Drôme: démission du président LR du conseil départemental
Le président du conseil départemental de la Drôme, Patrick Labaune (LR), a annoncé sa démission lundi, désavoué pour avoir agi en...

Drôme: démission du président LR du conseil départemental

Le président du conseil départemental de la Drôme, Patrick Labaune (LR), a annoncé sa démission lundi, désavoué pour avoir agi en...
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Le président du conseil départemental de la Drôme, Patrick Labaune (LR), a annoncé sa démission lundi, désavoué pour avoir agi en sous-main contre le maire de Valence, son collègue des Républicains Nicolas Daragon.

"Ma décision est le signe d'une volonté d'apaisement", a déclaré l'élu dans un communiqué. Elle a été annoncée lors d'une réunion de la commission permanente de la collectivité, où M. Labaune risquait d'être mis en minorité.

"Il n'y a pas eu de vote, on n'a pas compté", a dit à l'AFP M. Labaune, qui estime avoir été "piégé". Selon une source au sein de la droite locale, seuls deux des 21 élus de sa majorité soutenaient encore M. Labaune.

Âgé de 65 ans, le député sortant de la 1ère circonscription de la Drôme, qui ne se représente pas en juin, restera conseiller du canton de Valence 4. L'assemblée a un mois pour élire son successeur, l'intérim étant assuré par Marie-Pierre Mouton (LR), actuelle première vice-présidente. "Nous sommes un groupe uni et solidaire dans ce moment difficile", a commenté celle-ci.

La semaine dernière, Le Dauphiné Libéré avait révélé une conversation entre M. Labaune et un élu local de Debout la France, Damien Toumi, enregistrée en mars à l'insu du président du département. M. Labaune y incitait ce dernier à se présenter à Valence aux prochaines municipales en critiquant le "gauchisme" de M. Daragon.

"Je suis très inquiet sur Valence, arabisation forcenée, logements sociaux de partout, les gens gueulent (...) Et qui est-ce qui en profite, c'est le Front. Or le Front, ils ont pas de jeunes, aucun (...) donc je me dis y a une chance pour 2020 (...). Tu vas t'investir politiquement sur Valence et moi, je serai derrière, sans apparaître parce que je peux pas", affirmait notamment M. Labaune.

"Les propos rapportés sont exacts, mais il s'agissait d'une conversation complètement privée", souligne aujourd'hui l'élu.

S'engager à Valence, "je l'ai proposé à lui (M. Toumi, ndlr) et à d'autres", précise-t-il. En ce qui concerne M. Toumi, "je l'ai fait pour l'écarter de Bourg-lès-Valence où il est élu et où il embête ma suppléante", maire de cette ville. La conversation enregistrée, que l'AFP a pu écouter, démarre sur ce constat d'une mésentente.

L'ancien maire PS de Valence, Alain Maurice, et un conseiller régional FN, Richard Fritz, avaient déjà confié au Dauphiné Libéré que le président du département se démenait en coulisses pour faire tomber M. Daragon en 2020.

Interrogé sur ses griefs, M. Labaune répond que le maire de Valence ne lui a "pas fait de cadeaux" depuis son élection à la tête du département en 2015. Mais l'antagonisme entre les deux hommes est plus ancien.

Élu maire de Valence en 1995, réélu en 2001, démissionnaire en 2004 pour entrer au conseil régional, puis battu en 2008 par M. Maurice, M. Labaune s'était opposé à M. Daragon pour conduire la liste de droite aux municipales de 2014, avant d'y renoncer et d'assister à la victoire de son jeune rival.

Celui-ci a salué lundi "une décision de responsabilité et de raison". "À l'heure où Patrick Labaune quitte ses mandats majeurs, je préfère me souvenir du parcours exceptionnel que nous avons accompli dans son équipe entre 1995 et 2004 au service des Valentinois", a-t-il ajouté.

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