Drogue : Stéphane Le Rudulier s’insurge contre les « Chicago-sur-Rhône » ou « Bronx-sur-Loire »
Le sénateur LR des Bouches-du-Rhône Stéphane Le Rudulier a demandé au ministre de l’Intérieur si le gouvernement était « prêt véritablement à mener la guerre » contre les trafiquants de drogue ce 18 janvier 2023.

Drogue : Stéphane Le Rudulier s’insurge contre les « Chicago-sur-Rhône » ou « Bronx-sur-Loire »

Le sénateur LR des Bouches-du-Rhône Stéphane Le Rudulier a demandé au ministre de l’Intérieur si le gouvernement était « prêt véritablement à mener la guerre » contre les trafiquants de drogue ce 18 janvier 2023.
Guillaume Jacquot

Par Public Sénat

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Marseille fait une nouvelle fois parler d’elle sur un sujet lourd. La semaine dernière, la presse relayait l’initiative d’habitants du onzième arrondissement. Dans la cité des Campanules, des riverains se sont relayés pour occuper le terrain et éviter que leur quartier ne tombe aux mains des dealers. Un sujet dont s’est saisi le sénateur LR des Bouches-du-Rhône Stéphane Le Rudulier, ce 18 janvier lors des questions d’actualité au gouvernement. « Quand des citoyens en viennent à devoir se protéger par eux-mêmes, c’est le début d’une lente déconstruction du processus de civilisation. L’État recule, les lois de la République s’effacent, la loi du plus fort s’impose à tous », s’est inquiété le sénateur de la commission des lois.

« Comment des quartiers autrefois tranquilles, se sont transformés, en moins d’une génération, en Chicago-sur-Rhône ou Bronx-sur-Loire ? » s’est-il interrogé. Selon lui, « l’explosion de la délinquance des mineurs, l’effondrement de la chaîne pénale, la surpopulation carcérale et la banalisation de la drogue » expliquent cette situation. Face à cela, le parlementaire réclame une action forte de l’État. « Seule la fermeté, la guerre contre ce fléau, sans relâche, pourra régler définitivement ce problème. Êtes-vous prêts, véritablement, à mener cette guerre ? » a-t-il demandé.

« Je ne peux pas vous laisser dire que l’État baisse les bras »

Laissant le volet pénal à son collègue Dupond-Moretti, qui aura l’occasion de présenter un texte dans les prochaines semaines, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin n’a pas voulu laisser passer la moindre allusion de faiblesse sur l’action de son propre ministère. Il faut dire qu’il fait de la lutte contre le trafic de stupéfiants l’une de ses priorités à Beauvau. « Je ne peux cependant pas vous laisser dire que l’État baisse les bras ou que l’autorité de l’État n’est pas au rendez-vous, ou que cette guerre n’est pas menée. »

Pour illustrer ses propos, le ministère a eu recours à l’une de ses méthodes fétiches aux questions au gouvernement : répondre avec des données sur la circonscription du sénateur. En un an, 90 % de trafiquants en plus ont été arrêtés, et les saisies de cannabis ont doublé, passant de 2,8 tonnes à 5,7 tonnes. Quant à la cité phocéenne, elle a vu arriver 300 policiers et gendarmes supplémentaires en l’espace d’un an et demi. « Ce qui manque, ce sont des caméras de vidéoprotection », a toutefois regretté le ministre, espérant convaincre le maire PS Benoît Payan d’accélérer le pas.

Stéphane Le Rudulier n’a pas été rassuré sur toute la ligne, conservant l’essentiel de ses critiques en direction du ministère de la Justice. « Je pense clairement qu’il faut aller plus loin : construire des prisons, condamner et incarcérer systématiquement les primo-délinquants sur le chemin de la multirécidive, en finir avec l’excuse de minorité. »

À lire aussi » Les mesures d’Éric Dupond-Moretti face au « délabrement » de la justice

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