Dons aux associations : le Sénat augmente de 66 à 70% la réduction d’impôt
Dans le cadre de l’examen du budget, les sénateurs de droite et de gauche ont augmenté la réduction d’impôt permise par un don à une association. Ils espèrent ainsi lutter contre la diminution des donations. Le gouvernement s’est opposé à la mesure et pourra l’annuler à l’Assemblée.

Dons aux associations : le Sénat augmente de 66 à 70% la réduction d’impôt

Dans le cadre de l’examen du budget, les sénateurs de droite et de gauche ont augmenté la réduction d’impôt permise par un don à une association. Ils espèrent ainsi lutter contre la diminution des donations. Le gouvernement s’est opposé à la mesure et pourra l’annuler à l’Assemblée.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Au moment où les Restos du cœur lancent, ce mardi 27 novembre, leur 34e campagne d’hiver, les sénateurs ont voté un coup de pouce fiscal qui sera, s’il est conservé, salutaire pour bon nombre d’associations. C’est un hasard, mais en cette journée mondiale de la générosité, le vote des sénateurs ne pouvait pas mieux tomber.

Dans le cadre de la discussion sur le budget 2019, les sénateurs ont en effet adopté un amendement de la sénatrice LR Laure Darcos qui vise à inciter davantage les Français à faire des dons aux associations. Car les donations baissent. Selon France générosités, qui rassemble près de 100 associations et fondations, les dons ont diminué de plus de 6 % au premier semestre. « L’institut Pasteur prévoit une baisse d’un million d’euros de collectes auprès de ses donateurs fidèles » illustre Laure Darcos, qui alerte :

« Ça va devenir dramatique pour certaines associations »

La faute, selon la sénatrice de l’Essonne, à « l’introduction de nouvelles dispositions fiscales, comme la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) et le prélèvement à la source, qui crée un climat d’insécurité peu propice aux donations ».

Sa solution est simple : « Afin d’inciter les donateurs à confirmer leur engagement, il est proposé de faire passer le montant de la réduction d’impôt sur le revenu accordée au titre des dons faits par les particuliers à un organisme d’intérêt général ou reconnu d’utilité publique de 66 % à 70 %, dans la limite de 20 % du revenu imposable » fait valoir Laure Darcos (voir la première vidéo). Des amendements similaires, non adoptés, ont été présentés par Olivier Léonhardt pour le groupe RDSE et par Bernard Magnier pour le groupe PS. Ils proposaient de fixer la réduction à 75% et 68%.

« Toutes les associations et fondations tirent la sonnette d’alarme »

« Toutes les associations et fondations tirent la sonnette d’alarme sur la baisse des dons de 15 à 20 % » a reconnu Albéric de Montgolfier, rapporteur LR du budget au Sénat. Il y voit plusieurs explications : la suppression de l’ISF, alors que certains donateurs en profitaient pour « réduire leur ISF par des dons » ; l’augmentation de la CSG « qui pèse sur le pouvoir d’achat » des retraités, « qui sont parmi les plus gros donateurs » ; et enfin, avec la mise en place du prélèvement à la source, « les particuliers sont amenés à différer leurs dons ». Mais face à l’absence de chiffrage de la mesure de Laure Darcos, Albéric de Montgolfier se dit « très réservé, uniquement pour raison de coût ».

Au nom du gouvernement, le secrétaire d’Etat Olivier Dussopt s’est aussi opposé à l’amendement pour raison budgétaire. Il rappelle que l’exécutif a déjà décidé de « verser au 15 janvier un acompte de 60% sur le montant du crédit d’impôt lié à des dons fait par les contribuables, de façon à ce que le prélèvement à la source ne se traduise pas par une perte de trésorerie ». Autrement dit, « cet acompte pourra réinciter à faire des dons » (voir la vidéo ci-dessous). Lors du retour du budget à l’Assemblée, où le gouvernement dispose de la majorité, le gouvernement devrait pouvoir revenir sur le vote des sénateurs.

Olivier Dussopt sur la réduction d'impôt liée aux dons aux associations
01:01

Partager cet article

Dans la même thématique

Rachida Dati, at the Mutualite, 2026 municipal elections. Paris.
9min

Politique

Municipales 2026 : les LR visent la stabilité, tout en rêvant d’un exploit à Paris

En tenailles entre l’érosion du vote LR dans les grandes villes et le spectre d’une « union des droites » portée par le RN, le parti de Bruno Retaileau mise sur son solide maillage territorial pour résister lors du scrutin des 15 et 22 mars prochains. LR pourrait toutefois créer la surprise à Nantes et Besançon. Surtout, la droite caresse l’espoir d’un basculement historique à Paris avec Rachida Dati.

Le

BORDEAUX : second round of mayoral elections
17min

Politique

Municipales : les enjeux détaillés, parti par parti

Pour les élections municipales, les enjeux sont multiples. Les LR et le PS tentent de conserver leurs nombreuses villes moyennes, pour la droite, ou grandes, pour la gauche et les écolos, avec une élection cruciale à Paris, que vise Rachida Dati. Pour le RN et LFI, qui partent de loin, il s’agit de renforcer l’implantation locale. Le parti d’extrême droite vise Toulon et rêve de gagner Marseille. Horizons essaie de garder ses grands maires. Et pour Renaissance, ce sera à nouveau un scrutin difficile. Le scrutin du 15 et 22 mars devrait réserver quelques surprises.

Le

« Le gouvernement est à l’action », tient à rassurer Sébastien Martin.
4min

Politique

Prix des carburants : « Il n’y a pas de risque de pénurie », déclare Sébastien Martin

En réaction aux bombardements israélo-américains, l’Iran a bloqué le détroit très stratégique d'Ormuz. Plus de 20 % des stocks de pétrole mondiaux y transitent par bateaux, entraînant une flambée du prix des carburants à travers le monde. Invité dans l’émission Bonjour chez vous, le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, a tenu à balayer les inquiétudes des particuliers et des professionnels.

Le

Elections Legislatives bureau de vote a Nice
3min

Politique

Intercommunalités : l’autre scrutin des élections municipales

Souvent éclipsées par l’élection des conseils municipaux, les intercommunalités jouent pourtant un rôle clé dans la vie quotidienne des habitants. Les 15 et 22 mars, les électeurs désigneront aussi, parfois sans le savoir, les élus chargés de gérer à l’échelle de plusieurs communes des compétences essentielles comme les transports, l’aménagement du territoire ou le développement économique.

Le