Distribution des professions de foi : Darmanin sous le feu des critiques au Sénat
Le ministre de l’Intérieur a fait face à une salve de critiques sur les dysfonctionnements de l’envoi des professions de foi, lors des questions au gouvernement. Gérald Darmanin a rappelé que la privatisation de ce service a été négociée entre 1997 et 2002, sous un gouvernement socialiste.

Distribution des professions de foi : Darmanin sous le feu des critiques au Sénat

Le ministre de l’Intérieur a fait face à une salve de critiques sur les dysfonctionnements de l’envoi des professions de foi, lors des questions au gouvernement. Gérald Darmanin a rappelé que la privatisation de ce service a été négociée entre 1997 et 2002, sous un gouvernement socialiste.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

De la droite à la gauche de l’hémicycle, des salves de critiques ont convergé vers le ministre de l’Intérieur lors des questions d’actualités au gouvernement, ce mercredi. En cause : la non-distribution des professions de foi des candidats aux élections régionales et départementales observées à plusieurs endroits.

« Avec la crise sanitaire qui a privé les candidats de faire campagne, vous n’aviez aucun droit à l’erreur ! », a grondé le sénateur LR, Laurent Duplomb, dénonçant « une distribution chaotique et inadmissible des documents de propagande ». « Votre fiasco de la distribution a abouti dimanche à une abstention record », a aussi accusé le sénateur de la Haute-Loire, dénonçant un « hold-up de la démocratie » (voir la vidéo ci-dessous).

Alors que Gérald Darmanin était auditionné par la commission des Lois ce matin, le sénateur socialiste, Jérôme Durain, a fustigé un ministre qui selon lui se défausse : « Puisque c’est la faute de tout le monde sauf la vôtre il reviendra à la commission d’enquête du Sénat », a-t-il lancé avant de demander « à quel taux de non-distribution de la propagande électorale estimez-vous que votre propre responsabilité est engagée ? »

Le ministre de l’Intérieur s’est empressé de rappeler le rôle du gouvernement socialiste de l’époque dans la privatisation du service de distribution de la propagande électorale. « Il est un fait établi que la privatisation de la distribution du courrier, dont la distribution de la propagande électorale, a été négociée à l’époque par le gouvernement que vous souteniez à l’époque entre 1997 et 2002 », a-t-il rétorqué.

Et d’expliquer davantage : « Il y a deux directives européennes de 1997 et 2002 qui ont libéralisé le service postal et notamment la propagande électorale […] une loi de 2005 a obligé le gouvernement à mettre en concurrence ce service », indique le ministre tout en assurant que « les moyens (alloués à la distribution de la propagande électorale) ont doublé en 15 ans ».

Cela étant, « ces dysfonctionnements graves de la propagande électorale, à notre connaissance, touchent 9 % de plis pour les deux sociétés qui ont gagné ces marchés : La Poste qui avait la moitié du marché, et de l’autre côté la société Adrexo », renseigne le ministre de l’Intérieur.

S’il reconnaît « des dysfonctionnements inacceptables », l’abstention ne saurait s’expliquer par cet unique facteur, avance-t-il. « En 2015, une élection sans concomitance, une élection qui n’a pas été reportée, une élection où les professions de foi sont arrivées à l’heure : seul 50 % des Français sont allés voter. Plus de 20 points en plus d’abstention en vingt ans », souligne Gérald Darmanin.

Idem pour la privatisation. « Si vous regardez le taux de participation dans les bureaux de vote où La Poste a distribué et celui dans les bureaux où c’est Adrexo, il y a un point de différence de participation », assure-t-il.

Le ministre de l’Intérieur se dit par ailleurs ouvert à des discussions avec le Sénat pour éviter que cette situation ne se reproduise. « Que nous puissions dire à la société Adrexo qu’une partie du marché ne doit pas être payée voire qu’on révoque ce marché est une évidence », indique également Gérald Darmanin.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

PARIS, Affaire Lyhanna, Manifestation interdite place Vendome.
7min

Politique

Affaire Lyhanna : vers une commission d’enquête au Sénat sur les « dysfonctionnements de la justice » ?

La commission des lois du Sénat pourrait prochainement se doter des prérogatives d’une commission d’enquête afin de faire la lumière sur les dysfonctionnements révélés par l’affaire Lyhanna. Selon les informations recueillies par Public Sénat, la présidente de la commission, Muriel Jourda, devrait proposer dès mercredi 10 juin à ses collègues d’engager cette démarche

Le

PARIS: Conference de presse de Gerald Darmanin Gardes des Sceaux Ministre de la Justice
6min

Politique

Affaire Lyhanna : l’idée de Gérald Darmanin de redonner à la Chancellerie un pouvoir d’instruction dans les affaires individuelles, « hasardeuse et contreproductive », selon les juristes

Auditionné par la commission des lois du Sénat, sur les défaillances qui ont conduit à l’affaire Lyhanna, Gérald Darmanin a évoqué l’idée de revenir sur l’interdiction pour le garde des Sceaux de donner des instructions dans les affaires individuelles. Une possibilité qui existait jusqu’en 2013, avant la réforme sur l’indépendance du parquet.

Le

Paris : Session of questions to the government at National Assembly
3min

Politique

Affaire Lyhanna : perpétuité pour les viols en série, enquêtes plus rapides…  les premières réponses de Sébastien Lecornu

Après avoir réuni plusieurs ministres ce mardi matin dans le sillage de l’affaire Lyhanna, Sébastien Lecornu veut renforcer les peines pour les violeurs en série et imposer un délai d’enquête de trois mois lorsque l’auteur d’un crime sur enfant est identifié. Deux mesures, parmi d’autres, qui seront intégrées dans le projet de loi sur la protection des enfants.

Le

Distribution des professions de foi : Darmanin sous le feu des critiques au Sénat
2min

Politique

Affaire Lyhanna : Muriel Jourda n’écarte pas « un problème structurel qui a pu conduire à ce drame épouvantable »

Après l’audition du ministre de la Justice et du ministre de l’Intérieur sur les défaillances qui ont conduit à l’affaire Lyhanna, la présidente de la commission des lois du Sénat, Muriel Jourda (LR) évoque la possibilité « d’un problème structurel » dans le fonctionnement du service public de la justice. Elle préconise d’attendre le passage en revue des 70 000 plaintes pour crime et délit concernant des enfants d’ici la fin du mois de juillet, pour se prononcer.

Le