Écologie : le budget ne répond pas « à la colère qui s’exprime dans les rues »
L’actualité a rattrapé les débats sur le budget de l’écologie, discutés ce dimanche au Sénat dans le cadre du projet de loi de finances 2019. Les crédits, qui ne permettront pas de « réconcilier nos engagements climatiques et la justice sociale », ont été massivement rejetés par les sénateurs par  36 pour et  281 contre.

Écologie : le budget ne répond pas « à la colère qui s’exprime dans les rues »

L’actualité a rattrapé les débats sur le budget de l’écologie, discutés ce dimanche au Sénat dans le cadre du projet de loi de finances 2019. Les crédits, qui ne permettront pas de « réconcilier nos engagements climatiques et la justice sociale », ont été massivement rejetés par les sénateurs par  36 pour et  281 contre.
Public Sénat

Par Helena Berkaoui

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Déshabiller Pierre pour habiller Paul. Là est la philosophie du gouvernement en matière de Transition écologique, selon les sénateurs. Les élus ont massivement rejeté, dimanche, les crédits alloués à la mission « écologie, développement et mobilité durables » dans le cadre du projet de loi de finances 2019, par 281 voix contre et 36 pour. Un débat marqué par l’actualité des gilets jaunes et des violences qui ont éclaté samedi 1er décembre. Si tous les sénateurs condamnent fermement les dégradations et les violences contre les forces de l’ordre, ils entendent la colère des gilets jaunes (lire notre article).

Hervé Maurey, président de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable, a par exemple fustigé « une approche de l’écologie trop technocratique, trop théorique, trop dogmatique, trop punitive, trop coupée de la réalité du terrain qui a été la goutte d’essence qui a fait déborder le réservoir et conduit aux évènements dramatiques que nous avons vécus ». Le sénateur socialiste, Jean Bigot, a quant à lui appelé à « réconcilier nos engagements climatiques et la justice sociale », déplorant dans le même temps que ce budget ne réponde pas « à la colère qui s’exprime dans les rues ».

Les sénateurs ont à plusieurs reprises condamné « l’écart grandissant entre le montant des recettes perçues sur la fiscalité des différentes énergies et les efforts en faveur de la transition écologique ». Un reproche déjà formulé lors de l’examen du volet recettes du projet de loi de finances. Vincent Eblé avait notamment dénoncé le fait que les recettes issues de la hausse de la taxe sur les carburants « sont entièrement affectées au budget général de l’État » pour 2019 (lire notre article). « La transparence entre le lien recette et transition écologique doit être faite et doit être mesurable, des mesures sociales et économiques spécifiques doivent être prévues pour les populations les plus fragiles », a plaidé Hervé Maurey.

Les craintes des sénateurs sur les agences des eaux
01:29


L’extension de la prime à la conversion automobile et du chèque énergie annoncée par le Premier ministre, ne constitue pas une « contrepartie suffisante » pour le Sénat qui souligne que les dépenses du budget ne connaissent pas d’augmentation équivalente. L’amendement du sénateur LR Daniel Gremillet visant à augmenter le chèque énergie a d’ailleurs été adopté par le Sénat. Si le budget de la Transition écologique est relativement épargné par le projet de loi de finances pour 2019, on ne pas dire qu’il soit favorisé passant de 10,39 milliards à 10,59 milliards en 2019. Une hausse timide qui devra accompagner les chantiers lancés dans le cadre du « plan climat ».

De nombreux motifs d’inquiétudes ont été exprimés au cours des débats, allant même jusqu’à provoquer un échange de mots assez rudes entre le président du groupe socialiste et la ministre des Transports (lire notre article). Les sénateurs se sont largement préoccupés du financement des agences de l’eau. Jean-François Husson, rapporteur spécial de la commission des finances, a déploré qu’elles soient soumises à des réductions budgétaires « dans un contexte d’extension de leurs missions » (voir la vidéo ci-dessus). La baisse des effectifs du ministère de la Transition écologique et solidaire a également été soulevée l’inquiétude des sénateurs quant à la bonne conduite des différents objectifs du ministère. En définitive, le Sénat n’a pas trouvé les réponses écologiques et sociétales satisfaisantes dans les crédits du gouvernement en direction de la Transition écologique.

Partager cet article

Dans la même thématique

Écologie : le budget ne répond pas « à la colère qui s’exprime dans les rues »
2min

Politique

Universités : « Ce gouvernement n'augmentera pas les droits d'inscription », assure Philippe Baptiste

Un rapport remis au gouvernement la semaine dernière suggérait plusieurs pistes pour éviter « l'appauvrissement » des universités, comme multiplier par cinq les frais d'inscription pour les étudiants français. Une mesure que le ministre de l'Enseignement supérieur a écartée ce mardi matin devant le Sénat tout en renvoyant le débat à la prochaine présidentielle.

Le

Presidential candidate Jean-Luc Melenchon attends the debate on the bill to nationalize ArcelorMittal
4min

Politique

Sondage présidentielle 2027 : Jean-Luc Mélenchon reprend le leadership à gauche mais reste rejeté par l’ensemble des Français

Longtemps présenté comme fragilisé par la montée de Raphaël Glucksmann, Jean-Luc Mélenchon semble avoir inversé la tendance. Le dernier baromètre Odoxa-Mascaret montre que le leader de La France insoumise est désormais la personnalité politique la plus appréciée des sympathisants de gauche, confirmant une dynamique engagée depuis l’annonce de sa candidature. Une progression qui intervient alors que les perspectives d’une primaire de la gauche s’éloignent de plus en plus.

Le

NEWS : Fete du Rassemblement National – Macon – 01/05/2026
5min

Politique

Procès du FN : en cas d’empêchement de Marine Le Pen, Jordan Bardella s’installe comme une alternative crédible aux yeux des Français

Selon le dernier baromètre Odoxa-Mascaret pour Public Sénat et la presse quotidienne régionale, près de six Français sur dix estiment que Marine Le Pen est traitée comme n’importe quel justiciable. Alors que la cour d’appel rendra son verdict le 7 juillet, l’hypothèse d’une inéligibilité de la dirigeante du Rassemblement national ne semble ni délégitimer la justice aux yeux de l’opinion ni fragiliser durablement son parti, où Jordan Bardella apparaît désormais comme une alternative pleinement crédible.

Le

ORSAY: Hopital Paris Saclay, services des   urgences adultes et pediatriques, service de neonatalogie pendant la canicule
10min

Politique

Canicule : « Ça va être terrible, on va atteindre les 10.000 morts, l’équivalent d’une guerre et on ne réagit pas », dénonce le sénateur écologiste Guillaume Gontard

Alors que le bilan de la canicule historique n’est pas connu, les attaques contre le gouvernement, venant de la gauche, du RN, mais même du bloc central, se multiplient. « La chaîne de prévision » et « la chaîne de réaction » ont « tenu », rétorque le premier ministre, Sébastien Lecornu. Mais il reconnaît une fragilité sur « la capacité de rafraîchissement des établissements de santé ». Les premières clim' devraient arriver « en fin de semaine ou début de semaine prochaine ».

Le