Drapeaux en berne : Louis Aliot dénonce le « manque de respect » d’un exécutif corse « qui prend ses distances avec notre République »
Invité de notre matinale vendredi, le maire RN de Perpignan, Louis Aliot, a regretté les honneurs réservés en Corse à la dépouille d’Yvan Colonna, l’assassin du préfet Erignac. Ce proche de Marine Le Pen fustige aussi le silence de l’Etat face à certaines revendications locales.

Drapeaux en berne : Louis Aliot dénonce le « manque de respect » d’un exécutif corse « qui prend ses distances avec notre République »

Invité de notre matinale vendredi, le maire RN de Perpignan, Louis Aliot, a regretté les honneurs réservés en Corse à la dépouille d’Yvan Colonna, l’assassin du préfet Erignac. Ce proche de Marine Le Pen fustige aussi le silence de l’Etat face à certaines revendications locales.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Arrivé en Corse mercredi soir, la dépouille du militant indépendantiste Yvan Colonna, mort lundi des suites de sa très violente agression par un codétenu à la prison d’Arles, a été accueillie par une haie d’honneur à Ajaccio. Dans le même temps, la collectivité territoriale de Corse, aux mains des autonomistes, a fait mettre ses drapeaux en berne. Cette initiative a soulevé de très nombreuses condamnations politiques sur le continent, mais aussi des avertissements sur une éventuelle flambée des violences une fois passé le temps du deuil. Invité vendredi matin de « Bonjour chez vous » sur Public Sénat, Louis Aliot, le maire RN de Perpignan a renvoyé dos à dos l’Etat et les autorités locales.

« Pendant longtemps le gouvernement n’a pas trop écouté les revendications légitimes des familles des détenus corses. Il n’y a aucune raison qu’ils ne puissent pas purger leur peine sur l’île. C’est une nécessité. De l’autre côté, il y a cet exécutif corse qui, petit à petit, prend ses distances avec notre République, notre pays, ce qui n’est pas très sain car la Corse, c’est la France », martèle Louis Aliot.

« Monsieur Darmanin s’est précipité en proposant tout de suite un statut d’autonomie »

Sur la question des drapeaux, « je ne comprends pas l’exécutif corse qui gère l’île », poursuit notre invité. « C’est un manque de respect par rapport à la famille Erignac, ce n’était pas nécessaire », regrette l’édile. « Il faut respecter le deuil de la famille Colonna, c’est évident, et respecter nos amis corses, qui ont été très nombreux à condamner l’assassinat du préfet Erignac. Ce n’est pas la peine de jeter de l’huile sur le feu, d’agrandir les fractures qui existent déjà entre la Corse et le continent », explique-t-il.

Louis Aliot dénonce également « les promesses inconsidérées » de l’Etat, reprochant au gouvernement sa gestion chaotique de ce dossier. « Quand je vois que Monsieur Darmanin [le ministre de l’Intérieur, ndlr] s’est précipité en proposant tout de suite un statut d’autonomie, sans en parler à personne, sans mettre autour de la table d’autres personnes que ceux qui le demandent en Corse, je trouve ça un peu cavalier, ce n’est pas faire preuve de responsabilité dans la gestion d’un territoire particulièrement fragile de notre pays », tacle ce proche de Marine Le Pen.

Le silence d’Éric Dupond-Moretti

Surtout, il estime que l’agression d’Yvan Colonna représente un « scandale d’Etat ». « Comment, dans une prison française, un détenu aussi sensible que Monsieur Colonna peut être laissé à la merci d’un islamiste, d’une personnalité particulièrement dangereuse, sans surveillance, et autant de temps ? », interroge-t-il. « Très honnêtement, les explications du directeur de l’administration pénitentiaire n’ont convaincu personne ». Louis Aliot pointe aussi le silence du garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, ancien avocat d’Yvan Colonna, et qui n’a pas encore pris la parole dans ce dossier. « Cela pose un problème par rapport à sa mission. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Drapeaux en berne : Louis Aliot dénonce le « manque de respect » d’un exécutif corse « qui prend ses distances avec notre République »
3min

Politique

Après son arrivée chez Grasset, relié à Vincent Bolloré, Boualem Sansal assure ne « pas du tout » se rapprocher de l’extrême-droite 

Invité de la matinale de Public Sénat ce mardi 14 avril, Boualem Sansal est revenu sur son récent départ de Gallimard, son éditeur historique, vers Grasset, relié au milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Interrogé sur ce choix et sur d’hypothétiques liens avec l’extrême-droite, l’écrivain franco-algérien assure ne « pas du tout » se rapprocher de ce camp politique et dit « picorer » ses idées « à droite » et « à gauche ».

Le

36071660134
5min

Politique

« La République a besoin de votre voix » : au Sénat, collégiens et lycéens dissertent sur la liberté d’expression lors d’un concours d’éloquence

Plusieurs dizaines de collégiens et lycéens, principalement originaires de Seine-Saint-Denis, se sont affrontés lors de la 8ème édition du Concours d'éloquence de la jeunesse, lundi 13 avril, au Sénat. L’occasion de philosopher sur les limites de la liberté d’expression et d’ « affirmer sa place dans la société », comme les y a invités le sénateur Ahmed Laouedj.

Le

Paris mouvement des avocats contre le projet de loi SURE
6min

Politique

Justice criminelle : devant le Sénat, les avocats, en colère, dénoncent « un problème démocratique » et demandent le « retrait du texte »

Plusieurs centaines d’avocats ont manifesté leur rejet du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes, qui démarre son examen au Sénat lundi. Au premier rang des griefs du texte soulevés par la profession, l’instauration d’un plaider-coupable, une nouvelle procédure judiciaire plus rapide quand l’accusé reconnaît les faits.

Le