Donald Trump : un « mur » qui paralyse
Invitée de l’émission « On va plus loin », Marie-Cécile Naves, chercheuse à l’IRIS, spécialiste des États-Unis, décortique la stratégie de Donald Trump, lancé dans un bras de fer pour imposer son « mur ».

Donald Trump : un « mur » qui paralyse

Invitée de l’émission « On va plus loin », Marie-Cécile Naves, chercheuse à l’IRIS, spécialiste des États-Unis, décortique la stratégie de Donald Trump, lancé dans un bras de fer pour imposer son « mur ».
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Mardi, Donald Trump a défendu, de la Maison Blanche, son projet de « mur » qu’il veut bâtir à la frontière avec le Mexique. Ce mur est à l’origine depuis le 21 décembre d’une paralysie de l’administration américaine (« shutdown »).

Pour Marie-Cécile Naves, chercheuse à l’IRIS, spécialiste des États-Unis, le fait que Donald Trump se soit présenté à ses compatriotes américains, dans le bureau ovale, avec une certaine solennité, a de l’importance, même si le président des États-Unis a très vite repris ses vieilles habitudes en tweetant dès le lendemain matin : « C’est la mise en scène d’une opposition frontale aux démocrates (…) depuis les midterms, qui ont vu la victoire des démocrates à la Chambre des représentants. Il y a une sorte (…) de cohabitation face à Trump (…) Le mur est presque un prétexte à cette opposition (…) qui va sans doute durer jusqu’à la présidentielle de 2020. Car Trump est déjà en campagne électorale. »

Avec cette affaire de « mur », Donald Trump « cherche à galvaniser » sa base électorale. Mais la chercheuse à l’IRIS souligne que le président des États-Unis « est contredit par ses propres services quand il dit que les terroristes entrent par la frontière avec le Mexique ».  

Et elle ajoute : « Il est contredit par un certain nombre de think Tanks libertariens (…) comme le Cato Institute, qui dit que la criminalité aux États-Unis est plus le fait des Américains que des sans-papiers. On est dans cette obsession de la construction d’un mur, comme si cette construction (…) pouvait résoudre tous les problèmes et tout le sujet extrêmement complexe de l’immigration légale et illégale aux États-Unis. »

« Une obsession identitaire »

Marie-Cécile Naves explique que Donald Trump vit dans « une obsession identitaire » qui lui fait penser que « étrangers = criminels = drogues = violences ».

Quant au « shutdown » qui dure depuis le 21 décembre, sa prolongation n’est souhaitable pour quiconque : « Personne n’a rien à gagner à ce que le « shutdown » continue. C’est une situation qui est très impopulaire, qui (…) attise la défiance de la population américaine vis-à-vis des institutions et des élites. Et puis du côté des élus, républicains comme démocrates, ils savent très bien que ce n’est pas leur intérêt (…) parce qu’il y a des élections en 2020. Vis-à-vis de leurs électeurs et de leur base, ce n’est pas du tout une bonne chose. »  

Jusqu’à présent le plus long « shutdown » a duré 21 jours, mais pour Marie-Cécile Naves, « il n’est pas exclu que le fait de battre un record soit un peu dans l’objectif de Donald Trump ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Weekly session of questions to the government
3min

Politique

Après la nomination controversée d’Amélie de Montchalin à la Cour des comptes : les sénateurs socialistes déposent un texte pour encadrer son mandat

Nommée par Emmanuel Macron à la tête de la Cour des comptes, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin qui va disposer d’un mandat irrévocable, pourrait rester rue de Cambon une trentaine d’années. C’est trop pour les sénateurs socialistes qui ont déposé une proposition de loi pour limiter son mandat.

Le

Sciences Po Lyon
5min

Politique

Mort de Quentin : vers la fin des réunions politiques dans les universités ?

Après la mort du militant nationaliste, Quentin Deranque, le gouvernement a appelé les présidents d’universités à interdire les réunions politiques dans leurs établissements en cas de risque de trouble à l’ordre public. Un rappel du droit existant qui fait craindre une « neutralisation des campus ».

Le

Donald Trump : un « mur » qui paralyse
4min

Politique

Mort de Quentin : « Un jeune perd la vie, quelles que soient ses idées politiques, c’est inacceptable » déclare le sénateur David Ros

La mort de Quentin Deranque, 23 ans, survenue samedi 14 février à Lyon, deux jours après une violente agression en marge d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan à l’Institut d’études politiques de Lyon, a suscité une vive émotion et des réactions en cascade au sein de la classe politique. L’enquête pour « homicide volontaire », ouverte par le parquet de Lyon, se poursuit sans interpellation à ce stade. La question a notamment été évoquée lors des réunions hebdomadaires des groupes au Sénat.

Le

Elysee Palace : Emmanuel Macron welcomes European Council President Antonio Costa
3min

Politique

Les sénateurs communistes veulent réduire les pouvoirs du Président de la République

Mercredi 25 février, les communistes du Sénat défendront une proposition de loi constitutionnelle visant à « restreindre certaines prérogatives du Président de la République ». Il s’agit de retirer des prérogatives du chef de l’Etat et de les transférer au Premier ministre, comme le pouvoir de dissolution ou encore la présidence du Conseil des ministres.

Le