, on July 2, 2025.//01ACCORSINIJEANNE_GOV.005/Credit:JEANNE ACCORSINI/SIPA/2507021043

Dissolution, démission d’Emmanuel Macron : que demandent les oppositions si le gouvernement Bayrou est renversé ?

Nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale demandée par le Rassemblement national, motion de destitution d’Emmanuel Macron déposée par La France insoumise, les oppositions se projettent après le vote de confiance du 8 septembre.
Stephane Duguet

Temps de lecture :

5 min

Publié le

François Bayrou donne « 13 jours » aux oppositions pour réfléchir et décider si oui ou non elles voteront contre la confiance au gouvernement le 8 septembre prochain. A l’université d’été de la CFDT, le Premier ministre leur a demandé de renoncer à leurs « réflexes spontanés ». Le vote organisé à l’initiative du chef du gouvernement aura lieu à l’Assemblée nationale le 8 septembre devant des députés qui ont déjà exprimé leur choix par médias interposés. Dès la fin de la conférence de presse organisée hier, La France insoumise, le Rassemblement national, les Ecologistes, le Parti communiste et le Parti socialiste ont annoncé qu’ils voteraient contre la confiance et feraient ainsi chuter le gouvernement. Signe que ces positions sont bien arrêtées, les oppositions se projettent déjà après le vote du 8 septembre.

Nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale

Les troupes de Marine Le Pen et Jordan Bardella continuent de plaider en faveur d’une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale. La cheffe des députés du Rassemblement national (RN) estime que « seule la dissolution permettra désormais aux Français de choisir leur destin. » Marine Le Pen espère ainsi, en dépit de l’inéligibilité qui la frappe et dont elle a fait appel, que si de nouvelles élections législatives devaient se tenir, son parti remporterait la majorité absolue.

Mais la dissolution n’a rien d’automatique. Elle relève de la compétence du président de la République prévue par l’article 12 de la Constitution. Même si le gouvernement de François Bayrou doit démissionner après le vote de confiance, Emmanuel Macron est seulement tenu de nommer un Premier ministre, en aucun cas de dissoudre l’Assemblée nationale. « S’il est un président responsable, il se tourne vers les Français, il dissout l’Assemblée et il leur dit ‘donnez une majorité’ », affirmait ce mardi Sébastien Chenu, vice-président du RN sur Europe 1 et Cnews.

Le scénario d’une nouvelle dissolution est pour le moment exclu par Emmanuel Macron mais le ministre de la Justice Gérald Darmanin a indiqué ce matin sur France 2 qu’il « ne faut pas écarter cette hypothèse ». D’autres macronistes comme la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet estime, au contraire, que ce n’est pas souhaitable de renvoyer les députés devant les électeurs un an à peine après leur élection.

A gauche, les socialistes, les communistes et les écologistes se préparent à devoir repartir en campagne bien qu’ils n’appellent pas de leurs vœux une nouvelle dissolution de la chambre basse. « Il y a encore d’autres solutions avant de renverser la table, assure auprès de Public Sénat Thomas Dossus, sénateur écologiste et membre du bureau politique du parti. L’urgence est de trouver un budget pour la France et on appelle Emmanuel Macron à changer de politique économique. » Son collègue communiste Ian Brossat abonde : « Nous avons besoin que le président de la République sorte du déni et tienne enfin compte des résultats des élections législatives en mettant en place une politique de justice sociale. »

Démission ou destitution d’Emmanuel Macron

Les deux sénateurs se montrent encore plus réservés sur la destitution du chef de l’Etat demandée par La France insoumise. Jean-Luc Mélenchon a rappelé sur France Inter ce lundi « la nécessité qu’on passe à autre chose ». Et s’il pense à la chute du gouvernement Bayrou, il regarde surtout du côté de l’Elysée. « Il faut aller à la cause. M. Bayrou n’est pas le responsable de la situation dans laquelle il se trouve. C’est tous ceux qui l’ont précédé par leurs mauvaises politiques économiques et leurs politiques de gestion. S’il y a un responsable, c’est le président de la République », a tancé le fondateur de LFI. Ainsi, il a annoncé que les députés insoumis déposeront le 23 septembre comme l’an dernier, une motion de destitution d’Emmanuel Macron. La procédure avait été rejetée à l’Assemblée nationale en commission des Lois et en conférence des présidents empêchant son examen en hémicycle.

Dans le cas de la motion de destitution, il reviendrait aux députés et sénateurs de se prononcer par un vote. Dans le cas d’une démission, c’est une décision qui revient au chef de l’Etat lui-même. Une hypothèse loin d’être probable : « Si le président de la République démissionnait aujourd’hui, cela signifierait que tous les prochains présidents de la République, en cas d’élections intermédiaires perdues ou en cas de crise politique ou sociale » devraient eux aussi démissionner, réagit sur Franceinfo Patrick Mignola, ministre des Relations avec le Parlement. Ce proche parmi les proches de François Bayrou se refuse d’imaginer un départ d’Emmanuel Macron : « Ce n’est pas ce que je veux pour mon pays ! »

Partager cet article

Dans la même thématique

Le Pen ok
7min

Politique

« Il n’était pas fiable » : le départ du conseiller de Jordan Bardella, François Durvye, de la campagne de Marine Le Pen, rappelle les divergences qui traversent le RN

Le divorce entre François Durvye, conseiller éco de tendance libérale, et Marine Le Pen, en plein débat au Medef, montre que le RN connaît encore des différences de lignes internes sur l’économie. Dans l’entourage de Marine Le Pen, on assure que « Jordan Bardella n’a rien à voir là-dedans. C’est l’ego contrarié d’un haut fonctionnaire. Point ».

Le

Capture d’écran du documentaire « 39-45, les cheminots dans la résistance » de Emmanuel Roblin
3min

Politique

Les « docus de l’été » : Les cheminots français sous le nazisme, de résistants individuels à la paralysie du réseau

Instrument essentiel de la logistique en temps de guerre, les cheminots français ont très tôt mesuré l’utilité du réseau de chemins de fer pour l’ennemi. Dès 1942, et avant toute autre forme de résistance, ils ont agi pour faire dérailler la machine nazie. "39-45, les cheminots dans la résistance", un documentaire de Emmanuel Roblin à voir cet été sur Public Sénat.

Le

« Ce qui m’a surpris, c’est… » : le premier débat de la présidentielle vu par les chefs d’entreprise présents à l’université d’été du Medef
7min

Politique

« Ce qui m’a surpris, c’est… » : le premier débat de la présidentielle vu par les chefs d’entreprise présents à l’université d’été du Medef

Le premier débat de la présidentielle s’est joué ce 27 août à Paris face aux tribunes de Roland-Garros, entre sept candidats déclarés, sur des thématiques économiques chères à l’organisation patronale. Les dirigeants ou cadres que nous avons rencontrés ressortent mitigés de cet échange. Les deux anciens premiers ministres d’Emmanuel Macron, Gabriel Attal et Édouard Philippe, ont sans surprise pris l’ascendant face à ce parterre.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : Premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
9min

Politique

Dette, retraites, fiscalité… que retenir du premier débat des candidats à l’élection présidentielle ?

Ce jeudi, sept candidats à la présidentielle ont tenu le premier débat de la campagne, aux journées d’été du Medef. Pendant plus de deux heures, Bruno Retailleau (les Républicains), Edouard Philippe (Horizons), Raphaël Glucksmann (Place publique), Jean-Luc Mélenchon (la France Insoumise), Marine Le Pen (Rassemblement national), Gabriel Attal (Renaissance) et Marine Tondelier (les Ecologistes) ont échangé sur le sujet de la dette publique, des retraites ou encore du coût du travail.

Le