Écologie : cette fois-ci, pas de vacances pour M.Hulot
Nicolas Hulot est le nouveau ministre de la transition écologique et Solidaire. Un poste qu’il a refusé il y a un an à François Hollande. En 2007, il avait dit non à Nicolas Sarkozy. En 2002, il avait fait la même réponse à Jacques Chirac.

Écologie : cette fois-ci, pas de vacances pour M.Hulot

Nicolas Hulot est le nouveau ministre de la transition écologique et Solidaire. Un poste qu’il a refusé il y a un an à François Hollande. En 2007, il avait dit non à Nicolas Sarkozy. En 2002, il avait fait la même réponse à Jacques Chirac.
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Toujours placé, jamais gagnant, le nom de Nicolas Hulot est pour la première fois  associé à celui de ministre de l’Écologie. Pressenti à ce poste en 2002 , 2007, puis en 2016 lors du dernier remaniement du quinquennat de François Hollande, c’est finalement Emmanuel Macron qui aura fait sauter le pas à l’ancien journaliste, qui compte plus de 10 ans d’engagement politique derrière lui.

Dans les années 70, c’est comme photoreporter à l’agence SIPA à Paris que Nicolas Hulot commence sa vie active. Il a vite abandonné ses études de médecine pour effectuer de multiples petits boulots. Fils de Philippe Hulot, un aventurier, chercheur d’or au Venezuela puis chef d’entreprise en France,  et de Marguerite Hulot, mère au foyer devenue visiteuse médicale, c’est son grand-père paternel, architecte qui inspira Jacques Tati pour son film Les Vacances de Monsieur Hulot. Ce n’est pas sur grand écran mais à la télévision que le petit-fils va, lui, se faire connaître trente plus tard.

Ushuaïa : une émission, une fondation et des gels douche

L’émission Ushuaïa, le magazine de l’extrême, est diffusée pour la première fois en 1987 et marquera toute une génération, comme l’illustration cathodique de l’aventure au service de la nature. Car au bout de quelques années l’émission se pique d’écologie pour devenir Ushuaïa nature. Dans les années 90, le « combat » de l’animateur vedette se décline également en fondation, d’abord intitulée  Fondation Ushuaïa, elle est rebaptisée Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l'homme. L’ONG se fixe comme objectif « d’informer le public de l'état écologique de la planète, de convaincre le plus grand nombre de la nécessité de changer ses comportements, et d’inciter les pouvoirs publics à intégrer l'impératif écologique dans les politiques publiques ». Parallèlement, de nombreux produits dérivés Ushuaïa voient le jour : gel douche, lunette, papeterie et même une voiture. En 2005, l'ensemble des produits étiquetés Ushuaïa rapporte 100 millions d'euros, dont 1,9 million à TF1. Le reste est dispatché entre différents industriels détaille à l’époque Libération. Malheureusement, ce business entre parfois en contradiction avec l’écologie. Comme en 2006 lorsque Greenpeace pointe du doigt les produits toxiques qui entrent dans la composition des gels douche. En 2004, c’est TF1 qui retire du commerce des bâtons d'encens Ushuaïa, jugés toxiques par l'UFC-Que choisir. D’autres critiques portent sur les partenaires de la fondation Nicolas Hulot au premier desquels : TF1, EDF, Veolia, l’Oréal, SNCF, pas vraiment en pointe sur l’écologie.

« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs »

En 2006, Nicolas Hulot fait ses premiers pas en politique en soumettant à tous les candidats à la présidentielle « un pacte écologique ». Cinq candidats le signent : Dominique Voynet (Les Verts), Ségolène Royal (PS), Nicolas Sarkozy (UMP), François Bayrou (MoDem) et Marie-Georges Buffet (PCF). Une fois élu, Nicolas Sarkozy place un ancien de la fondation Hulot au cabinet d’Alain Juppé nommé ministre de l’Environnement. Un  super ministère qui comprend notamment la création d’un poste de vice-premier ministre à l’Écologie que refuse Nicolas Hulot. En 2002, le président Chirac avait déjà proposé un poste au sein de l’exécutif, mais Nicolas Hulot préfère se consacrer à la télévision. Il sera néanmoins l’un des auteurs du discours prononcé par Jacques Chirac lors du Sommet de la Terre de Johannesburg : « notre maison brûle et nous regardons ailleurs ».

Nicolas Hulot quitte le Grenelle de l’environnement

En 2010, c’est la rupture avec Nicolas Sarkozy. L’ancien animateur met fin à sa participation au Grenelle de l’environnement. «L'abandon pur et simple de la taxe carbone, alors qu'un processus de concertation était en cours, est symptomatique d'un net recul de la classe politique qui, à droite comme à gauche, n'a pas pris la mesure des enjeux écologiques, et les considère essentiellement comme une variable d'ajustement politique», regrette la Fondation Nicolas Hulot dans un communiqué.

En 2012, Nicolas Hulot est candidat à l’élection présidentielle mais échoue à la primaire écologiste face à Eva Joly. « Je me suis déclaré trop tardivement, j'ai sous-estimé la difficulté de ces primaires, et je n'ai pas voulu voir la profondeur des préjugés à mon égard. « Homme de Chirac », «  candidat des multinationales »… « Einstein a dit qu'il était plus facile de briser un atome qu'un préjugé, et il avait raison » déclare-t-il au journal Le Monde en août 2012.

Conseiller spécial pour la protection de la planète

À la fin de son quinquennat, François Hollande pense à Nicolas Hulot pour intégrer le gouvernement. L’ancien photographe est déjà envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète depuis 2012. Des fonctions qu’il quitte en janvier 2016 après la signature de l’accord de Paris sur le climat. « J’ai jugé qu’il serait plus difficile d’exercer cette mission sans échapper à une forme d’interprétation politique » estime-t-il à un an de l’élection présidentielle de 2017. Quelques semaines plus tard, c’est sur Twitter que Nicolas Hulot dit « non » à un poste de ministre. « Nicolas Hulot n’entrera pas au gouvernement. Il remercie le Président de la confiance qu’il n’a cessé de lui accorder » écrit-il.  Un an plus tard, Nicolas Hulot dit pour la première fois« oui » à un président de la République.

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