Eau  : 40 ans après, comment les PFAS ont contaminé l’unique point de captage de ce village 

Entre 1980 et 2019, 12 500 points de captages d’eau potable dans les rivières ou les nappes souterraines ont été fermés en France. Laurent Baude, maire de Semoy dans le Loiret, est bien placé pour le savoir. L’unique point de captage de sa commune de 3200 habitants est fermé depuis un an et demi à cause d’une pollution au PFAS.
Sébastien Lambert

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« Des analyses ont révélé que l’eau était polluée par des PFAS avec un niveau de PFAS important supérieur à 300 nanogrammes par litre »

En 2026, de nouvelles normes sur la qualité de l’eau entreront en vigueur. La société Veolia en charge de la distribution de l’eau pour cette commune décide donc de faire des analyses dès 2023. Le résultat est sans appel : le taux de polluants éternels dépasse les normes autorisées. Par mesure de précaution, la métropole d’Orléans décide de fermer le forage et demande à l’Agence régionale de Santé de faire des analyses complémentaires, analyses qui confirment la pollution aux Pfas.

« La pollution s’infiltre progressivement dans les sols et atteint la nappe phréatique située à 60 ou 80 mètres de profondeur », précise le maire.

La préfecture et la métropole ont porté plainte et mènent des investigations pour comprendre d’où provient cette pollution. En attendant les résultats, l’hypothèse la plus sérieuse penche pour une activité industrielle vieille de 20, 30 ou peut-être même 40 ans.

« Notre forage était de très grande qualité, nous avions des analyses qui étaient excellentes et puis tout d’un coup on a cette information catastrophique sur la pollution par les PFAS »

Quentin Calmet, face aux sénateurs présents sur le plateau de Dialogue Citoyen, rappelle que le gouvernement a lancé un plan de protection pour les 35000 points de captages toujours actifs en France. Pour Antoinette Guhl, sénatrice écologiste de Paris, « La qualité de l’eau c’est le défi du siècle à venir ! » Elle souligne que près de 25 % des captages sont fermés pour cause de pollution. « On n’a pas le choix, si nous voulons avoir de l’eau de qualité, nous devons protéger nos captages et les surfaces de nos terres agricoles ».

Laurent Baude reste confiant, sa commune a pu continuer à distribuer de l’eau grâce à un raccordement au réseau de la métropole d’Orléans. L’espoir réside maintenant dans la mise en œuvre d’un traitement avant la distribution. Envisagé pour la fin de l’année 2025, l’utilisation de ces charbons actifs permettrait d’éliminer les PFAS et de pouvoir à nouveau distribuer de l’eau conforme à ses administrés.

Une émission à revoir en intégralité sur notre espace replay.

 

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